Archives de catégorie : académie

26-01-28 Prix Henri MARTIN

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix de peinture Henri MARTIN attribué à

Patrick CHANU

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Alain DREUILHE 20e fauteuil 

Chers amis,

Le 6 avril dernier M Tony CASSARINO (ici présent- que je salue) Président fondateur de l’Association CONFLUENCES FORUM DES ARTS ET DES ARTISTES m’a invité à  l’inauguration aux Rencontres multi culturelles -sources-racines et traditions- organisées à Lisle sur Tarn avec la municipalité.

         Au cours de cette visite, alors que je ne suis qu’un amateur à peine éclairé, en matière de peinture, j’ai été totalement séduit pas les tableaux exposés dans la galerie CHANU qui participait à ce forum multiculturel et j’ai demandé à M. CASSARINO de rencontrer l’artiste.

         C’est ainsi que j’ai fait la connaissance  du peintre Patrick CHANU.

         Celui-ci m’a présenté plus longuement ses œuvres et j’ai de nouveau été conquis .

          La force des émotions qui transparaît, le constant rappel de nos racines profondes, le partage qu’il en émane, toute l’œuvre  de Patrick CHANU appelle à l’échange et au dialogue avec le terroir. Les tableaux du peintre CHANU son autant de témoignages de reconnaissance.
         Son premier tableau ici exposé avec ce couple de paysans criant de vérité illustre bien mes propos.

         Son deuxième tableau est un clin d’œil  que M. CHANU fait à l’Académie  du Languedoc. Comme on va lui remettre dans quelques minutes le prix Henri MARTIN  il nous présente la maison où le peintre a vécu à Labastide du Vert (dans le lot) et où il mourut le 12 novembre 194

         Alors que je m’entretenais avec Patrick CHANU, il  m’ alors appris qu’il avait obtenu le 2ième prix de peinture au salon de Quillan en 1995, le premier prix de peinture au salon de Rouffiac Tolosan en 1996,  le prix du jury, prix du public au salon de Saint Jean en 1997, le prix du cœur du jury au salon de Balma en 2023 (j’y étais) le 1er prix au salon confluence de Lavaur en 2022 .

          C’est alors que j’ai pensé pourquoi ne pourrait-il pas prétendre au prix prestigieux de  peinture Henri Martin décerné par la non  moins prestigieuse Académie du Languedoc ? j’ai présenté sa candidature et je suis heureux qu’elle ait été retenue.

         M, CHANU m ‘a déclaré que ses peintures étaient plutôt intimistes. Il en va de même pour les couleurs et les lumières. Il préfère « les demi teintes, décrocher les lumières dans les ombres et les clartés non saturées  »( là vous comprenez bien que je le cite).

         Son parcours a commencé par la bande dessinée. Puis 4 ans (1993-1997) dessins, plâtres et modèles vivants à l’académie de dessin de Toulouse sous la conduite de Luc Peltriaux (que certains ici doivent connaître). J’ai chez moi une œuvre de cet artiste.

         M. CHANU ajoute que la peinture figurative peut offrir ce supplément d’âme. « Il ne faut jamais perdre de vue qu’en matière de création nos doute sont nos seules chances d’évoluer » poursuit-il.  

         Il conclut  par cette citation d’Henri Le Sidaner (vous savez tous qu’Henri le Sidaner est un peintre post impressionniste de la belle époque, des années  folles.. (1862-1939)

         qui disait :

         « J’aime tant la peinture, que  j’aime tous les peintres pourvu qu’ils soient sincères »

                   A vos applaudissements je vous demande d’y associer son épouse Rolande et ses deux enfants François et Guillaume.                   

                                      Merci pour votre attention

26-01-28 Prix José CABANIS

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix littéraire José CABANIS attribué à

Alain BEYNEIX
pour

« Villégiatures singulières en terres méridionales »

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Maryse CARRIER 52e fauteuil 

 

 

Monsieur le Maire, Monsieur le Secrétaire perpétuel et Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Académiciens et Membres associés, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Né à Agen dans une famille de souche gasconne depuis au moins le 18e siècle, Alain Beyneix vit dans le Lot-et-Garonne, à Astaffort, sa résidence familiale depuis 6 générations !

Vos études universitaires vous ont conduit vers une licence d’histoire à Bordeaux, puis à Paris pour l’obtention d’un DEA d’anthropologie sociale et historique de l’Europe et un Doctorat de préhistoire.

Vos 14 ouvrages témoignent d’ailleurs de votre passion récurrente pour la préhistoire mais également pour l’archéologie et le régionalisme.

Vous avez obtenu 2 Prix auprès de la Société académique d’Agen et en 2024 la Société archéologique du Gers vous a décerné le Prix Pierre Dumont.

En 2020 vous avez été nommé Chevalier des Arts et Lettres et Officier des Palmes académiques en 2025, année où vous publiez aux Editions « Le Bord de l’eau : « Villégiatures singulières en terres méridionales » (cad : en Nouvelle Aquitaine et Occitanie, dites-vous).

« Singulières » effectivement sont ces villégiatures de 22 « élites politiques, artistiques et intellectuelles » la plupart parisiennes, de la Belle Epoque puis du XXe siècle, qui, pour diverses raisons, séjournèrent de façon plus ou moins prolongée dans notre beau Sud-ouest et en voici quelques unes :

    – C’est ainsi que « la star internationale de la Belle Epoque », redoutant à Paris d’être prise en otage par les Allemands, opta en 1914 pour Andernos, où elle séjournera ensuite durant sa convalescence après l’amputation de sa jambe droite, il s’agit bien sûr de la comédienne Sarah Bernardt.

    – Le peintre surdoué Toulouse-Lautrec né à Albi, se réfugiait souvent auprès de sa mère, au paisible Château Malromé en Gironde où il décèdera en 1901, victime notamment de ses addictions.

     – Qui est au courant du surprenant duel à Hendaye qui opposa un certain Jean Jaurès au séditieux boulangiste Paul Déroulède, ce qui fit l’objet de violents sarcasmes décochés par les caricaturistes de l’époque, toujours virulents envers les personnalités politiques, tel qu’Armand Fallières, ridiculisé en tant que « président vigneron », au milieu de son cher et vaste domaine de Loupillon dans le Lot et Garonne ?

