Archives de catégorie : académie

Georges Guiraud

GEORGES GUIRAUD
1901 – 1989

GEORGES GUIRAUD FUT UN GRAND SCULPTEUR, GRAVEUR DE MEDAILLES ET PEINTRE FRANCAIS du début du XXe siècle. II fut GRAND PRIX DE ROME de médaille et cofondateur de l’Académie du Languedoc en 1965 depuis le prix de sculpture porte son nom.

Georges Guiraud est né le 5 aout 1901 au sud de Toulouse dans la commune du Cabanai, Haute Garonne, près de Caraman au château de Gouyres, superbe manoir à tourelle pointue située sur une colline du Lauragais donnant au printemps une magnifique vue sur les blanches Pyrénées.

Cette ancienne demeure d’un grand domaine agricole venait de notre famille, en effet Georges Guiraud était le proche cousin de mon père le Docteur Joseph Gourdou.

Très tôt Georges Guiraud eu la vocation des Arts, d’une part par un don inné, mais d’autre part par atavisme familial, son père Officier de l’Instruction Publique était aussi Peintre Enlumineur.

Georges Guiraud fit ses études au lycée Fermat de Toulouse et devint élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse puis ensuite de Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de PARIS où il fut l’élève du sculpteur Jean Boucher.

Dès lors il collectionna les prix : en 1923 le deuxième prix de gravure en médaille, puis en 1926 le premier Grand prix. Il fut aussi primé au salon des artistes français de Paris où il reçut en 1924 la médaille de bronze et en 1930 la médaille d’or. En 1926 il réalisa une superbe médaille, dénommée « le pêcheur attaqué par une pieuvre » qui lui valut de gagner le Grand Prix de ROME dès lors s’installa pensionnaire à la Villa Médicis de Rome de 1927 à 1930.

A son retour il s’installa à Paris dans un atelier de l’ancienne cité des artistes au numéro 77 de l’avenue Denfert-Rochereau. Cette cité était très connue car elle avait accueilli plusieurs personnages célèbres dont Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeau, Frédéric Chopin, Georges Sand et plus récemment le sculpteur Paul Belmondo.

Il travailla alors avec la Monnaie de Paris et en 1942 il fut nommé peintre et graveur officiel du ministère de la marine.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Georges Guiraud qui venait souvent chez lui à Gouyre et à Toulouse en visite chez mes parents, un jour j’avais sculpté une petite sainte vierge en pierre de grés, voyant cela Georges me dit que j’avais la vocation artistique et m’invita à continuer la sculpture avec lui à Paris, mais mon atavisme fut le plus fort et je devint médecin, toutefois ensuite j’ ai choisi la chirurgie qui en fait est un travail de la main, comme la sculpture, soit l’accomplissement du vœu de Georges Guiraud. J’allai aussi le voir à Paris dans son atelier qui était merveilleux, un vrai atelier d’artiste encombré de multiples statues en plâtre, terre, marbre, bronze, terminées ou en cours de réalisation et en particulier j’étais très admiratif d’une très belle statue, presque grandeur nature, d’une jeune femme en marbre blanc de carrare, qu’il souhaitait conserver !

Mon oncle me disait alors qu’il avait vécu une période extraordinaire, une période mégalithique, soit une période où les hommes lèvent des pierres pour réaliser des monuments, depuis les dolmens et les menhirs jusqu’aux monuments actuels. Ainsi après les deux guerres mondiales il eut beaucoup de commandes pour sculpter de nombreux monuments aux morts et de nombreuses médailles commémoratives.

Lo 30 octobre 1987 sur la proposition de mon parrain Georges Guiraud j’ai eu l’honneur d’être installé au 25 -ème fauteuil, de l’époque, de l’Académie du Languedoc dans le foyer du Théâtre du Capitole de Toulouse par Ernest Georges Lannes, secrétaire perpétuel, Marcel Baiche, André Gastou et Georges Guiraud.

Malheureusement par la suite après son décès à Paris le 12 mai 1989 à 88 ans, l’immeuble de la cité des artistes de Paris fut rasé, la cité fut supprimée, l’immeuble reconstruit dans un style moderne, toutefois bien après à l’occasion d’une nouvelle visite j’ai eu la surprise de constater que derrière une grande façade moderne, l’architecte avait eu la bonne idée de conserver uniquement l’atelier de G. GUIRAUD qui existe ainsi toujours.

