ACADEMIE DU LANGUEDOC
Séance solennelle du 22 octobre 2025
Hôtel de la Préfecture – Toulouse
Prix de littérature Pierre Goudouli décerné à
M. Jean-François COUROUAU
présenté par Jean-Louis DUCASSE (27e fauteuil)
Séance solennelle du 22 octobre 2025
Hôtel de la Préfecture – Toulouse
Prix de littérature Pierre Goudouli décerné à
M. Jean-François COUROUAU
présenté par Jean-Louis DUCASSE (27e fauteuil)
ACADÉMIE DU LANGUEDOC
SÉANCE SOLENNELLE DU 8 OCTOBRE 2025
Hôtel de la Préfecture
1 Place Saint-Etienne TOULOUSE
Accueil par M. Pierre-André DURAND, Préfet de la Région Occitanie, Préfet de la Haute-Garonne
Ouverture de la séance par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel.
Président d’honneur :
Remise des insignes de Président d’honneur à M. Pierre-André DURAND
Remises de Prix :
Prix de sculptures Carlo Sarrabezolles à Cédric SOULETTE remis par Gérard Batisse (32e fauteuil)
Prix de peinture d’Art contemporain à Fabienne HAVARD remis par Sylvie Abadie (59e fauteuil)
Prix de Musique Paul Vidal remis à Valentin KRUGER remis par Chantal Dounot-Sobraques (45e fauteuil)
Clôture de la cérémonie par Michel Carrier (33e fauteuil), Président de l’Académie du Languedoc
Séance solennelle du 8 octobre 2025
Conseil régional d’Occitanie
Conclusion par le Président de l’Académie du Languedoc
Michel CARRIER
Il me revient maintenant, en tant que Président de cette Académie, de conclure cette séance et de vous remercier tous, Académiciens, Membres associés et Amis pour votre nombreuse participation.
Au delà des éloges qui ont pu être prononcés, je tiens à remercier, même si elle n’a pu être présente, la Présidente de Région, qui nous a permis d’organiser cette séance solennelle dans ce lieu déjà chargé d’histoire.
Un grand merci à Monsieur Serge REGOURD qui a représenté sa Présidente avec beaucoup de brio.
Merci aux différents personnels qui ont permis à cette séance de se dérouler dans de parfaites conditions et un merci particulier à Monsieur Quentin ESPITALLIER qui nous a accompagnés tout au long de la préparation de ce 8 octobre 2025.
Je déclare la clôture de la séance solennelle de l’Académie du Languedoc en ce jour du 8 octobre 2025.
Merci à tous et maintenant rendez-vous au vin d’honneur dans la salle Alain SAVARY.
Séance solennelle du 8 octobre 2025
Conseil régional d’Occitanie
Prix de musique Marcel BOUÉ
attribué au « Duo Tolosa Trobadors »
(Pascal CAUMONT, Joël SITBON
présentation par Michel GASC
Chers amis,
Devant son incapacité à être parmi nous aujourd’hui, notre confrère Jean Jacques Cubaynes, lui-même grand musicien classique m’a demandé de le suppléer pour présenter ces deux chaleureux troubadours qui ont créé récemment ce duo intitulé « Tolosa Trobadors ».
Mon rôle aujourd’hui se limite à introduire non pas deux chercheurs d’or mais deux « trouveurs d’or », des « trobadors », qui font honneur à notre histoire et à notre culture par cet art né il y a mille ans en Occitanie et qui font vivre par leurs musiques et leurs chants la noblesse et l’élégance de la chevalerie et de l’amour courtois.
Monsieur le Secrétaire Perpétuel de l’Académie avec l’ensemble de l’Académie du Languedoc a décidé de faire de ces duettistes les lauréats du Prix de musique.Ilesten effet important de souligner que l’activité musicale ne se limite pas à la musique classique mais qu’elle toucheces autres domaines : les musiques traditionnelles, les musiques du monde,les musiques actuelles, etc…
L’attachement languedociende Jean Jacques, à qui le Secrétaire Perpétuel avait demandé conseil, l’a naturellement conduit à son identité de cœur, notre identité de cœur, la culture d’Oc, et c’est ainsi que son choix s’est porté sur le Duo Tolosa Trobadors que forment Pascal Caumont et Joël Sitbon.