    – La préhistoire et les trésors du Paléolithique n’étant jamais loin pour vous, si je puis dire, vous citez plusieurs archéologues, souvent autodidactes, cupides parfois et étrangers, tel l’Allemand Otto Rahn, en quête d’un mystérieux trésor autour de Montségur et d’Ussat-les-Bains…

      – Très affaibli par un cancer, un célèbre compositeur se réfugiera sur la Côte Basque, à Saint-Jean de Luz et surtout à Andernos, loin des salons parisiens : il est question ici de Claude Debussy.

      – Nombreux sont les hommes et femmes de lettres que vous mentionnez, en voici quelques uns : Edmond Rostand dont la santé précaire nécessitera, 22 ans durant, des séjours dans la station thermale de Bagnères-de-Luchon.

      Deux poètes, illustres représentants du mouvement surréaliste, vinrent découvrir eux aussi les paysages et les villages riants de notre région : la vallée de la Dordogne et Sarlat source d’inspiration pour Paul Eluard/ et Saint-Cirq-Lapopie, dans le Quercy, destination estivale favorite pour André Breton.

     Savez-vous que Marguerite Duras, emplie sa vie durant de nostalgie pour la maison et le village de son enfance heureuse, venait chercher une échappée hors du temps dans le Lot-et-Garonne, près de Duras, d’où son pseudonyme ?

      Et que dire de l’auteur de « Bonjour Tristesse », née dans le Lot, à Cajarc, véritable « source de décompression » pour la « fêtarde » Françoise Sagan, aspirant de temps en temps à la sérénité, dans son Quercy natal où elle côtoyait le couple Pompidou, lequel recevait dans sa résidence de vacances Rostropovitch, Pierre Boulez, Pierre Soulages… que du beau monde !                 

    Mais vous citez bien d’autres personnalités, je n’en ai évoqué (rapidement) que la moitié !… Et je tiens à préciser qu’Alain Beyneix, autour de toutes ces personnalités, nous offre toujours des descriptions détaillées de sites bucoliques, de bâtisses souvent bourgeoises et de leurs heureux propriétaires, sans oublier les incontournables trésors culinaires, le tout enrichi par des citations choisies et une abondante iconographie illustrant la présence de toutes ces élites qui succombèrent à l’attrait du Sud !

     En conclusion je dirai que votre œuvre n’est ni un roman, ni un guide touristique, elle est le produit d’un amoureux des « terres méridionales », votre galerie de portraits faisant revivre avec « justesse et humanité » toute une époque, où chacun de vos personnages a su capter l’âme et la lumière de cette France du Sud-Ouest, que vous aimez tant et que nous aimons tous !

     Monsieur Beyneix, l’Académie du Languedoc est heureuse de vous attribuer aujourd’hui le prix littéraire José Cabanis, dont le fils André – malheureusement absent – vient d’être honoré en tant que Membre d’Honneur !

 

26-01-28 Installation D. DELPIROUX

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Installation au 30e fauteuil de l’Académie de

Dominique DELPIROUX
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Installé par Michel CARRIER Président de l’Académie 

Monsieur le maire,
Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Monsieur le secrétaire général,
Mesdames et messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs, chers amis,

Aujourd’hui Monsieur Dominique DELPIROUX est installé au 30e fauteuil de notre Académie. C’est le regretté Henri COUSSE, mon prédécesseur en tant que Président de notre association, qui avait fait son éloge de présentation lorsqu’il a été nommé membre associé le 30 novembre 2018.

Dominique Delpiroux, vous êtes né à Strasbourg pendant l’hiver le plus froid de ces 100 dernières années :1956. Votre père vous a entrainé dans ses pérégrinations de commissaire de police et c’est à 15 ans que vous êtes devenu languedocien. Etudes secondaires au Lycée Berthelot, Licence et maîtrise en droit public obtenu en 1979 à la faculté de droit de Toulouse, vous êtes prêt pour la vie professionnelle.

Je ne reviendrai pas sur tous vos engagements parallèles à vos études : moniteur, économe et directeur de centre de loisirs, surveillant de cantine à Toulouse, surveillant d’internat à Cahors puis à Luchon, etc, etc… pour enfin être embauché comme stagiaire le 1 juillet 1979 à La Dépêche du Midi ; embauche qui se concrétisera le 1er décembre de la même année par un CDI.

Vous avez alors gravi tous les échelons jusqu’à obtenir le titre de grand reporter en 2017. Vous avez parcouru le monde : Canada, Sénégal, Liban, Pologne, Ecosse, Tunisie, Algérie, Belgique, Catalogne….et la liste n’est pas exhaustive.

Aujourd’hui, malgré la retraite, vous continuez en tant que pigiste à faire vivre vos éditoriaux qui sont toujours lus et appréciés par vos lecteurs.

En effet, vous ne faites pas parti de ces éditorialistes moralistes et dans ce monde ou le buzz l’emporte trop souvent sur le sens vous préférez ouvrir les portes de la réflexion.

Devant votre capacité de travail, certains jaloux affirmeraient que vous seriez capable d’écrire un éditorial complet avant même que votre café n’ait fini de couler. A mon sens ce n’est pas le café mais le travail qui se cache derrière votre rigueur et votre humanité car l’actualité est une drôle de maîtresse, elle impose chaque jour la quête de l’information du moment, celle qui est cachée ou celle qui doit être démêlée.

Mais vous avez deux facettes à votre journalisme et au cas où nous ne l’aurions pas compris, La Dépêche du Midi nous le transmet par un éditorial vertical sérieux, documenté, social, voire politique puis un autre, le dimanche, horizontal, dans lequel vous nous faites part de toutes vos remarques humoristiques. Mais quel travail de recherche, d’observation, de rapprochements, de mise en forme. Au final quel talent !

L’attachement de Dominique Delpiroux à notre Languedoc n’est pas un simple vernis de façade, il en connait sa géographie et son peuple, ses accents et ses colères, ses enthousiasmes et ses contradictions, ses grandeurs et sa culture.