 

GEORGES GUIRAUD FUT SURTOUT CELEBRE COMME SCULPTEUR GRAVEUR DE MEDAILLES, travaillant pour cela en grande partie avec la Monnaie de Paris, pour l’état français, mais aussi pour des sociétés, des associations et même des particuliers. Il réalisa plus de 300 médailles dit-on, personnellement j’ ai pu en collectionner un peu plus d’une centaine,ce qui est déjà notable et j’ai pu en offrir une partie à la mairie du CABANIAL de son village natal,où il avait réalisé là aussi une sculpture, déjà novatrice en résine, sur la façade d’entrée.

LA MEDAILLE LA PLUS CELEBRE FUT LA MONNAIE DE LA QUATRIEME REPUBLIQUE des années de 1950 à 1958. Il existait encore en circulation le modèle plus sévère du graveur Turin du gouvernement provisoire de 1947. La monnaie GEORGES GUIRAUD est une belle et fine monnaie en bronze- alu, jaune brillant, il existait des modules de 10 Fr, de 20 Fr, de 50 Fr, et un essai de 100 fr cette dernière pièce resta un essai frappé à 50 exemplaires, l’état préférant un billet à une pièce pour 100 francs, depuis elle est fort rare et très recherchée. La pièce G. GUIRAUD présente du côté de l’avers la tête d’une jeune et jolie Marianne en profil gauche symbolisant la République et du coté revers un coq gaulois avec l’unité en francs et le millésime de chaque années. Ces monnaies furent frappées en très grand nombre, à plus de 2 millions d’exemplaires, mais certaines sont devenues rares et sont très recherchées par les numismates, avec un prix élevé pour les rares variétés de frappe, notamment en fonction de la date d’émission et surtout du nombre de plumes de la queue du coq.

LA MEDAILLE D’HONNEUR DES CHEMINS DE FER EN 1953 fut sa deuxième célèbre médaille. Cette médaille fut créé par décret ministériel du 19 aout 1913 pour récompenser les salariés cadres et employés des chemins de fer de France, d’outre-mer et du monde. Il y a eu deux premiers modèles en 1913 et en 1939, ensuite GEORGES GUIRAUD gagna le concours de 1953 et celui de 1977, cette médaille est toujours largement distribuée depuis maintenant 107 ans dont 67 ans pour celle de G. GUIRAUD. La médaille, en argent ou en or, au ruban bleu blanc rouge, est ronde avec à l’avers une belle Marianne de profil gauche et au revers deux locomotives.

LA MEDAILLE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE EN 1956. GEORGES GUIRAUD fut encore célèbre en gagnant le concours organisé à chaque Mandature des Députés par le Bureau de l’Assemblée auprès de la Monnaie de PARIS. Chaque Député depuis 1789 en a une gravée à son nom, servant autrefois de pièce d’identité, il en dispose de quelques autres pour honorer quelques personnes. La médaille représente à l’avers une belle Marianne au bonnet phrygien de profil gauche et au revers la sculpture du devant de la tribune de l’Assemblée Nationale, avec un espace pour le nom du bénéficiaire.

LES MEDAILLES DE MARINE G. GUIRAUD était devenu en 1942 médailler de la marine. Aussi à l’occasion de chaque lancement d’un vaisseau il réalisait une médaille commémorative et un Tape – Bouche canon fixé à l’extrémité d’un canon, qui était enlevé au moment de l’inauguration du navire de guerre.Il réalisa ainsi les médailles de nombreux navires : les croiseurs, Gloire, La Marseillaise, Georges Leygues, le cuirassé Richelieu, les porte -avions Bois Belleau, Arromanches, Lafayette, Clémenceau, le navire de ligne J.Bart, plusieurs sous- marin, le paquebot ville de Marseille, et des pétroliers de la société ESSO pour lesquels il réalisa d’ immenses proue de navire.

LES MEDAILLES DE L’ACADEMIE DU LANGUEDOC. En 1965 G. GUIRAUD fut membre titulaire au 8 -ème fauteuil, de l’époque fondateur créateur de l’Académie du Languedoc à Paris et à Toulouse, aussi il réalisa encore plusieurs médailles pour la région Toulousaine, la médaille de la mairie Toulouse, la médaille de la CCI, la médaille du Tribunal de commerce, la médaille de la foire de Toulouse, la médaille du lycée Fermat, et surtout la médaille en collier de l’Académie de Languedoc avec la tête de CLEMENCE ISAURE et la médaille à ruban de l’Ordre Latin, puis deux autres médailles pour des prix, celle de Renée Aspe, artiste peintre et Goudouli ancien écrivain languedocien, de plus il dessina le diplôme des prix de l’Académie, qui est toujours utilisé.