Je vais donc présenter brièvement donc nos deux compères.
Pascal Caumont est chanteur, compositeur, il collecte et transmet son amour des musiques traditionnelles d’Europe du Suden tant que professeur au Conservatoire de Toulouse, ainsi qu’à l’UFR de musicologie de l’Université Toulouse 2 Jean Jaurès. Il est directeur artistique du Festival International de polyphonies « Tarba en Canta » ce qui lui permet de transmettre au-delà de nos frontières par des conférences et des stages tout son amour et toute sa passion.
Enfin, il a publié de nombreux disques et recueils de chants et de livres.
Joël Sitbon, musicien réputé de guitare baroque et joueur de viole de gambe (il en est d’ailleurs titulaire d’un diplôme d’études musicales) joue depuis plus de dix ansavec Pascal dans diverses structures de musiques et de chants polyphoniques traditionnels. A ce titre, il dirige à Foix un atelier occitan, »la Veilhada » et organise des « Cantèras » au bar « la Tireuse » à Toulouse.
Tous deux ont décidé de créer ce duo « Tolosa Trobadors » qui fera sa première représentation en novembre à l’hôtel d’Assésat.
Et maintenant place à la musique.
Séance solennelle du 8 octobre 2025
Conseil régional d’Occitanie
Prix de la nouvelle Jean MISTLER
attribué à Josep DE LA SELVA
présentation par Jean-Paul ESCUDIER (57e fauteuil)
MONSIEUR DE LA SELVA
I/ Vous avez obtenu le prix Jean MISLER
Jean MISLER était membre de l’Académie Française : Quai Conti à Paris mais aussi membre de notre confrérie : L’Académie du Languedoc
Et cela ajoute encore un prix à votre prix.
II/ Ce prix de la nouvelle vous le méritez et même vous honorez ce prix
III/ J’ai aimé la richesse de votre style flamboyant et baroque, en un mot espagnol
J’ai aimé la richesse de vos descriptifs des lieux, des situations et des personnages à la manière des romans réalistes d’Honoré de Balzac.
IV/ J’ai aimé la dramatisation de vos 3 nouvelles pour arriver à des fins aussi inattendues que stupéfiantes.
V/ J’ai aimé votre sens de l’histoire
« l’histoire écoutée aux portes de la légende » comme a dit Victor HUGO
VI/ J’ai aimé vos recherches des mots oubliés :
Félonie, gourgandine, renégate, je veux me nocer pour me marier, le mien parent pour mon père, les gueux
Vous avez donné à tous ces mots une nouvelle vie
Si Philippe De Villiers lit votre livre, il vous invitera au Puy du Fou
Et vous y serez chez vous en plein Moyen-Âge
VII/ J’ai aimé la finesse de vos analyses psychologiques
Vous écrivez :
« son nez était long et fin avec le bout doucement arrondi et les ailes serrées »
Effectivement ce type de nez trahit une personnalité à la fois ferme mais douce.
Vous avez en 3 mots campé votre personnage par des correspondances entre les caractères et les visages.
VIII/ J’ai enfin aimé vos 3 voyages dans le temps et dans l’espace :
Valence, Aragon et Catalogne
Victor Hugo avait choisi 3 voyages différents dans son vers célèbre :
« Mont d’Aragon – Galice – Estramadoure »
Cet alexandrin si musical fait chanter l’Espagne…
IX/ Pour terminer je voudrais vous dire
« On rentre dans le livre de Monsieur de la SELVA
Comme dans une auberge espagnole.
Chacun peut y trouver son bonheur.
Inutile de s’embarrasser du guide Michelin ou du Routard.
Tout est dit : Région après région.
Mon dernier mot sera pour l’Homme.
Vous avez devant vous une carrière toute tracée : Une arme merveilleuse :
VOTRE PLUME
X/ Alors merci, Monsieur de la SELVA, pour ces 3 voyages en Espagne.
3 voyages pour le prix d’un seul livre.
Je connais désormais, grâce à vous, beaucoup mieux
« L’âpre et splendide Espagne » que vous décrivez si bien.
Merci à vous
Et merci à vous toutes et à vous tous pour votre écoute attentive.