Son installation au fauteuil n°30 de l’Académie du Languedoc apparaît dès lors comme une évidence. Nous reconnaissons en lui non seulement le journaliste mais également l’écrivain car, je ne l’ai pas encore dit, Dominique Delpiroux a écrit plus de 14 livres édités. Des romans policiers mais aussi une chronique illustrée des années 1900 « L’Aveyron autrefois » en collaboration avec Serge Bardy et même un scénario de bande dessinée « Alerte Ooxia » avec Jacques Lerouge.

Il est à la fois un passeur d’histoire, un interprète du Languedoc et (vous l’ignorez peut-être) un spécialiste des dinosaures.

A l’Académie il va rejoindre celles et ceux qui cherchent à maintenir au plus haut niveau la mémoire culturelle du Languedoc mais aussi à aider à l’éclosion et à la reconnaissance de tous les talents dont notre région peut s’enorgueillir.

Pour son parcours exceptionnel Dominique Delpiroux a été nommé chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques et décoré le 8 juin 2023 dans cette même salle par notre Secrétaire perpétuel.

Son accession au fauteuil n°30 n’est pas seulement un honneur personnel : c’est un hommage rendu à une vie de travail, à une plume pertinente, et à un esprit profondément ancré dans le Languedoc. Nous ne doutons pas que sa contribution sera particulièrement bénéfique à notre belle Académie.

Applaudissons le nouvel Académicien.

26-01-28 Prix Fermat

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Grand Prix scientifique Pierre de FERMAT attribué à

Etienne BERTHIER
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Michel CARRIER Président de l’Académie 

Monsieur le Maire,
Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Monsieur le Secrétaire général, mesdames et messieurs, chers amis,

Lorsqu’en 2002 j’ai accompagné Jean-Louis Etienne sur la banquise au Pôle Nord, Claude LORIUS, un des pionniers de la glaciologie, était avec nous. Il m’a confirmé que c’est en observant les mini bulles qui se dégageaient du glaçon fondant dans son whisky qu’il a pensé à étudier ces bulles susceptibles de fournir de nombreux renseignements sur l’atmosphère emprisonnée dans la glace.

 Et en 1984, une carotte de glace de 2000 m étudiée par l’équipe de Claude Lorius à Vostok en Russie permit de révéler la composition de l’atmosphère pendant les 150 000 ans précédant son prélèvement.

Monsieur Etienne BERTHIER, j’espère que, dans votre labo du CNRS, vous ne faites pas fondre vos carottes de glace dans le Whisky, si ce n’est pour d’autres raisons que scientifiques.

En effet Etienne BERTHIER est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’Études en Géophysique et Océanographie Spatiales plus connu à Toulouse sous l’acronyme de LEGOS et depuis plus de vingt ans, il met au service de la glaciologie une expertise rare : l’alliance du terrain et de la télédétection satellitaire, domaine dans lequel il est devenu une référence internationale.

Après de brillantes études secondaires, Etienne Berthier est entré à l’Ecole normale supérieure où il est devenu agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre. C’est à Toulouse, à l’Université Paul Sabatier qu’il a obtenu son doctorat et son habilitation à diriger des recherches. Mais Etienne Berthier a beaucoup enrichi sa formation par des séjours à l’étranger. En effet, déjà de 2000 à2002 en tant que coopérant scientifique national en Bolivie, il a été responsable du réseau d’observation du glacier ZONGO dans les Andes tropicales. Après son doctorat obtenu en 2005, il part à Vancouver au Canada où il étudie l’évolution passée, actuelle et future des glaciers du Yukon en Alaska. Enfin de 2012 à 2013 il sera visiteur scientifique à Mendoza en Argentine pour étudier les glaciers des Andes en tant qu’inducteurs climatiques ainsi que leur rôle hydrologique.

À travers « Pléiades Glacier Observatory », collaboration étroite entre le CNES et le laboratoire LAGOS, Etienne BERTHIER a fédéré une communauté internationale, offrant à la science un outil d’une précision remarquable, et au monde un miroir fidèle de l’évolution de nos glaciers.

Avec plus de 140 articles publiés dans des revues internationales et un rôle d’éditeur dans « The Cryosphere » et « La Météorologie » Etienne Berthier est devenu un pilier reconnu de la glaciologie moderne.

Son travail est cité dans les plus grandes revues scientifiques (Nature, Science, Journal of Glaciology » et ses analyses sont régulièrement sollicitées par les médias pour expliquer les enjeux climatiques. C’est ainsi qu’il a participé : 

  • A des radios et télés : France info, BBC, Toulouse Mag, TV TLT, (en direct), Chaine parlementaire, 20h de TF1, etc…
  • Et à des journaux : Le Monde, Huffington Post, le Figaro, The Guardian…. Enfin il a été messager à bord du train du climat.

 

Pour tous ces travaux dont je n’ai pu en citer que quelques-uns, Etienne Berthier a reçu de nombreuses récompenses. Dans sa biographie on relève une distinction chaque année de 2005 à 2013 et de 2020 à 2025.

Mais en réalité Etienne Berthier, vous n’allez pas au laboratoire pour travailler, vous êtes un passionné de la glace, de ses variations, de ses modifications et des conséquences pour nous les humains et plus généralement pour la planète.

On raconte qu’étudiant, lors d’une de vos premières missions sur le terrain vous avez dit à vos collègues : » Ce qui me touche, ce n’est pas seulement la beauté des glaciers, c’est qu’ils racontent une histoire et qu’il faut apprendre à les lire. »

A travers la lecture des images satellites dont vous êtes devenu un expert, vous décelez très souvent ce que d’autres ne voient pas et cette capacité à trouver du sens dans l’infime est devenu une de vos signatures. Au-delà de ce travail de laboratoire, adepte du contact avec le terrain, vous continuez à marcher sur les glaciers au Népal ou ailleurs en fonction de vos recherches.

Étienne Berthier vous nous rappelez que la science n’est pas seulement une quête de vérité :
c’est une manière d’habiter la planète, de la regarder, de l’écouter, de la comprendre.

