Les prix littéraires

REGLEMENT DES PRIX LITTERAIRES

par Jean-François GOURDOU
Secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc

            Les concours de l’Académie du Languedoc concernant les prix littéraires sont ouverts chaque année jusqu’à fin juin, date limite d’envoi des œuvres candidates.
Elles seront envoyées en deux exemplaires à :

Monsieur le Président Henri COUSSE
et Monsieur le Secrétaire perpétuel Jean-François GOURDOU
5 Allée du Château de la Cassagnère
31270 CUGNAUX

            Les prix et médailles sont décernés et attribués soit directement par les membres de la commission des prix avec avis des membres de l’Académie du Languedoc et pour la médaille de l’Académie et anciennement du prix de musique Déodat de Séverac, soit par concours du jury pour les différents prix précisés ensuite.

Le jury se réserve le droit de ne pas décerner tel ou tel prix. Il peut déclarer hors concours des auteurs déjà récompensés par l’Académie.
La participation au concours implique l’acceptation sans réserve du présent règlement et des décisions du jury.
La remise des prix a lieu à TOULOUSE, soit au Capitole salle des Illustres au cours d’une séance solennelle avec intervention de la radio et de la télévision, soit à l’Hôtel du Conseil Général de la Haute Garonne.
Les lauréats et leurs éditeurs seront avisés de la date en temps utile.

Composition du jury (selon les statuts de l’Académie du Languedoc)
Le jury est composé du bureau et de la commission des prix et récompenses qui se réunissent pour examiner les candidatures et leurs œuvres avant de les transmettre aux membres de l’Académie appelés à donner leur avis sur l’opportunité du choix des lauréats.

Les membres de l’Académie sont également tenus informés des décisions prises par le jury pour les prix attribués par concours.
Fiche de candidature de l’auteur
            L’œuvre candidate doit être accompagnée :

    • d’une enveloppe libellée aux nom et adresse de l’auteur
    • d’une enveloppe libellée aux nom et adresse de l’éditeur
    • d’une fiche établie en trois exemplaires selon le modèle ci-après :
      • Nom, prénom, pseudonyme éventuel
      • Adresse et téléphone
      • Nationalité, lieu et date de naissance
      • Attaches occitanes
      • Titre et date de l’ouvrage
      • Nom, adresse et téléphone de l’éditeur

Engagement de l’Editeur
            Chaque ouvrage présenté doit être adressé par la maison d’édition, qui  prend par écrit l’engagement de faire figurer sur le bandeau de tous les livres vendus France le nom du prix couronné par l’Académie avec la mention : grand prix littéraire de la Ville de Toulouse (Académie du Languedoc) ou prix (…) de l’Académie du Languedoc.
Candidat à tel ou tel prix.

N.B. Les ouvrages non accompagnés de la fiche de candidature et d’engagement de l’éditeur ne sont pas examinés.
Les règlements peuvent être demandés au secrétaire perpétuel en exercice José Badie d’Arcis ou au Président le docteur Jean-François Gourdou.

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PRIX LITTERAIRES AU NOMBRE DE 13

LE GRAND PRIX « Clémence ISAURE » DE POESIE

Ernest Georges LANNES créa ce premier prix annuel en 1964 à Paris puis à Toulouse. Cela  au début de l’Académie du Languedoc quand celle-ci était surtout à Paris. Il fallait alors faire bien connaître Clémence ISAURE de TOLOSA à Paris lors des réunions parisiennes en particulier dans les fastueux salons du Sénat où se déroulaient certaines séances. Depuis, ce prix a été arrêté dans l‘Académie du Languedoc puisqu’elle siège actuellement uniquement à Toulouse.
Cela en respect de la vénérable Académie des Jeux Floraux de Toulouse qui en réclamait à juste titre la paternité. Les nouveaux secrétaires perpétuels de l’Académie des Jeux Floraux Mr SERMET, le Professeur Roger MERLE, Mr le président NEYRAL DE PUYBUSQUE, Mr le professeur Georges Mailhos et le nouveau secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc, Mr José BADIE d’ARCIS et Mr André GASTOU secrétaire général, tous trois plus conciliants, se sont concertés et très amicalement l’Académie du Languedoc a « rendu » en 1998 le prix Clémence ISAURE à l’Académie des Jeux floraux.
Aussi, d’excellentes relations se sont rétablies entre les deux Académies, l’Académie du Languedoc devenant ainsi l’amie, la fille spirituelle de l’Académie des Jeux Floraux.
Depuis, nous sommes très honorés de voir le secrétaire perpétuel ou un mainteneur des jeux floraux  répondre et assister à nos séances annuelles, qu’ils en soient remerciés pour l’honneur et l’amitié qu’ils nous font.