Séance solennelle d’Automne de l’Académie
Via Domitia Pierre-Paul Riquet
Abbaye de Sylvanès (4 et 5 octobre 2025)
par Maryse Carrier
Académie du Languedoc (52e fauteuil)
C’est dans le splendide cadre de l’Abbaye cistercienne de Sylvanès que s’est déroulée, lors du week-end du 4/5 octobre 2025, la Séance solennelle d’automne de l’Académie Via Domitia Pierre-Paul Riquet, dont le Secrétaire perpétuel Jean-Claude Nougaret, les membres et amis de l’Académie étaient accueillis par Michel Wolkowitsky, Directeur artistique de l’Abbaye, mais également maire de Sylvanès.
Quelques membres de l’Académie du Languedoc avaient répondu présents à l’aimable invitation de Jean-Claude Nougaret et s’étaient rendus dans cette petite commune de l’Aveyron située dans une vallée près de Millau.
L’ensemble de cette cérémonie s’inscrivit sous le signe du talent et de l’excellence, conjuguant remises de Prix et performances musicales après un fort agréable apéritif d’accueil gracieusement offert.
C’est dans le remarquable cadre de la Salle Capitulaire que le discours d’ouverture par Jean-Claude Nougaret, fondateur de l’Académie, fut suivi de « L’Automne » de Vivaldi, avant la remise des Prix :
Le premier récipiendaire fut Michel Carrier, Président de l’Académie du Languedoc à Toulouse : il reçut le Titre de Président d’Honneur de la part de Jean-Claude Nougaret qui auparavant avait fait son éloge.
Yannick Moya, fondateur du chœur « Les Mâles au chœur de Tolosa », nous offrit ensuite quelques « Chants traditionnels catalans et occitans ».
Le Grand Prix de peinture fut attribué à Alain Fabre (nom de famille célèbre en Occitanie !), PDG de RAGT, entreprise éclectique très connue dans le monde rural ainsi qu’à l’étranger et dont l’ascension fut spectaculaire. La profonde amitié entre Pierre Soulages et Alain Fabre incita ce dernier à réaliser l’un de ses rêves, devenir peintre, car dit-t-il : « Etre chef d’entreprise n’est pas incompatible avec une activité artistique ».
Monsieur Patrick Couffin, professeur d’occitan passionné lui aussi, investi dans la transmission de la langue et l’échange entre les générations, nous présenta ensuite une passionnante conférence sur le « Collectage des Traditions et Musiques occitanes ». Jean- Claude Nougaret lui remit le Grand Prix « Culture et Traditions 2025 ».
Intermède musical à nouveau avec le duo Alyane (contraction d’Alain et Aline !) qui nous offrit une sélection de chansons de qualité, signées Georges Brassens, Guy Béart, Françoise Hardy…
La poésie fut elle aussi à l’honneur sous la plume de Bénédicte Gendron avec un « Florilège de poèmes d’Automne » intimistes, fervents et profondément émouvants.
Puis vint Andreï Freidine, brillant professeur de clarinette au Conservatoire de Béziers, qui ravit l’auditoire avec sa « Clarinette dans tous ses éclats », nous interprétant entre autres la fameuse « Sonate pour clarinette » de Francis Poulenc, source d’éternelle et profonde méditation, l’une des dernières œuvres du compositeur.
Pour clôturer cette belle cérémonie matinale, le duo Alyane, Yannick Moya, Andreï Freidine et le chœur des Académiciens offrirent un Meli-Melo enjoué et passionné à un public déçu que cette matinée se termine déjà.
Un déjeuner convivial pris dans le scriptorium fut vivement apprécié et l’après-midi sera en grande partie consacrée à une visite guidée de l’Abbaye :
Un jeune guide très compétent nous révéla la genèse de ce haut lieu de l’architecture cistercienne, depuis sa fondation en 1136 par le seigneur Pons de Léras (repenti et devenu convers) jusqu’aux heures sombres de la Révolution, qui mit à mal le magnifique cloître, la bâtisse étant même vendue à des Américains mais fort heureusement sauvée par Prosper Mérimée.
Le deuxième sauveur fut le Père dominicain André Gouzes (1943-2024), célèbre compositeur de chant liturgique, qui intercéda pour éviter la vente de ce chef-d’œuvre du patrimoine et qui fit appel à des bénévoles, parmi lesquels en 1975 Michel Wolkowitsky, chanteur lyrique, pédagogue de la voix, metteur en scène, et surtout Directeur général et artistique du Centre Culturel de Rencontre de l’Abbaye de Sylvanès.