En observant les glaciers, vous observez notre avenir, en mesurant leur recul, vous mesurez notre responsabilité.

En vous attribuant le Prix Pierre de FERMAT 2025, l’Académie du Languedoc reconnait un chercheur qui sait unir la rigueur mathématique, la précision géophysique et la sensibilité d’un observateur du vivant.

Au nom de l’Académie du Languedoc, je suis heureux de vous remettre le Prix FERMAT 2025.

Réponse d’Etienne BERTHIER

26-01-28 Séance solennelle Salle des Illustres

ACADÉMIE DU LANGUEDOC

SÉANCE SOLENNELLE DU 28 JANVIER 2026

Salle des Illustres – Capitole


Merci aux tambours de La Gerbe d’Or

Entrée de l’Académie 

Ouverture de la séance par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel.

Allocution de M. Jean-Luc MOUDENC Maire de TOULOUSE, Président de Toulouse Métropole.

Membre d’honneur :

Monsieur André CABANIS par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel

Académiciens :

Madame Annette CUNNAC au 26e fauteuil par François-Régis GASTOU Secrétaire général

Monsieur Dominique DELPIROUX au 30e  fauteuil par Michel CARRIER Président de l’Académie

Membre associée :

Madame Marielle GAUDOIS par Georges BENAYOUN 23e fauteuil

Les Prix :

Grand Prix littéraire de la ville de Toulouse à Marie-Hélène NUNEZ présenté par Michel PORTOLA 31e fauteuil

Grand Prix scientifique Pierre de Fermat à Etienne BERTHIER  présenté par Michel CARRIER Président 33e fauteuil

Prix de peinture Henri Martin à Patrick CHANU présenté par Alain DREUILHE 20e fauteuil

Prix littéraire José Cabanis à Alain BEYNEIX présenté par Maryse CARRIER 52e fauteuil

Prix de musique Gabriel Fauré à Daniel LASSALLE présenté par Patrice de VIGUERIE 2e fauteuil

Sérénade des étudiants de Daniel LASSALLE professeur de trombone au conservatoire à rayonnement régional de Toulouse

26-01-20 Lorenzo da Ponte

ACADEMIE DU LANGUEDOC

«Lorenzo da Ponte (1749-1838)  »

par Patrice de VIGUERIE  2e fauteuil
 

C’est à partir de ses mémoires que cette communication a pu être rédigée. Très peu connu, sinon obscur, par rapport à Vivaldi, Goldoni ou Casanova, il eut cependant une vie aussi mouvementée que celle de ce dernier. Et sans lui, nous n’aurions sans doute pas trois des plus célèbres opéras de Mozart. Comme Goldoni et Casanova, il a écrit ses mémoires qu’il commence ainsi : « Je n’écris point les mémoires d’un homme illustre par sa naissance, son rang ou ses talents. Je parlerai donc le moins possible de mon pays, de ma famille et de mon enfance. Je naquis le 10 mars 1749 à Ceneda, ville des états de Venise. A l’âge de cinq ans je perdis ma mère. Les pères, en général s’occupent peu des premières années de leurs enfants, les miennes furent entièrement négligées ». En fait Lorenzo da Ponte a changé de nom vers 14 ans. Auparavant, il s’appelait Emmanuele Conegliano. Son père Gèremie Conegliano et sa mère Rachel, étaient juifs. Après avoir eu deux autres fils, ce dernier devint veuf et, à plus de quarante ans s’amouracha d’une jeune fille qui n’avait pas dix-sept ans et qui en plus était chrétienne. Pour pouvoir l’épouser, il dût donc devenir chrétien. L’évêque de Ceneda, monseigneur Lorenzo da Ponte, accepta de recevoir toute la famille dans le sein de l’église catholique. Comme c’était alors l’usage toute la famille reçut le nom de l’évêque et ainsi Emmanuele Conegliano reçut également son prénom et à l’âge de 14 ans devint Lorenzo da Ponte. Dans ses mémoires Lorenzo dissimule beaucoup de faits. C’est ainsi qu’il ne mentionne pas son origine juive, ni la façon dont il est devenu chrétien. D’autre part s’il indique avoir lui-même prié l’évêque Lorenzo da Ponte de le placer dans un séminaire, il ajoute ceci quelques lignes plus loin dans ses mémoires : « Mon père, se méprenant sur ma vocation, me destinait à l’Eglise bien que tout s’y opposât dans mon inclination ; je fus donc élevé pour devenir prêtre, quoique entraîné par goût et par nature à des études toutes opposées ». Nous allons voir de quelles études il s’agit. Donc au printemps 1773, le jeune abbé da Ponte disait sa première messe. Mais dès novembre de la même année, il quitte le séminaire où il était devenu professeur de rhétorique et part pour Venise, où, avoue-t-il le poussa sa mauvaise étoile. Et il ajoute : « Dans l’effervescence de l’âge et des passions, d’un tempérament ardent, doué d’un physique agréable, entraîné par la facilité générale, je m’abandonnai à toutes les séductions du plaisir. J’avais conçu une passion violente pour une des plus belles et des plus capricieuses sirènes de cette capitale ». Elle se nomme Angiola Tiepolo. Elle a un frère Girolamo, un ruffian sans conscience qui terrorise le petit abbé, un joueur invétéré qui lui arrache ses derniers sequins, et le traine au Ridotto, la célèbre maison de jeu de Venise. Cette descente dans les bas-fonds de la Venise de la fin su XVIIIème s, où le carnaval durait six mois et où le port du masque autorisait toutes les libertés, dura un an. En 1774, il quitte cette vie de plaisirs et accepte le poste de professeur de littérature au séminaire de Trévise. Mais deux ans plus tard, comme sujet de ses exercices la question de savoir « Si l’homme ne serait pas plus heureux dans l’état de nature qu’au sein des institutions sociales ». Ce sujet sulfureux lui vaut une condamnation du Sénat de Venise à une interdiction d’enseigner. Et le voilà reparti à Venise, séduisant la fille de sa logeuse, Angioletta, pourtant mariée, l’enlevant en gondole. Mais, à peine dans l’embarcation, celle-ci ressent les premières douleurs de l’accouchement. La naissance a lieu chez un de ses cousins. Il mènera ensuite avec cette Angioletta une vie de scandales jusqu’au jour où une dénonciation anonyme déposée dans la bouche qui, dans le palais des Doges, permet à tout citoyen d’aider la police, conduira le tribunal à faire une enquête et à lancer un mandat d’arrêt contre da Ponte. Mais ce dernier avait déjà passé la frontière autrichienne. Dans ses mémoires, da Ponte mentionnera seulement qu’on l’a accusé d’avoir mangé du jambon un vendredi et d’avoir manqué la messe plusieurs dimanches.