            Restant attaché toutefois à la grande Muse, Egérie de TOULOUSE, nous rappellerons la belle histoire de Dame Clémence Bertrande ISAURE, dénomination dérivant de Dame Clémence Bertrande YZALGUIER

 Elle était issue d’une riche famille Toulousaine les YZALGUIER en occitan devenue ISAURE en français, habituée à la pratique des Arts et des Lettres.
Le sieur Yzalguier vivait au XIVe siècle titulaire d’une nomination royale sur Toulouse d’où sa fortune et fit un  « leg » notable sous forme de « fleurs d’argent » pour « exciter » la jeunesse à l’éloquence, après la terrible guerre des Albigeois et l’inquisition qui s’en suivit qui avait étouffé la culture occitane languedocienne par des gens venus du nord de la langue d’oil de Francie. Un renouveau apparu au début du 14e siècle après ces terribles évènements.
En 1323, fut créé le consistoire du Gai Savoir par sept troubadours de Toulouse en vue de ressusciter et de maintenir les traditions du lyrisme courtois occitan.
Un grand prix poétique et littéraire fut alors créé qui prit le nom en reconnaissance de la vierge Clémence mais aussi de Dame Clémence Bertrande Yzalguier puis Dame Clémence Isaure en souvenir de ses actions et du leg de son mari mais aussi de sa beauté et de sa culture.
Une immense et magnifique fresque signée de Paul LAURENS illustre le premier concours de poésie. On peut l’admirer en montant l’escalier monumental qui mène à la salle des Illustres de la mairie de Toulouse le Capitole.
« Lou Consistori de la Subregaya Companhia Del Gai Saber », invita tous les poètes de la Langue d’oc par un courrier qui a été conservé miraculeusement, à venir au printemps suivant dans un verger sis au faubourg des Augustines quartier St Aubin à Toulouse, disputer un concours de poésie dont le premier prix était une « violette d’or ».

Ainsi, le 03 mai 1324 la « Joïa » fut attribuée à Arnaud VIDAL de CASTELNAUDARY pour une canso en l’honneur de la vierge. Depuis chaque année, les concours se sont perpétués à la même date jusqu’à nos jours.
En 1356, les « legs d’amour » les Lois d’Amour furent promulguées codifiant la métrique, la grammaire et la rhétorique de la Langue d’oc.
Depuis 1527, l’éloge de Clémence ISAURE fut chaque année prononcée pour la fête du 3 mai.
Au 16e siècle la compagnie devint le collège de rhétorique et admis à ses concours des œuvres en français.
Au 16e siècle, après la fronde et le soulèvement du Languedoc par le duc de Montmorency, la compagnie fut suspendue mais en 1694, sur la demande des consuls de TOULOUSE et du président du Parlement de l’époque Pierre de PAPUS de LA CASSAGNERE le roi Louis XIV par lettres patentes octroyées à FONTAINEBLEAU rétablira la compagnie qui fut érigée en « Académie des Jeux Floraux » composées de 40 mainteneurs. En 1773, Louis XV confirma les privilèges de l’Académie.
A la fin du 18e siècle, un roman de Florain popularisa la légende de Clémence ISAURE, incarnation de la poésie mystique des troubadours languedociens.
L’Académie fut supprimée sous la Révolution comme toutes les Académies mais elle fut rétablie en 1808 sous Napoléon.
En 1895, grâce à la générosité du banquier Théodore OZENNE, l’Académie des Jeux Floraux de Clémence ISAURE fut logée somptueusement avec cinq autres sociétés savantes dans l’Hôtel d’Assezat où l’Académie des Jeux Floraux poursuit ses activités depuis plus de 6 siècles autour de la statue de « Dama Clémensa ».
La « patronne » des Jeux Floraux. Ses membres Académiciens sont appelés « Mainteneurs » et sont toujours au nombre de quarante.
Chaque année tous les 3 mai est organisé un concours de poésie dont les prix sont toujours des fleurs réalisées par un orfèvre, une fleur d’or et huit d’argent, violette, lys, œillet, souci et églantine comme pour le célèbre « Fabre d’Eglantine » de la Révolution, si fier de son prix qu’il en fit son nom.
Ainsi, l’Académie du Languedoc s’honore de ses excellents rapports respectueux et amicaux avec l’Académie des Jeux Floraux dont elle est quelque part la fille spirituelle ayant «rendu » amicalement Dame « Clémence ISAURE » à l’Académie des Jeux Floraux en 1998.