LES MEDAILLES DE PERSONALITES.G. GUIRAUD réalisa aussi de nombreuses médailles pour un très grand nombre de personnalités à l’occasion d’un anniversaire ou d’une commémoration, d’une part pour des anciennes célébrités comme Montaigne, le Nostre, Alexandre Dumas, Rouget de l’Isle, Charles Perrault… et d’autre part pour des plus récentes de l’ époque comme l’amiral Darlan, le Maréchal Leclerc, Philippe Guinier, Pierre Devambéze, le général de Gaulle, Max Hymans…, et des académiciens Georges Male, Auguste Chevalier, Louis de Broglie ….

LES MEDAILLES DES SPORTS,, INSTITUTIONS, OUTRE MER. G. GUIRAUD créa plusieurs médailles pour la course, le ski, le hockey sur glace.il fit aussi de nombreuses autres médailles pour, l’agriculture, le commerce, la botanique, la télévision, la musique, le cinéma … et plusieurs médailles pour l’Outre-mer, les Nouvelles-Hébrides, la Réunion, Les Antilles, Cuba, Tahiti, à l’occasion de voyages lointains.

 

 

LES GRANDS MONUMENTS DE PIERRE. GEORGES GUIRAUD était aussi sculpteur sur pierre, réalisant de grandes œuvres du type monuments aux morts, le plus célèbre est celui de Saint-Gaudens dit des trois maréchaux de la guerre 14- 18, Foch, Gallieni et Joffre. Georges Guiraud me disait qu’ il pouvait sculpter tous les généraux et maréchaux de la guerre 14- 18 les yeux fermés tellement il en avait l’habitude. Ce magnifique monument sur la promenade face aux Pyrénées a malheureusement été vandalisé en 2018, les tètes des trois maréchaux ont été décapitée, fort heureusement elle sont restées sur place et purent être réparées. On peut citer d’autres monuments, le grand et célèbre mémorial de la Résistance à Chasseneuil sur Bonnieure, le monument à René Dupray de la Mahérie à Pervenchéres,. Et plus près de nous le monument à Déodat de Séverac à Villefranche-de lauragais et le monument aux morts de saint FELIX. IL eut aussi des commandes à l’extérieur à l’outre-mer, il réalisa le monument de Félix Éboué à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et le monument de Raphaël Babet à Saint Joseph de la Réunion,

GEORGES GUIRAUD SCULPTA ENCORE DES STATUES.On citera la statue de Notre Dame de France dans la nouvelle église de Juvisy sur Orge, le buste d’André Blondel à l’Ecole des Ponts et Chaussées de Paris, le buste de Jean Romanette sur sa tombe au cimetière de Clamart, une grande statue à Leucate dans l’ Aude de Francoise de Cezelli qui autrefois résista aux attaques espagnoles et sauva sa ville, un buste d’homme se trouve fort naturellement au musée des Augustins de Toulouse, enfin bien d’autres dont la magnifique statue en marbre blanc qui était dans l’atelier de GEORGES GUIRAUD à Paris, celle-ci est venue à Toulouse quelques temps après son décès à Paris. Il sera ensuite inhumé chez son épouse dans le petit village de Saint Hilaire du Temple dans la Marne. Mes cousins parisiens avait mis la statue en salle des ventes à Toulouse, pensant que la vente serait meilleure dans son pays natal. C’est ainsi qu’à ma grande et heureuse surprise, j’ai pu la retrouver, l’acquérir et depuis j’ai pu la conserver à Toulouse, juste retour de la vie, car c’était, selon mes cousins, la statue de ma mère.

Telle fut la superbe vie de GEORGES GUIRAUD qui comme tous les artistes, écrivains musiciens, peintres et sculpteurs laissent tant de magnifiques souvenirs à la Postérité.

Dr Jean-François GOURDOU
Secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc

Les médailles créées pour l’Académie du Languedoc

LES MEDAILLES DE L’ACADEMIE DU LANGUEDOC
de 1964 à 2000

            L’Académie du Languedoc a créé plusieurs médailles pour récompenser et honorer nos lauréats. Celles-ci sont remises aux lauréats des différents prix avec leurs diplômes et pour certains avec une récompense financière en particulier pour le grand prix de la ville de Toulouse et le prix PINEL Pierre FABRE.