Avant de quitter Venise, da Ponte y aura fait la connaissance de Casanova, qui à la cinquantaine passée et a pu revenir à Venise en qualité d’espion. Il se créera entre les deux hommes une certaine complicité et le récit de ses aventures par Casanova ouvrira des horizons nouveaux à da Ponte qui n’a que 27 ans. Da Ponte s’arrête juste derrière la frontière autrichienne à Gorizia petite ville de Frioul au nord de Trieste, ayant pour tout bagage un habit, un peu de linge, un Horace, un Dante annoté et un vieux Pétrarque. Puis invité par un de ses amis vénitien qui était poète attaché à la Cour de Dresde, le voilà parti en 1780 dans cette capitale de la Saxe. Il s’amourache de deux sœurs, mis en demeure d’épouser l’une d’elles, par leur mère, da Ponte écrit ceci « En toute autre circonstance, un mariage eût mis fin à mes ennuis, mais dans ma position je ne pouvais y songer ». Sa position c’est sa qualité de prêtre qu’il avait bien évidemment cachée depuis son départ de Venise. Le voilà par suite obligé de quitter Dresde. Il part pour Vienne, cette fois avec un billet de recommandation pour Salieri, ce musicien italien rival de Mozart, qui le présente à l’empereur Joseph II dont il est compositeur officiel. Da Ponte a la chance de plaire à Joseph II et le voilà chargé d’écrire le livret d’un opéra intitulé « le bourru bienfaisant » dont la musique est composée par Martini, un autre musicien de la cour. Cet opéra plut à l’empereur et au public. Après ce succès, voilà donc Lorenzo da Ponte lancé à la cour de Vienne comme librettiste d’opéra. C’est alors qu’il fait la connaissance de Mozart.

Nous sommes en 1783 et c’est le début d’une longue collaboration entre l’abbé da Ponte et Wolfgang, qui cherche depuis longtemps un bon livret d’opéra. Et c’est Mozart qui, en 1785, demande à da Ponte de lui mettre en drame la comédie de Beaumarchais, le Mariage de Figaro dont Mozart avait une traduction, sans doute grâce à la franc-maçonnerie dont il faisait alors partie. Mais Joseph II a interdit la représentation de la pièce révolutionnaire à la troupe allemande. Malgré cela, da Ponte et Mozart se mettent à l’ouvrage. Da Ponté écrit dans ses mémoires : « Au fur et à mesure que j’écrivais les paroles, Mozart composait la musique ; en six semaines, tout écrit terminé ». Il faut alors l’audace de da Ponte pour aller proposer l’opéra à Joseph II en l’assurant « qu’il a transformé la comédie de Beaumarchais en faisant disparaître tout ce qui pouvait choquer les convenances le bon goût » Joseph II ayant donné son accord, la première eut lieu le 1er mai 1786 et obtint un vif succès. Mais il n’y eut que neuf représentations en raison des critiques soulevées par les confrères de Mozart et de da Ponte. Par contre les Noces de Figaro eurent un succès éclatant à Prague. A tel point que le Directeur de l’opéra de cette ville commande un nouvel opéra à Mozart. Mozart s’adresse à nouveau à da Ponte et cette fois c’est da Ponté qui lui propose Don Giovanni.

En septembre 1787, Mozart part pour Prague avec da Ponte. Mais la partition de Don Juan n’est pas terminée et da Ponte, à la demande de Mozart, doit remanier plusieurs scènes du livret. On sait que Casanova, alors bibliothécaire à Dux en Bohême se trouve aussi à Prague, il rencontre son ami da Ponte et Mozart et qu’ils discutent ensemble de certaines scènes du prochain opéra. Casanova propose certaines modifications à apporter au rôle de Leporello. Les deux aventuriers vénitiens Casanova et da Ponte, réunis avec Mozart dans une brasserie de Prague autour d’un bol de punch et penchés tous trois sur le thème de don Juan, c’est une de ces rencontres comme l’histoire en réserve. Mais on ne saura jamais quel fût exactement le rôle de Casanova, bien que l’on ait retrouvé dans ses manuscrits une version corrigée de certains fragments de la scène où Leporello implore la pitié des victimes de don Juan. On ne saura non plus jamais si la fameuse scène du catalogue a été inspirée à da Ponte par l’expérience de Casanova ou par la sienne propre.

Don Giovanni remporta un gros succès à Prague, mais fut moins bien accueilli à Vienne. En 1789, da Ponte écrira pour Mozart un troisième et dernier livret d’opéra : Cosi fan tutte, dont cette fois le sujet a été choisi par Joseph II lui-même. Le succès en sera honnête. Ce sera la fin de la coopération entre da Ponté et Mozart. Et ce n’est pas sans aplomb que da Ponte s’attribue dans ses mémoires la gloire qu’a connu Mozart. Il écrit en effet : « Je ne puis jamais penser sans jubilation et sans orgueil que ma seule persévérance fut en grande partie la cause à laquelle l’Europe et le monde durent la révélation complète des merveilleuses compositions musicales de cet incomparable génie ».

En février 1790, Joseph II, le protecteur de da Ponte meurt. Et c’est son frère Léopold qui monte sur le trône. Ce dernier est mal disposé à son égard. Son congé lui est donné.