LE PRIX Maurice MAGRE (1877-1941)

Créé en 1965, prix chaque trois ans associé à la médaille « PEGASE »  en hommage au grand poète et écrivain toulousain fils de Jean Baptiste MAGRE dit GENTY-MAGRE grand républicain.

Les œuvres de Maurice MAGRE furent nombreuses dont :

1898 poème de la chanson des Hommes, salué par les grands littéraires de l’époque Apollinaire, André GIDE.
1926 La luxure de Grenade, roman.
1927 La mystère du Tigre.
1931 Le Sang de TOULOUSE.
1938 Le trésor des Albigeois – Nombreux essais philosophiques et religieux en particulier sur le Bouddhisme.
1937 Grand prix de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre.

LE GRAND PRIX LITTERAIRE DE L’ACADEMIE DU LANGUEDOC ET DE LA VILLE DE TOULOUSE Associé à la Médaille MINERVE et à un prix en argent par chèque mis à la disposition de l’Académie du Languedoc par la ville deTOULOUSE, prix annuel

Celui-ci fut créé en 1976 par la Mairie de TOULOUSE, Mr Pierre BAUDIS étant maire à l’initiative du secrétaire perpétuel Ernest Georges LANNES et de Monsieur Bernard BLANCOTTE président cofondateur de l’Académie, dans le but de récompenser « un bel ouvrage de langue française en prose » d’auteurs de nationalité française ayant un rapport certain avec notre Languedoc dit pays d’oc, ouvrage  pouvant être un roman, un récit, un essai ou une œuvre documentaire mais devant être édité depuis quarante ans et plus, soit ainsi, pour récompenser une vie, une carrière littéraire en rapport avec le pays occitan. Depuis cette ancienneté de 40 ans n’est plus retenue.
Dans le cadre de l’Europe des cultures, l’Académie du Languedoc a ouvert son concours littéraire aux auteurs de l’Europe en général, toutefois plutôt à ceux d’origine méridionale, voisins du Languedoc en particulier les Espagnols, les Portugais et les Italiens voire les Grecs dans la mesure où leurs ouvrages ont été traduits et édités en français.
Le 1er grand prix littéraire de l’Académie du Languedoc fut décerné à TOULOUSE dans les salons de la Dépêche du Midi, 57 rue Bayard à l’initiative des Académiciens Yves BRO et Fernand COUSTEAUX.

LE PRIX LOUIS HEMON avec médaille Louis HEMON et diplôme

Ce prix est attribué à un ouvrage en prose destiné à récompenser un auteur canadien québécois d’expression française, compte tenu des excellentes relations de l’Académie du Languedoc avec l’Association Canadienne Française pour l’avancement des sciences.

LE PRIX DE LA LANGUE D’OC –  Prosper ESTIEU Médaille et diplôme

Ce prix récompense un ouvrage ou une poésie en Langue d’Oc ou Occitan en mémoire de Prosper ESTIEU écrivain, poète, fablier, polémiste Languedocien Occitan, fondateur de « l’Ecole Occitane ».
Celui-ci naquit le 7 juillet 1860 à FENDEILLE prés de CASTELNAUDARY.
Il embrassa la carrière de l’instruction publique en débutant instituteur au village des BRUNNELS prés des CAMMAZES.
Par la suite, il fut nommé Majoral au Felibrige et maître des jeux de l’Académie des Jeux Floraux.
Ses œuvres évoquent la région agricole de son enfance entre la montagne noire et la plaine du « Pays Bas » autour de CASTELNAUDARY avec ses souvenirs de la vie d’autrefois à la campagne, les moissons, les foins, les labours… et avec la vie des petits villages ruraux.
Il mourut le 11 décembre 1939 à PAMIERS.
La ville de TOULOUSE lui attribua un nom de rue située prés de l’avenue de Lavaur au nord de TOULOUSE.