Médaille de Clémence ISAURE créée par le graveur MONTANE associée au prix annuel de Clémence ISAURE à Paris et à Toulouse. Elle représentait la tête de Clémence ISAURE de face au milieu de la croix du Languedoc. Elle était portée en collier et sautoir avec le cordon rouge du Languedoc pour les séances officielles.

Médaille « PEGASE AILE » créée par le sculpteur graveur DECARIS en 1965 au début de l’Académie du Languedoc associée au prix Maurice MAGRE décerné tous les trois ans.

Médaille Carlo SARRABEZOLLES créée en 1974 pour le prix de sculpture décerné tous les deux ans.

Médaille ORPHEE créée en 1976 par le sculpteur graveur COUDRAY associée tous les deux ans au prix de musique Déodat de SEVERAC.

Médaille du Monde Latin créée par le professeur Marcel BAICHE.

Médaille MINERVE ASSISE créée en 1976 par le sculpteur graveur BRENET associée tous les ans au grand prix littéraire de la ville de Toulouse.

Médaille GOUDOULI de Langue d’oc deux médailles créées, une par le sculpteur DUPRE (modèle Inspiration) et une autre par le sculpteur Georges GUIRAUD 1er grand prix de Rome, associées tous les deux ans au prix GOUDOULI de poésie.

Médaille APPOLON dite médaille de l’Académie du Languedoc créée en 1978 par le sculpteur Georges GUIRAUD grand prix de Rome pour récompenser tous les membres actifs de l’Académie du Languedoc. Elle était décernée tous les ans aux nouveaux Académiciens.

Médaille prix Renée ASPE  créée par Georges GUIRAUD, 1er grand prix de Rome, associée au prix annuel de peinture Renée ASPE.

Médaille d’Ernest GEORGES LANNES créée par François Régis GASTOU en hommage à notre secrétaire perpétuel fondateur.

Médaille Marie CURIE et BECQUEREL créée par les académiciens Guy PORTAL et J.P BUFFELAN-LANORE associée au prix scientifique.

Médaille Philippe PINEL créée en 1998 par le Docteur Henri COUSSE associée au prix annuel Philippe PINEL du Laboratoire Pierre FABRE.

Médaille Philippe FORE créée en 2000 par le sculpteur Philippe FAURE titulaire du 27ème fauteuil. Comme l’Académie du Languedoc avait en 1998 restitué « Clémence Isaure » à l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, elle ne pouvait plus utiliser la médaille de Clémence Isaure.
La médaille FORE la remplaça alors en reproduisant le donjon du Capitole de Toulouse sur la branche haute de la croix du Languedoc. C’est elle qui est portée maintenant, toujours en sautoir pour les séances officielles par les académiciens du Languedoc.

Gratien LEBLANC

Gratien Leblanc (1904 – 1993)
————–

 

Gratien LEBLANC

Né à Castres en février 1904, au gré du cheminement de son père ingénieur à la compagnie des chemins de fer du midi.

Sa famille était d’origine picarde, moyenne bourgeoisie, propriétaires terriens et officiers ministériels.

Lui, opta pour la carrière de professeur où il s’illustra au plus haut niveau pendant plus de 40 ans, de 1928 à 1969.

Arrivé à Toulouse en 1909, il suit le cursus traditionnel à Fermat jusqu’au baccalauréat en 1922, puis étudiant à la faculté des lettres 1922-1928, il est attiré par l’histoire, la géographie et l’art ; agrégé d’histoire (1928). Diplômé d’archéologie, il présenta au D.E.S (diplôme études supérieures) un mémoire (225 pages) sur la géographie de Toulouse.

Après 7 ans à Carcassonne, il enseigna en lettres supérieures à Fermat, dans les classes préparatoires :

  • Institut agronomie
  • Ecoles agricultures
  • Ecole Saint Cyr…
  • Mais aussi à la faculté de lettres et titulaire de la chaire d’histoire de l’art à l’école d’architecture.

Enseignant remarquable, passionné, mais rigoureux, il prônait la dissertation en 3 parties !

Officier des palmes Académiques (1970),
Chevalier de la légion d’honneur.