Cette Abbaye romane avec sa nef gigantesque, sa voûte en berceau brisé, son chevet plat impressionne toujours le visiteur, surpris par le grand orgue du 20e siècle, le plus grand d’Occitanie, avec ses quatre claviers, 4600 tuyaux et 59 jeux. Conçu selon les idées du grand compositeur Jean-Louis Florentz (1947-2004) et inauguré en 1997, il est doté d’une exceptionnelle acoustique sublimée par sa voûte en tuf édifiée par les Cisterciens !
Nous admirerons également les vingt-trois verrières incolores de l’église abbatiale, conçues en totale harmonie avec l’esprit du lieu, cistercien et sobre, ces œuvres étant dues en 2017 à l’artiste Jean-François Ferraton et au maître verrier Philippe Brissy.
Mais les plaisirs spirituels, qui avaient dû faire place un instant aux plaisirs matériels avec un dîner servi à nouveau au scriptorium, vont être longuement entretenus durant la soirée :
Michel Wolkowitsky, dont l’investissement sans faille suscite toute notre admiration, va nous retracer l’historique de ce Centre Culturel de Rencontre de l’Abbaye de Sylvanès, fondé en 2015 : ce dernier offre tout au long de l’année des actions de formation dans le domaine de l’art vocal, de nombreuses rencontres culturelles, des actions de médiation et de sensibilisation en direction du jeune public sans oublier le remarquable Festival international de Musiques sacrées et de Musiques du Monde, créé en 1977 et qui jouit d’une renommée internationale.
Michel Wolkowitsky dédicacera ensuite longuement son livre « Sylvanès, l’aventure d’une vie », évoquant également un projet d’aménagement de l’Abbaye, financé par la Région Occitanie et les Fonds européens Feder, qui permettent d’espérer une inauguration en 2026 lors du 49ème Festival.
Après un concert piano et clarinette, seul ou en duo avec Yannick Moya ou Aline, brillamment accompagné par tous les merveilleux artistes que nous avions applaudis le matin même, Michel Wolkowitsky interprètera quelques célèbres chansons, d’Yves Montand entre autres.
Le lendemain matin, dimanche 5 octobre, est consacré à la visite de « l’Eglise russe orthodoxe… en bois », construite en Russie, qui grâce à un mécénat SNCF fut transportée en 1993 jusqu’à Sylvanès à la demande du Père Gouzes.
C’est ainsi que Sylvanès, haut lieu de Culture, d’Art et de Spiritualité, devint au fil du temps un centre culturel et spirituel à forte dimension œcuménique.
Toutes nos félicitations et un grand merci aux organisateurs de cette belle cérémonie !
Photographies de Maryse Carrier et ?
Séance solennelle du 8 octobre 2025
Conseil régional d’OCCITANIE
« Depuis ma chère disparition »
Présentation par Maryse CARRIER (52e fauteuil)
Monsieur le représentant de Mme la Présidente du Conseil Régional, Monsieur le Secrétaire perpétuel et Monsieur le Président de l’Académie du Languedoc, Mesdames et Messieurs les Académiciens et Membres associés, Mesdames et Messieurs, chers amis.
En préambule je tiens à attirer votre attention sur le fait que nous accueillons aujourd’hui une personnalité hors du commun : Iren Mihaylova est en effet poétesse (comme sa mère), mais aussi romancière, peintre, illustratrice, pianiste reconnue, psychologue clinicienne, psychanalyste, traductrice et éditrice bulgare car elle est née à Sofia dans une famille d’intellectuels, bulgare et orthodoxe ! Ajoutons qu’elle publie textes et poèmes dans des revues littéraires anglaises, bulgares, allemandes et françaises !
Durant toute son enfance, source d’indéfectible nostalgie, elle fut fascinée par le métier artistique et artisanal de sa grand-mère, tisseuse de ces tapis tissés par les villageoises dans une ambiance immersive musicale, certaines mélodies étant d’ailleurs reprises un jour par le compositeur et pianiste Bela Bartok.