LE PRIX Pierre GOUDOULI ou Peyre GODOLIN (Prix chaque deux ans)

Ce prix récompense aussi un ouvrage et surtout une poésie en Langue d’oc ou Occitan, en mémoire du nom du célèbre poète occitan toulousain.
Celui-ci naquit en 1580 à TOULOUSE au niveau de l’actuelle rue de Metz en face de l’hôtel d’Assézat.
Son père était maître chirurgien originaire de Gascogne.
P. GOUDOULI fit de bonnes études classiques au collège des jésuites devenu lycée Fermat et ensuite à la faculté de Droit de TOULOUSE. Mais il préféra la poésie et en 1596, dès l’âge de 16 ans, il fondera avec d’autres poètes « La nouvelle poésie libertine toulousaine ».
En effet, le roi Henri IV venait de mettre fin aux terribles guerres de religion et la proclamation de l’Edit de Nantes permettait une renaissance de la société en particulier des Lettres et des Arts.
P. GOUDOULI obtint un prix en 1609 au collège Rhétorique des « Jeux Floraux ».
En 1617, il publia son premier livre « Le Ramelet Mondin ou Moundi » en occitan, signifiant le banquet toulousain.
Puis en 1621 « Floreta du Ramelet » et en 1624 « Un grand ballet ».
En 1647 réimpression du Ramelet dite édition des Capitouls.
Malgré sa notoriété, il mourut en 1649 dans une relative misère.
P. GOUDOULI fut l’emblème de l’Occitanie, du Languedoc face au centralisme parisien prônant le français. Il fut considéré comme le successeur des sept troubadours du Gay Savoir et fut ainsi fêté et honoré par l’Académie des Jeux Floraux lors de sa réouverture en 1808 après la Révolution.
La ville de TOULOUSE l’honore et a perpétué sa mémoire par de multiples actions en particulier par sa très belle statue mélancolique en marbre blanc entourée de jets d’eau au centre du jardin de la place Wilson anciennement square Lafayette. On peut y lire sa belle devise en occitan « Noirigat de Tolosa  me plait de maintenir son lengatge bel et capable de derrambulhar tota sorta de conception ».

LE PRIX DU ROMAN – Docteur André SOUBIRAN

Prix ancien baptisé en 2000 du nom prestigieux du Docteur André SOUBIRAN célèbre médecin romancier ayant fait une partie de ses études à TOULOUSE à l’Hôtel-Dieu qui lui inspira son célèbre livre « Les Hommes en blanc ». Par la suite, il fut l’auteur de nombreux autres romans.
D’où son parrainage naturel pour ce prix d’autant plus qu’il fut titulaire du 14ème fauteuil de notre Académie.

LE CONCOURS « ENCRES SANG ET OR » DE POESIE

Ce prix est réservé aux poètes d’expression française de métropole et d’outre-mer.
Les poèmes doivent être inédits et comporter un minimum de 14 vers et un maximum de 40 soit en poésie classique, soit en poésie libre. Les thèmes sont libres, historiques, sportifs…

LE PRIX DE POESIE Bernard BLANCOTTE

Prix en hommage à Bernard BLANCOTTE cofondateur de l’Académie du Languedoc en 1965 puis titulaire du 3ème fauteuil et président de l’Académie.
Il était originaire du Languedoc né à LABARTHE INARD en 1926 puis il avait longtemps habité à REVEL en Haute Garonne puis PARIS où il est décédé en 2003.
Il fut professeur conférencier, écrivain, poète, homme de radio écrivant et parlant souvent de sa chère montagne noire au-dessus de REVEL et de son admiration pour le canal du midi et son créateur Paul RIQUET.

LE PRIX PRAT JOVENT OU PRE DE LA JEUNESSE EN FRANÇAIS (médaille et diplôme)

Ce prix récompense un jeune auteur de 18 à 25 ans, originaire du Languedoc ou y possédant des attaches. Ouvrage en langue française en prose déjà édité (aucun genre imposé).

   LE PRIX DE LA NOUVELLE (récompense : diplôme)

Ce prix est aussi réservé aux auteurs natifs du Languedoc ou y possédant des attaches, auteurs de petits textes de quatre pages ou plus, non encore édités.
Nouvelle inédite dactylographiée de 10 000 signes environ (4 pages) avec fiche de présentation.

LE PRIX DU LIVRE D’ART

Prix destiné à des libraires ou des éditeurs continuant la riche histoire de l’imprimerie, de la reliure et de l’édition de livres d’Art.

LE PRIX DU LIVRE DOCUMENT (récompense : diplôme)

Prix destiné à un auteur créateur d’un livre témoin d’histoires documentaires du passé ou du présent.

LE PRIX ANDRE GASTOU (1911-2006)

Prix créé en 2006, en hommage et souvenir du secrétaire général de l’Académie du Languedoc de 1978 à 2006, peintre, écrivain et surtout poète. Auteur de nombreux poèmes dont son dernier recueil « Flammèches ».