Il a laissé de remarquables écrits sur les abbayes cisterciennes. Il étudia les abbayes de l’ordre de Cîteaux, Bonnefont, Berdoues, Goujon et Gourdon. En outre il publia sur le labyrinthe de la cathédrale de Mirepoix et les Granges de Lassale, Foncalvi.

Il avait eu comme professeur le savant historien Léon Dutil, dont il fit l’éloge funèbre en 1980.

Un ouvrage sur la vie à Toulouse, il y a cinquante ans, paru en 1978.

A propos du médailler de l’Académie, une étude « le petit paysan et ses 60 000 pièces d’argent ».

Son enseignement, ses écrits, surtout des articles consacrés au patrimoine, sont la base d’un engagement pour sauvegarder ce patrimoine ; Comme ce fut le cas pour des remparts avec les 4 tours du faubourg Saint Cyprien (suite en 1985 à son article de 118 pages).

Dès l’âge de 22 ans, il s’est impliqué dans la défense du Pont Neuf et de l’Hôtel Dieu ; il a plus tard contribué à la restauration de la façade de l’Hôtel Dumay, pugnacité pour l’aménagement de l’ancien hôpital Larrey, il s’engagea dans la défense de Saint Sernin…

Dans le monde associatif plus particulièrement pendant sa retraite ; il a œuvré et présidé les 3 grandes associations toulousaines.

  • Les Toulousains de Toulouse, Membre en 1942
  • Académie des Sciences Belles-Lettres, président de 1978 à 1980
  • Société archéologie titulaire 1949, directeur de 1959 à 1988 et président de 1988 à 1990

Sa vie est imbriquée très largement à Toulouse, cette ville où il a étudié, enseigné, vécu, contribué à la vie culturelle et surtout obtenu des succès dans la difficile préservation du patrimoine.

Cet homme malicieux, mais affable, s’est engagé jusqu’à la fin en 1987, lors du creusement de la station de métro Capitole, il intervint pour sauvegarder une tour et l’enceinte.

La ville de Toulouse a bénéficié de ses actions  merci à lui !

Il s’est éteint le 21 Décembre 1993, dans sa maison au 14 Rue Franc où il habitait depuis son mariage en 1929, avec Marie-Louise Sérié, dont le père était Maire de Tréziers, près de Mirepoix.

L’Académie du Languedoc perpétue son souvenir en attribuant depuis 2000, un prix d’histoire Gratien Leblanc.

Dans les quartiers où il a contribué largement à sauvegarder des vestiges culturels, la ville pourrait baptiser une rue Gratien Leblanc, pour perpétuer son souvenir.

Henri COUSSE
Président de l’Académie du Languedoc.

André GASTOU

André GASTOU (1911 – 2016)
Poète  et  Artiste-Peintre  du  Languedoc

Vie privée

Né à Gaillac dans le Tarn le 23 Décembre 1911 .
Marié avec Augustine, fille de Jean AMIEL, écrivain et journaliste dans le département de l’Aude.
Père de deux enfants : François-régis et Régine-Marie .
Il vit à Toulouse depuis sa prime enfance et fait ses études (Ecole BERTHELOT 1925) dans cette même ville.
Il a vécu, jusqu’à son décès en 2006, dans la résidence qu’il avait fait construire en 1954 donnant sur les bords de la Garonne, 248 avenue de Muret à TOULOUSE, dans le quartier Saint-Cyprien.

Sa vie professionnelle

Elle s’est déroulée également à TOULOUSE. Professeur de mathématiques financières des comptables de Toulouse – Chargé de cours à l’Ecole Pratique de Représentation de la Chambre de Commerce de Toulouse  Cadre de  Banque & Directeur de Sociétés.

Sa vie artistique

Il  s’intéresse très jeune à la culture artistique notamment à l’écriture et à la peinture .

Poète : Il édite en 1978 et 1979 deux fascicules :

« Flammèches » : comprenant 26 sonnets et 18 poèmes (886 vers).
« Mosaïques «  :  de 9 sonnets et 20 poèmes (soit 997 vers).

En 1990 , il rassemble dans un recueil intitulé:  » Flammèches«  (éditeur LACOURT à Nîmes) une importante compilation de ses écrits , fables, odes, nouvelles, assortie de 77 poèmes .
Le 3ème recueil « Epis d’or »  est resté inachevé.
Il a écrit une pièce de théâtre en deux actes « Le Guêpier »

Il est membre de nombreuses sociétés littéraires et académiques:
Société des Poètes et Artistes de France (S.P.A.F) – Le Midi chante – Jeux Floraux du Quercy – Sentiers Poétiques – Académie de la Pensée Française – Il est membre actif de l’Académie Gauloise et du Club des Artistes du Languedoc. Membre de la SACEM – Auteur- Compositeur.