Et plus tard l’aspect sombre et lumineux de compositeurs romantiques, Schuman, Grieg, et la musique de Liszt qui élève « l’éphémère au niveau de la sublimation », constitueront pour elle un héritage précieux, de même d’ailleurs que la connaissance éclectique de grands écrivains tels que Dostoiesky, TolstoÏ, Nietzsche ou Proust, Nerval et Robert Desnos entre autres…
C’est dire à quel point vous avez été nourrie à l’école des arts, de tous les arts, enrichis à l’âge adulte par vos nombreux séjours à l’étranger : Angleterre, France, Autriche, Espagne, Italie sans toutefois renier votre ancrage occitan, aveyronnais même et plus précisément naucellois par votre père.
Et le recueil de poésie dont il est question aujourd’hui, d’un très haut niveau d’érudition et d’exigence, intitulé « Depuis ma chère disparition », a été conçu récemment en Occitanie.
Nous savons qu’Iren à présent se consacre quasi-entièrement à sa carrière artistique avec toujours comme fondement « l’exploration de son vécu », sans cesse éclairé par ses recherches en tant que… psychologue clinicienne et psychanalyste.
N’oublions pas qu’Iren n’est pas née en France. Comme tous les « orphelins du monde », elle a dû affronter les tourments de l’exil, ce qui fournit la clé de sa décision en 2019 d’engager un travail autour de « l’écriture du deuil », et de s’inscrire en tant qu’artiste et écrivaine « dans la recherche de et dans l’intériorité ».
Tous ses poèmes dans un style particulièrement épuré explorent en effet ce thème du deuil et de la recherche de l’essentiel en profondeur, de tout ce qui était silence, « Le cri devenant silence lorsqu’on arrive à sublimer la douleur » dit-elle.
Cette problématique complexe n’est-elle pas déjà révélée par les titres énigmatiques des textes poétiques de son recueil, tels que par ex. : « Nageur galaxique », «Mathématique de l’âme», «Déroute d’ombrier», « Rêve anagraphe », « Remémoration de l’arabesque » … ?
Le propos est toujours intime : écrire, c’est vouloir renaître « dans l’ombre du soleil noir » retenue dans la prison du « luth constellé », Iren chantant depuis sa cellule l’image du temps à retrouver pour sortir « de la nuit des temples oubliés ». Mais par quel chemin, le risque étant « la perdition de (ses) repères » ? Or « A partir des profondeurs de la nuit est une lanterne vers son âme » qu’il faudra « métamorphoser en ombre – brillée », car « puiser dans sa mémoire, c’est extraire les ombres pour aller vers la lumière », précise-t-elle.
La tension se fera vive « entre un ici qu’il faut quitter et un ailleurs où l’on va se perdre », tension dont l’origine se trouve dans la disparition, que le titre annonçait, « Ma chère disparition » : Cette présence disparue, qui obligea « à partir sans jamais retourner/ car ce pays incertain n’a rien de nouveau à nous offrir », aboutira au choix du « retour chez soi ». Et même si « Loin est le chemin, plus qu’une trainée de lumière »… « dans cette tiède mélancolie qui éclaire le front natal, de ce pays/ qui n’est plus le mien – Je suis toujours des vôtres – », avide d’ « esquisser mon horizon natal », notez-vous avant le mot « Fin » !
Chère Iren, l’Académie du Languedoc est heureuse de vous remettre le Prix Maurice Magre, écrivain, poète et dramaturge toulousain décédé en 1941, ardent défenseur de l’Occitanie, grand spécialiste de l’histoire des Cathares.
Et je précise que ce prix réjouit infiniment votre éditrice, Mme Florence Issac, des Editions « L’échappée belle » de Pau, éditrice présente aujourd’hui dans cette magnifique salle du Conseil Régional !
Séance solennelle du 8 octobre 2025
Conseil régional d’OCCITANIE
Présentation de M. Jean-François SAUTEREAU
en tant que
Président d’Honneur
par Michel CARRIER Président de l’Académie du Languedoc
Monsieur le Conseiller régional,
Mesdames et messieurs les Académiciens, mesdames et messieurs, chers amis,
J’ai le grand plaisir aujourd’hui de vous présenter le professeur émérite des Universités de classe exceptionnelle Jean-François SAUTEREAU que notre Académie a décidé de nommer Président d’Honneur.