Da Ponte se rend alors à Trieste où il fait la connaissance d’une famille juive, dont le père est commerçant. Et c’est à la faveur d’une histoire abracadabrante que ce père lui donne sa fille prénommée Nancy pour épouse. Elle a 20 ans de moins que lui. Il dit l’avoir épousée le 12 août après les festivités et les formalités habituelles. Il a 42 ans et 600 florins en poche. Il ne donne bien sûr aucun détail sur lesdites formalités.

Le mariage civil n’existait pas à l’époque. On pense que sa qualité de prêtre l’a empêché de se marier à l’église. On ne pense pas non plus que ses origines juives lui aient permis de se marier à la synagogue. Da Ponte a sans doute régularisé sa situation en Angleterre devant le clergé anglican. A partir de là, nous résumerons brièvement la vie de da Ponte. Avec Nancy, il part à Londres en 1792 où il fait faillite comme imprésario de théâtre, puis devient libraire de livres en italien. En 1798, il part en voyage avec sa femme en Italie, s’arrête à Ceneda pour embrasser son père, qui à 76 ans, et sa famille. De Ceneda, da Ponte va à Venise qui est alors occupée par les autrichiens. Il n’y trouve que tristesse et désolation y rencontre le frère d’Angiola qui est morte et Angioletta qui le regrette. Il n’y reste que deux jours, car dénoncé à la police impériale. Il est tenu de quitter rapidement la ville. Il rejoint Londres, où il s’endette en signant des traites. En 1805, il est menacé d’être emprisonné pour dettes. Et le voilà qui s’embarque sur le premier bateau en partance pour l’Amérique où sa femme l’avait précédé. A New-York, da Ponte fera un peu tous les métiers : professeur d’italien, libraire de livres italiens, promotion de l’opéra italien. Il eut même le plaisir de monter Don Giovanni à l’Opéra de New-York avec une jeune cantatrice qui fut ensuite célèbre sous le nom de la Malibran.

Il arrête ses mémoires en 1830, à 81 ans. Nancy, sa fidèle épouse, meurt l’année suivante. Le vieil homme vivra encore 7 ans. Dans une de ses dernières lettres il se plaint : « Moi, le poète de Joseph II, l’auteur de 36 pièces, moi qui aie inspiré Salieri, Martini, Mozart ! Après 37 ans de travail incessant, je n’ai plus un seul élève ! A 90 ans ou presque, l’Amérique ne me donne plus de pain » Lorenzo da Ponte mourra le 17 août 1838, à 89 ans, un bel âge pour clore une vie aussi trépidante. Pour ses obsèques, on se souviendra qu’il fût prêtre dans sa jeunesse : ses obsèques eurent lieu à la cathédrale catholique St Patrick de New-York. Il n’aura jamais revu Venise et ne sera pas enterré au cimetière San Michele.

Communication à l’Académie le 20 janvier 2026

1 – Photo issue du site « El Mirador Nocturno »

26-01-08 Eloge COUSSE par Gourdou

Eloge funèbre d’Henri COUSSE
Président de l’Académie du Languedoc (2018-2025)

par

Jean-François GOURDOU
Secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc

Castres, église St-Jean et St Louis le 8 janvier 2026

TRES CHER PRESIDENT HENRI COUSSE

L’Académie du Languedoc, par sa nombreuse présence, est venue, te rendre un grand hommage pour ton grand voyage vers l’éternité et  présenter ses chaleureuses condoléances à toute ta famille, ta chère épouse Ginette, ton fils Christophe, son épouse et tes petits filles Julie et Valentine.

Vous, en fait tu, as été et tu resteras un très éminent membre de l’Académie du Languedoc me succédant à la présidence de 2018 à 2025 soit 7 ans.

Je rappellerais tes très importants grades et qualités. Natif de Pins- Justaret, tu as fait tes études au lycée Berthelot, comme beaucoup de membres dans notre académie et ensuite dans les Facultés des sciences et de pharmacie, en obtenant une véritable collection de diplômes, dont quatre fois docteur, en Science, Physique, Chimie, et bien sur pharmacie, mais en fait cinq, avec celui de doctorat en médecine, par équivalence, vu tes très grandes connaissances médicales, dont témoigne ton dernier livre.

José Badie directeur pharmaceutique du laboratoire Laffont, alors président, avait fait votre connaissance par affinité professionnelle et amicale.   Lorsque vous étiez conseiller puis directeur scientifique des laboratoires Pierre Fabre depuis 1968, véritable bras droit du président au château de Carla à Castres, avec une longue et brillante carrière dans cette grande entreprise pharmaceutique, avec 90 publications internationales et 135 brevets inventeur, jusqu à ces dernières années.

 Aussi tu as été installé dans la salle des illustres du capitole le 15 juin 1999, au 9e fauteuil succédant au comte de Gely de Montauriol. La séance solennelle avait été présidée par le professeur Chantal Dounot représentant le maire de Toulouse Dominique Baudis,               le secrétaire perpétuel le professeur marcel Baiche , le président José Badie, et l’éloge avait été prononcée par André Gastou secrétaire général.

Tout de suite tu as su t’impliquer dans la vie et  les activités de l’Académie du Languedoc en particulier l’année suivante en organisant le 4 octobre 2000 une grande conférence avec le professeur jean Bernard de l’Académie Française et de l’Académie de médecine. Puis en créant le prix médical de l’Académie, que tu nommeras professeur Philippe Pinel car celui-ci était originaire de Lavaur, honorant ainsi Pierre Fabre, lui aussi par sa mére.

Le premier prix Pinel, doté d’un chèque offert par Pierre Fabre , fut donné pour la première fois au professeur Michel Duffaut, le 12 décembre 2000, dans la salle des pèlerins de l’Hôtel Dieu de Toulouse .

Le Prix Pinel a continué a être décerné au Conseil général puis départemental avec les présidents Pierre Izard et Georges Méric , honorant 18 fois un grand médecin toulousain.

Compte tenu de vos activités et de votre assiduité à toutes les réunions et séances solennelles, malgré la distance Castres Toulouse, vous avez été nommé premier vice-président en 2013.