Félibrige: Maintenance du Languedoc.
Ses œuvres poétiques ont paru dans diverses publications comme : l’Ancien de la Banque Paris – Caisse Haussman Paris – Agri-Sud Echanges -« Cartophilie et Affiches » –
« La Forêt des Mille Poètes » et « L’OIE de St Cyprien ».

Les prix obtenus sont nombreux:

S.P.A.F ( délégation Midi-Pyrénées) . Prix d’Honneur du sonnet  » Tristesse » – « A l’ombre des Cyprès »- » Le Monastère » .
LE MIDI CHANTE: médailles pour « la Rose Rouge » (sonnet) et  » l’Ange indicateur(poème) ».
LES POETES DU QUERCY:  Prix de la Fourdone diplôme d’excellence pour » le Temps » ( sonnet).
Premier prix des Gloires de la Province des Cadourgues pour un sujet imposé « GAMBETTA ».
ACADEMIE DE LA PENSEE FRANCAISE: 3ème prix de la nouvelle pour  » Les Marginaux ».
ACADEMIE GAULOISE: XVIème Jeux de l’Humour: Prix Louis Chancel – sonnets humoristiques classiques: une mention avec « Le Lord ».
SENTIERS POETIQUES: Jeux floraux des Lauriers d’Or 1976: une mention Fleur de Lilas  « Souvenir Printanier »  poèmes.
PRIX DE L’ACADEMIE DES JEUX FLORAUX DE TOULOUSE.
Lauriers d’or de la SOCIETE des POETES et ECRIVAINS REGIONAUX et 1er œillet pour « Ode à la liberté ».
Il correspondait régulièrement avec de nombreux écrivains dont l’académicien Jean d’ORMESSON.

Artiste-peintre : Il pratique la peinture de chevalet dans diverses disciplines,  la peinture à l’huile, la gouache et l’aquarelle ainsi que l’encre de chine. Il s’est souvent distingué comme artiste peintre paysagiste et animalier. Nombreuses expositions au Salon des Artistes Occitans à TOULOUSE, au Salon des Artistes Indépendants  – Grand Palais à Paris, au Casino de Pau et plusieurs expositions personnelles.

Il laisse derrière lui une importante œuvre artistique tant dans le domaine littéraire que dans celui des arts plastiques.

Distinctions

Chevalier dans l’Ordre National du Mérite
Officier dans l’ordre des Palmes Académiques
Grand officier médaille d’Or dans l’Ordre de l’Etoile Civique
Chevalier dans l’Ordre du Mérite et Dévouement Français
Commandeur dans l’ Ordre du Monde Latin
Médaille du Travail
Croix du Mérite Belgo-Hispanique
Médaille d’Or des Œuvres Sociales de la Société d’Encouragement au Bien.
Médaille d’Or de l’Académie des Sciences Humaines et Relations.

Activités sociales

Président de la section Haute-Garonne AGEFOS PME MIDI-PYRENEES ATLANTIQUE
Administrateur ASSEDIC Toulouse Midi-Pyrénées
Vice Président de l’amicale des anciens élèves de Berthelot
Membre de l’association des comptables de la ville de Toulouse
Ecole d’organisation scientifique du travail – Paris
Délégué consulaire C. C. I Toulouse.
Membre du centre culturel CERVANTES

De 1978 à 2006 il a été Secrétaire Général – Censeur de l’Académie du Languedoc.
Vice-président du Centre Midi-Pyrénées des Relations Publiques.

Il est décédé à Toulouse le 20 Février 2006 à l’âge de 95 ans .
Dans sa maison située en bordure de la Garonne, il avait installé son atelier de peinture et il écrivait ses poèmes sur sa grande terrasse donnant sur le fleuve tout en écoutant le chant des oiseaux de son jardin.

Cette maison 248 avenue de Muret et son jardin après acquisition par la Smat en 2010 ont été démolis en Février 2012, avec l’arrivée du tramway, en vue d’aménager un passage piétonnier donnant accès de l’avenue de Muret à la digue de la Garonne.

A la suite de la réalisation du passage sur l’emplacement de la propriété, celui-ci a été inauguré et appelé « Passage André GASTOU » le 21 mai 2016.