Avec Jean-François SAUTEREAU je pense pouvoir dire que nous sommes amis de très longue date mais ce n’est pas la raison de cette présentation aujourd’hui.
En effet Jean-François a été nommé Président de l’Association Nationale des Membres de l’Ordre National du Mérite section 31 succédant ainsi à Sylvain BESANÇON. C’est particulièrement à ce titre qu’il est distingué aujourd’hui par notre Académie.
Jean-François SAUTEREAU est originaire de Castres où il suit sa scolarité jusqu’au baccalauréat au lycée Jean Jaurès. Je suis certain que mon prédécesseur Henri COUSSE qui ne peut malheureusement pas être parmi nous, serait très sensible à cette origine castraise.
Jean-François est marié, à Anne-Marie, elle aussi professeur des universités. Ils ont 2 enfants : Bertrand et Benoît.
C’est pour vivre au plus près cette quiétude familiale qu’il aime tant se ressourcer dans sa propriété aveyronnaise où il peut s’adonner à ses hobbys : l’histoire, la politique (au sens étymologique du mot), la lecture, le sport, l’activité physique, la cuisine (qu’il pratique) et le chant.
Lors de ses brillantes étude Jean-François SAUTEREAU obtient le plus haut grade universitaire : Docteur d’état es sciences. Il réalise sa recherche sous la direction de recteur Jean-Claude MARTIN au LAAS CNRS (Laboratoire d’Automatique et d’Architecture des Systèmes). Il est titulaire de 124 publications majeures scientifiques et co-auteur de 5 livres dont 2 publiés aux USA.
Professeur à l’université Paul Sabatier, il enseigne également à l’INP Toulouse, à l’ENSAE (Sup Aéro) et à Polytechnique à Paris.
De 2002 à 2008 il est Président de l’Université Paul Sabatier. Il développe différentes structures telles, entre autres, que le Pôle de Recherche et d’Enseignement de Toulouse, préfiguration de l’Université de Toulouse.
Pendant 26 ans il est membre élu du Conseil National des Universités, de 1984 à 1989 il est membre du jury de l’agrégation de physique appliquée. Je ne peux pas citer ici le détail très élogieux de son parcours professionnel mais vous comprendrez que nous avons aujourd’hui devant nous un grand universitaire
Mais Jean-François SAUTEREAU est aussi un grand sportif très impliqué.
De 1966 à 1974 Il est sportif de niveau international 2 fois champion de France interclubs, 2 fois champion de France Universitaire spécialiste de demi-fond 1500m, 3000m, 3000m steaple.
De 1991 à 2020 il est président régional de la Ligue du Sport Universitaire.
De 2013 à 2020 il est président national de la Fédération française du Sport Universitaire rassemblant toutes les universités et grandes écoles soit 125 000 sportifs.
Membre élu, durant deux mandats olympiques, du Comité National Olympique et Sportif Français et de son CA. Il est membre du Comité Olympique Régional de Midi Pyrénées, depuis 2008 jusqu’à 2018.
Il participe aux plus hautes instances du sport universitaire : EUSA European University Sport Association, FISU Fédération Internationale du Sport Universitaire, etc….
Comme si ce n’était pas assez, il s’implique en tant que bénévole :
2011 à 2017 Il est Conseiller Technique à la CCI Régionale
2008 – 2018 Vice-président de l’A.S.E.I. (Association de Sauvegarde de l’Enfance Inadaptée) devenue Agir, Soigner, Eduquer, Insérer ; Siège social à Ramonville-Saint-Agne.
Il est actuellement Président du Comité de Développement de Balma.
Merci Jean-François de bien vouloir m’excuser pour tout ce que je n’ai pas pu dire faute de temps.
Je ne terminerai pas sans ajouter que Jean-François SAUTEEAU est
Nous comprenons tous pourquoi il a été choisi et élu au poste de Président de l’ANMONM 31.
Jean-François SAUTEREAU, au nom de l’Académie du Languedoc j’ai l’honneur de te remettre les insignes et le diplôme de Président d’Honneur de notre Académie.
ACADÉMIE DU LANGUEDOC
SÉANCE SOLENNELLE DU 8 OCTOBRE 2025
CONSEIL RÉGIONAL D’OCCITANIE
Entrée de l’Académie
Ouverture de la séance par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel.