Puis suite au décès du secrétaire perpétuel José Badie le 7 février 2018, lors de l’Assemblée Générale de juin 2018 je fus nommé secrétaire perpétuel et vous président à ma succession, soit le 8e  président depuis la création de l’académie du Languedoc en 1965.

Maintenant le professeur Michel Carrier, le successeur d’Henri Cousse à la présidence depuis 2025, va continuer son éloge.

Cher Henri, tu vas beaucoup nous manquer, mais on ne t’oubliera jamais.

 Au revoir cher grand ami.

26-01-08 COUSSE éloge M. Carrier

Eloge funèbre d’Henri COUSSE
Président de l’Académie du Languedoc (2018-2025)

par

Michel CARRIER
Président de l’Académie du Languedoc

Chers amis,

Le décès d’Henri COUSSE, homme de culture et grand scientifique qui pendant de longues années, comme vient de le rappeler notre Secrétaire perpétuel, a accompagné l’aventure visionnaire initiée par Pierre Fabre, va laisser un vide profond auprès de l’Académie du Languedoc.

Son parcours au sein de notre Académie témoigne d’un engagement constant. Élu président en 2018 lors d’une séance solennelle à la Salle des Illustres du Capitole, il a exercé cette fonction avec rigueur et élégance durant un septennat, avant de me transmettre le collier de la présidence le 14 février 2025, toujours salle des Illustres, dans un esprit de continuité et de fidélité aux valeurs académiques.

C’est lors d’une visite, alors qu’il était en convalescence à la clinique de rééducation de St Orens, qu’il m’a demandé de lui succéder dans cette fonction. Je fus très honoré de cette proposition et je lui en suis extrêmement reconnaissant.

Conformément à ses valeurs personnelles, quand il fut rétabli, il a tenu à remercier l’ensemble de ses soignants lors d’une soirée très solennelle à Toulouse qui laissera dans l’esprit de tous les participants un souvenir inoubliable.

Je pense enfin qu’il a éprouvé un immense sentiment de bonheur au mois de juin dernier, lorsque l’Académie a attribué le prix de photographie Jean Dieuzaide à sa petite fille Julie COUSSE, dont l’éloge a été énoncé par notre secrétaire général François-Régis GASTOU. Alors que la maladie le rongeait déjà, lorsqu’il est monté sur l’estrade dans la grande salle de réception du domaine CASSIN, notre confrère académicien, j’ai pu voir dans ses yeux tout l’amour qu’il portait à sa famille et à notre académie.

Henri, nous sommes venus te voir, mon épouse et moi, le 18 décembre à l’hôpital de Castres. Je dois dire que tu nous as alors véritablement impressionnés par ta lucidité, ta volonté, ta sérénité et ton courage. Mais en réalité c’était bien notre Henri COUSSE avec sa forte personnalité toujours intacte qui nous recevait.

Henri, tu as été un de ceux dont la présence, la parole et l’engagement marqueront durablement notre belle Académie du Languedoc.

Tu vas maintenant rejoindre la déjà longue liste des présidents qui t’ont précédé et dont tu fus un remarquable successeur :

Ange GILLES, Carlo SARRABEZOLLES, le Comte de PUYMEGE D’ARMAGNAC DEL CERS, Marcel BAICHE, Jean-Paul BUFFELAN, Jacques AUGARDE et José BADIE D’ARCIS.

Je suis certain qu’ils t’attendent là-haut pour te célébrer et te remercier du beau travail accompli au sein de l’Académie du Languedoc.

Au nom de l’Académie, des présents et de ceux qui n’ont pas pu venir, je tiens à présenter nos condoléances les plus sincères à toute ta famille.

Adieu Henri.

25-12-16 Arnaques

ACADEMIE DU LANGUEDOC
« Les plus belles escroqueries de tous les temps »
UNE BONNE HISTOIRE !…