Renée ASPE

Renée ASPE (1922- 1969)
Artiste-peintre toulousaine (54ème fauteuil)

C’est le dimanche 03 décembre 1922 qu’est née Renée ASPE à Toulouse.

Renée ASPE
Renée ASPE à son atelier

Son père dirige une agence immobilière et sa jeune maman, mère au foyer, est chargée de son éducation et de celle de son frère aîné Pierre. Elle traverse une enfance heureuse et poursuit normalement ses études comme tous les enfants de son âge. Adolescente, elle va pratiquer très tôt « l’école buissonnière ». Viviane sa mère, décide d’inscrire dès 1936, sa fille Renée très éveillée, à l’école des Beaux Arts de Toulouse, pour suivre les cours de cette institution municipale  située sur les quais, aux bords de la Garonne. Elle quittera l’école en 1939 et devient l’élève à Paris d’André Lhote et de Souverbie.

C’est la découverte pour cette jeune étudiante du monde artistique dont elle va saisir très rapidement tous les tenants. Elle dessine merveilleusement bien et adore peindre avec des couleurs chaudes et chatoyantes.

Je vous propose  de vous faire découvrir succinctement son parcours artistique à travers ses nombreuses  expositions:

En 1942 elle présente ses dessins à Toulouse au Musée des Augustins « Salon d’Art Contemporain ».

En 1943 Paris découvre ses travaux et le célèbre Raoul Dufy en visitant l’exposition dira sur une toile de Renée: « C’est vraiment de la très jolie peinture ».

1944 – Renée ASPE expose au Salon des  Artistes Méridionaux à Toulouse ainsi que dans 7 galeries différentes.

1945 – Exposition à la Galerie Chappe-Lautier rue de la Pomme à Toulouse.

1946 – Exposition à la Galerie Œuillet rue des Arts à Toulouse.

1947- Exposition sur la Côte d’Azur. C’est un feu d’artifice de couleurs et de teintes chaudes. L’État lui achète une œuvre pour la Sorbonne.

1948 – Exposition au Salon d’Automne à Paris.

1949 – Exposition à Toulouse au « Salon des Artistes Méridionaux ». L’artiste participe à de nombreuses expositions consacrées notamment aux femmes Artistes peintres et Sculpteurs.

Cette même année elle part peindre à Prades dans les P-O.

1950 – Présentation de ses toiles dans le déambulatoire du Cirque Rancy .

1951 – Elle met son talent au service de la Foire annuelle de Castres.

1953 – Elle organise chez elle dans son atelier rue St Antoine du T une exposition sur « L’Espagne  » reflétant toujours cette sensibilité très aigüe dans les sujets abordés.

1954 – Exposition à la Galerie Œuillet à Toulouse.

1955 – L’artiste prépare une importante exposition à la Galerie « Mirador « à Paris.

Pour le cinquantenaire des Artistes Méridionaux, elle est reçue comme une artiste reconnue sur le plan national. Elle voyage beaucoup en Hollande et en Allemagne du Nord.

Elle devient comme l’écrit Yves Bro son ami et confident une « artiste consacrée ».

1956 – Elle revient de Belgique avec de magnifiques dessins. Elle expose à Castres chez Lucien Granier où elle présente ses œuvres réalisées sur faïence, porcelaine et sur verreries.

1957 – Elle réalise l’affiche pour la Foire de Toulouse qui se déroule au Parc Toulousain.

Elle part pour la Galice et visite le Portugal, l’Espagne la Suisse et l’Allemagne. Renée devient une ambassadrice de l’Art à travers ses œuvres attrayantes et très colorées.

1958 – Renée part pour la Tunisie après un séjour à Palavas où elle peint et dessine.

1959 – Après son retour de l’Afrique du Nord, elle expose ses œuvres à Paris, elle participe au grand Prix de New York où elle obtient le 2ème prix. Elle va désormais exposer en Amérique. Renée Aspe devient une « Grande Dame de la Peinture« .

Elle expose une fois de plus à la Galerie du Taur et ensuite au 98 ème Salon de la ville de Versailles.

1960 – Elle revient toujours à son port d’attache Toulouse et la Galerie du Taur. Elle créée aussi l’affiche pour la « Quinzaine des Arts Ménagers » de Toulouse.

1961 – Exposition à la Galerie Chappe 32 rue de la Pomme, la plus ancienne de France avec comme thème « Vacances 61 ». Elle présente aussi ses œuvres à Béziers et à Montpellier.