Allocution de M. Serge REGOURD Conseiller régional, Président de la commission culture et audiovisuel représentant la Présidente Carole DELGA.
Présidents d’honneur :
Mme Carole DELGA (représentée par M. Serge REGOURD) présentée par Jean-François GOURDOU
M. Serge REGOURD présentée par Jean-François GOURDOU
M. Jean-François SAUTEREAU présenté par Michel CARRIER Président de l’Académie du Languedoc
Membre associé :
Mme Mathilde GALINIER présentée par Jean-François GOURDOU
Remises de prix :
Prix de poésie Maurice MAGRE à Iren MIHAYLOVA présenté par Maryse CARRIER (52e fauteuil)
Prix de la nouvelle Jean MISTLER à Josep de la SELVA présenté par Jean-Paul ESCUDIER (57e fauteuil)
par Robert MOSNIER
Parcourir un temps long avec deux petits enfants âgés de neuf et cinq ans est un défi permanent aux lois de la pesanteur, descente des escaliers sur trois étages sur le postérieur, impératif de rappels, voix éraillées, oublis permanents imposant efforts salutaires de mémoire.
C’est une vigilance de chaque instant, une surveillance laissant place à l’initiative, un contrôle bienveillant des leçons et devoirs, un espace de jeux où l’imaginaire s’enrichit de la réflexion, une temporalité stricte : horaires réglés au métronome.
Ajoutez à cela des transports multiples où en voiture le slalom est de rigueur, les vélos avec ou sans cabine se déplacent dans tous les sens même interdits et des piétons sur des trottoirs étroits encombrés de poussettes.
La communication est singulière, la transparence et l’absence de retenue donnent une saveur particulière aux échanges, nos repères d’antan sont bousculés et l’on passe pour des dinosaures , nos affirmations sur la vie d’autrefois leur paraissent exagérées proches de la galéjade.
Il n’y avait ni mobile ni ordinateur, un seul programme à la télé. Comment croire de telles inepties ?
La tenue à table, les coudes éloignés du corps, les jambes pendantes ou repliées sur la chaise nécessitent des remarques sans bouderie mais répétées. Ils sont très gentils, veulent aider ou faire par eux-mêmes bien plus adroits et avertis que nous l’étions enfant.
Ils sont exposés très jeunes à l’instabilité de leur environnement à une certaine obligation de réussite. Que devient le temps de l’innocence?
Le romantisme survit malgré un climat de violence, les mangas ou bandes dessinées de super-héros inscrivent des fixations où le réel côtoie l’imaginaire. Les images très mobiles traduisent leur appétence et leur déception à ne pouvoir tout saisir en l’instant, conférant à l’immédiateté sa prééminence.
Les questions sociétales dont nos Parents nous préservaient abondent. Certes,la petite fille ne nait pas dans les roses, son frère dans les choux, mais souvent par piqûre. L’amour de deux êtres, leur désir d’enfant peut se résoudre de différentes manières, surtout si le masculin ,complice d’agression est à redouter.
Une Maman célibataire, par conviction, a eu trois petites filles épanouies ,bien élevées, un Mari ou un Compagnon est il indispensable ?
Epineuse question et renvoi à la position de ma petite fille vis à vis de son Père et du manque d’identification dans de telles situations!
La pauvreté partout présente est utilisée en terme de pitié et de culpabilité et non de dignité, témoins privilégiés, les enfants se doivent d’y remédier par des sacrifices imposés, oublieux du don de gratuité.
Les contes d’antan les ravissent, tout autant que le fantastique ou le magique qui altèrent la réalité.
Dans ce Monde du numérique où tout se vaut et s’efface, le relativisme triomphe, autrui n’est pas adversaire ou complice selon les circonstances mais un être original auquel s’applique la bienveillance sans naïveté certes mais avec confiance.
L’éducation se doit de respecter les âges, le degré de maturation de chaque enfant.
Nous tentons comme grands-parents d’apporter le sens de la durée, de la continuité propre à l’histoire, du respect des différences, mais aussi d’une dimension de l’invisible qui rapproche de l’absolu, éloigne de tout dogmatisme.
Robert Mosnier