par Bernard POUILHES  26e fauteuil

Un élégant personnage, descend de la Rolls, pilotée par son chauffeur et il se présente à la plus grande bijouterie,
établie place Vendôme à Paris.
Il dit au vendeur qu’il recherche une pièce rare, car il veut faire un présent à la dame de ses pensées en lui offrant
un diamant qu’on devra monter en pendentif sur chaine, à porter autour du cou.
Le vendeur lui propose différents diamants, mais le client, manifestement peu regardant sur les prix, souhaite
toujours mieux
Finalement, le vendeur va lui proposer un diamant de très belle facture ; et lui précise que c’est une pièce,
absolument unique, que sur la place de Paris il ne trouvera pas la même qualité, ce qui semble rassurer le client
potentiel ; il indique en effet qu’il ne souhaite pas que dans une réunion où soirée officielle, un bijou semblable
à celui qu’il se propose d’offrir, puisse être porté par une autre personne
Il arrête donc son choix sur ce bijou qu’on lui présente comme unique, et se pose alors la question du prix ; le
vendeur annonce froidement la somme de 200 000 €.
Le client ne tique pas et accepte de payer cette somme.
La difficulté pour le vendeur se présente de la façon suivante : « nous sommes vendredi après-midi, à 1h à peine
de la fermeture des banques. Il est probable que le client va proposer un chèque mais le bijoutier n’a aucune
garantie sur l’existence de la provision, le chèque n’étant bien sûr pas un chèque de banque.
Le client précise qu’il va faire un chèque immédiatement, mais qu’étant pressé, il ne souhaite pas prendre
possession du bijou immédiatement ; il demande au bijoutier, ce que ce dernier accepte bien sûr avec
empressement, de lui préparer un paquet cadeau que son chauffeur viendra récupérer dans la semaine. Il remet
donc un chèque du montant convenu, et le bijoutier le raccompagne jusqu’à sa Rolls.
Immédiatement après le départ du client, le bijoutier appelle la banque qui lui confirme que le chèque sera payé
à présentation. Un coursier est dépêché pour déposer le chèque à la banque avant la fermeture du vendredi
soir et le chèque sera crédité le lundi matin.
La vente est parfaite. On a été d’accord sur la chose et sur le prix. Le prix a été payé et la chose a été remise au
chauffeur dans les premiers jours de la semaine suivante.
Le temps passe ; 18 mois, plus tard, le même client, toujours parfaitement, bien habillé, se présente, avec une
nouvelle Rolls chez le même bijoutier.
Il est très chaudement accueilli par le personnel et le directeur lui-même ; il reconnaît que le présent qu’il a
offert à son amie a été très bien perçu, il veut aller un peu plus loin dans sa relation avec cette personne ; il a
décidé de transformer ce pendentif unique en boucles d’oreilles et il se présente donc pour demander au
bijoutier de lui procurer le même diamant pour pouvoir réaliser des boucles d’oreilles
Le bijou lui précise qu’il ne dispose pas d’un diamant similaire à celui qu’il avait précédemment vendu et lui
rappelle que c’était une pièce unique
Le client convient de cette difficulté indique ne pas être pressé, et demande au bijoutier de mettre toute son
expérience et sa compétence en œuvre pour trouver sur le marché mondial un diamant qui puisse permettre
d’être le pendentif de celui qu’il a déjà acquis
Il redonne ses coordonnées au bijoutier qui lui promet de solliciter ses correspondants sur les places fortes du
diamant dans le monde et de le tenir informe des résultats de ces recherches.
Avant que le client ne se retire le bijoutier lui rappelle que tout ce qui rare est cher, et ce qui est rarissime est
encore plus cher.
Le client ne conteste pas cette évidence et sur l’interrogation du bijoutier, il fixe un prix maximum au-delà
duquel, il ne souhaite pas donner suite.
Il indique qu’en aucun cas il n’ira au-delà de 500 000 €.
Fort de cette précision, le client se retire raccompagné, bien évidemment par le personnel qui souhaite à tout
prix donner satisfaction à ce client hors du commun
Le bijoutier prend alors contact avec ses correspondants à Anvers, Amsterdam, à Johannesburg, en leur
demandant de rechercher la pièce rare.
À quelque temps de là, le correspondant de Johannesburg, informe par téléphone son mandant parisien qu’il a
trouvé, à 480 000 €, une pièce rare qui comblerait les attentes du client
Le bijoutier demande donc à son correspondant d’acheter le diamant et de lui livrer sur Paris.
Après réception le bijoutier parisien est très content de pouvoir présenter cette pièce qui permettra de combler
les attentes de ce client et il l’appelle pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Ils se rendra compte alors que ce numéro ne correspond à rien.
Et il va découvrir qu’en réalité, c’est vraisemblablement le client ou un de ses complices qui a revendu, avec un
bénéfice très substantiel, le même diamant au mandataire sud-africain, sollicité par le bijoutier parisien.

25-12-09 Christian LACOSTE

ELOGE de Christien LACOSTE

Membre associé de l’Académie du Languedoc
le jeudi 16 janvier en  l’église Saint Pierre de BALMA

par le Secrétaire général François-Régis GASTOU

En tant que Secrétaire Général de l’Académie du Languedoc et au nom de tous les Académiciens et Amis de notre Compagnie, nous adressons à l’épouse Jeanne-Marie et à la famille de notre défunt confrère, Christian LACOSTE, nos sentiments les plus chaleureux et nos condoléances les plus sincères.

L’Académie du Languedoc se devait de rendre hommage aujourd’hui à l’un de ses compagnons Christian LACOSTE décédé mardi 09 décembre 2025 à l’âge de 82  ans.

Je relaterai brièvement notre rencontre en 1970, soit déjà plus d’un demi-siècle, à l’occasion des festivités du Grand Fénétra, grande fête traditionnelle de Toulouse. Christian venait de créer l’excellent gâteau « fenêtra » pour cette tradition festive toulousaine grâce à ses grandes qualités de pâtissier, largement reconnu par ses pairs ; quant à moi, je venais d’intégrer tout simplement le Comité officiel des fêtes de Toulouse.

Christian était déjà à cette époque le Maître-Pâtissier de « La Mascotte » pâtisserie renommée de Toulouse, installée dans le quartier de la place Dupuis. Notre compagnon venait d’être honoré par de nombreux prix, médailles et distinctions, dont plusieurs premiers prix et je n’oublierai pas celui obtenu pour la création pâtissière d’une pièce artistique à l’occasion du 1er vol de Concorde en mars 1969.

Mais son souvenir restera pour nombreux d’entre nous la réalisation de l’original et succulent gâteau du Grand Fenêtra confectionné à la demande, en 1970, du maire de Toulouse Louis Bazerque et du Président du Comité des Fêtes Christian Lacombe, dessert qui avait été sélectionné par les représentants de la profession.

Christian a rejoint, il y a quelques années, notre Académie du Languedoc et j’ai eu le privilège de parrainer sa présentation. Je rappellerai, qu’en juin dernier, au cours du soixantième anniversaire de l’Académie, fêté chez notre compagnon Francis CASSIN, nous avons été heureux d’honorer également le 55ème anniversaire de la création de son célèbre gâteau du Fenêtra, devenu la spécialité de Toulouse.

Christian, ton départ précipité nous rappelle subitement la fragilité de la vie. Ton souvenir demeurera présent encore longtemps dans notre Compagnie. Tu avais de grandes qualités professionnelles, un savoir-faire inégalé et tu étais animé d’une réelle passion pour satisfaire le palais des plus gourmands d’entre nous.

Nombreux ont été les plaisirs que nous avons- partagés : déguster et savourer tes préparations, toujours fabriquées avec Amour, étaient de vrais délices.

Bien-sûr, ta présence bienveillante, toujours appréciée, nous manquera lors de nos rencontres mensuelles mais nous ne t’oublierons pas en espérant pouvoir conserver ton nom au sein de notre Compagnie, ton nom devenu un modèle d’exemplarité, dans ce domaine privilégié de la pâtisserie.

L’Académie du Languedoc perd un de ses Compagnons dévoués, mais gardera le souvenir d’un homme fidèle, altruiste, toujours soucieux de son prochain.

Merci Christian, tu étais un homme heureux, tu mérites toute notre reconnaissance.

Repose en Paix maintenant.

 

François-Régis GASTOU   Secrétaire Général de l’Académie du Languedoc