1962 – Renée ASPE part pour Paris ou elle possède un petit appartement, une merveille de décoration comme dit Yves Bro. Elle est devenue depuis « décorateur agréé de la ville de Paris ».

1963 – Les frères Lafont, propriétaires de la Galerie du Taur, sont heureux de recevoir et de présenter une fois de plus ses travaux réalisés au cours  des deux dernières années.

Renée ASPE conçoit pour le président Jary, l’affiche pour la « Première Quinzaine de l’Occasion de l’Occasion » qui deviendra l’année après : « Exposition des Antiquaires » et ensuite le « Salon des Antiquaires ».

Cette année là, elle rencontre un homme qui va prendre une grande place dans sa vie et qui va lui offrir toute la bonté et toute l’attention que cette artiste est en droit de recevoir. « Cet homme possède un tempérament calme et doux qui en impose à l’explosive artiste. Son talent trouve là une extériorisation nouvelle, une incitation au mieux faire encore » comme l’écrit Yves Bro.

1964 – Avec l’homme de sa vie, ils partent découvrir le Mexique et toutes les belles villes de ce pays. Elle peint énormément aussi bien les marchés très colorés que les petits cimetières sympathiques. Puis, le temps de retrouver à Toulouse ses amis, son atelier y déposer ses souvenirs glanés au fil de ses périples, Renée repart pour Sète, Barcelone, Marseille, Paris et  Toulouse.

Elle part au Portugal où elle va vivre intensément le tournage du film « Le plus Grand Cirque du Monde ». Elle rencontre les grands artistes, les acteurs, les machinistes et tout le petit monde du cirque et du cinéma.

Cette même année, elle décore une élégante soirée au Palais Consulaire de Toulouse.

1965 – Renée visite encore l’Espagne elle est invitée à Barcelone. Elle peint aussi au centre de Toulouse le plafond polychromé de l’antiquaire Marcelle Galia (Mécène toulousaine, propriétaire de 2 cinémas, « Le GALIA », rue Montardy et « Les Nouveautés » sur les boulevards ainsi que de la discothèque « La Plantation »).

1966 –  Elle circule toujours dans notre Midi, Sète, Montpellier, Toulouse.

1967 – Renée est heureuse, reconnue et indépendante elle mène sa vie comme elle l’entend. Elle peint et expose ses œuvres en France et à l’étranger. Elle expose à la Galerie Chappe.

1968 – Toujours en déplacement, elle part au Maroc elle ramène de belles toiles. Elle expose une fois de plus à la Galerie du Taur à Toulouse.

1969 – Elle signe un contrat pour l’Amérique. Elle présente ses toiles à Brest et prépare  pour novembre sa prochaine exposition à la Galerie du Taur.

Mais la maladie sournoise du siècle s’est abattue sur l’artiste depuis quelques mois. Renée lutte avec beaucoup de courage. Mais hélas dans la nuit du mercredi 17 septembre 1969, elle quitte tous ses Amis et garde sur ses lèvres toujours son beau sourire.

Elle était mon ainée de vingt ans, j’ai toujours admiré son Art, sa joie de vivre et sa bonne humeur. Nous nous rencontrions souvent en fin de journée à la Galerie du Taur où Renée arrivait les bras chargés de dessins et de gouaches, les uns plus séduisants que les autres et nous parlions peinture. Dans cette atmosphère amicale et chaleureuse, tout était dit en franc parler; chaque mot caractérisant avec précision la critique, parfois influencée de chauvinisme régionaliste.

C’est à titre posthume que Renée ASPE a rejoint notre Compagnie en 1979 au 54ème fauteuil, parrainée par Charles Hartig et Yves Bro, alors vice-présidents et Ernest Georges Lannes, Secrétaire Perpétuel. Renée ASPE fait partie des artistes peintres de l’Ecole Toulousaine.

J’ai été installé dans ce même 54ème fauteuil, le vendredi 22 février 1980 au Palais Consulaire de Toulouse.

François-Régis GASTOU.
Secrétaire Général de l’Académie du Languedoc.

Bibliographie : Renée ASPE par Yves BRO préface de Jean CASSOU – 1970.
Renée ASPE « Les couleurs de la vie » – Monique PUJO-MONFRAN – Imp. AGP 1999.
« Affiches et Histoire de Toulouse » sous la direction de François-Régis GASTOU- 2005