Georges Guiraud

GEORGES GUIRAUD
1901 – 1989

GEORGES GUIRAUD FUT UN GRAND SCULPTEUR, GRAVEUR DE MEDAILLES ET PEINTRE FRANCAIS du début du XXe siècle. II fut GRAND PRIX DE ROME de médaille et cofondateur de l’Académie du Languedoc en 1965 depuis le prix de sculpture porte son nom.

Georges Guiraud est né le 5 aout 1901 au sud de Toulouse dans la commune du Cabanai, Haute Garonne, près de Caraman au château de Gouyres, superbe manoir à tourelle pointue située sur une colline du Lauragais donnant au printemps une magnifique vue sur les blanches Pyrénées.

Cette ancienne demeure d’un grand domaine agricole venait de notre famille, en effet Georges Guiraud était le proche cousin de mon père le Docteur Joseph Gourdou.

Très tôt Georges Guiraud eu la vocation des Arts, d’une part par un don inné, mais d’autre part par atavisme familial, son père Officier de l’Instruction Publique était aussi Peintre Enlumineur.

Georges Guiraud fit ses études au lycée Fermat de Toulouse et devint élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Toulouse puis ensuite de Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de PARIS où il fut l’élève du sculpteur Jean Boucher.

Dès lors il collectionna les prix : en 1923 le deuxième prix de gravure en médaille, puis en 1926 le premier Grand prix. Il fut aussi primé au salon des artistes français de Paris où il reçut en 1924 la médaille de bronze et en 1930 la médaille d’or. En 1926 il réalisa une superbe médaille, dénommée « le pêcheur attaqué par une pieuvre » qui lui valut de gagner le Grand Prix de ROME dès lors s’installa pensionnaire à la Villa Médicis de Rome de 1927 à 1930.

A son retour il s’installa à Paris dans un atelier de l’ancienne cité des artistes au numéro 77 de l’avenue Denfert-Rochereau. Cette cité était très connue car elle avait accueilli plusieurs personnages célèbres dont Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeau, Frédéric Chopin, Georges Sand et plus récemment le sculpteur Paul Belmondo.

Il travailla alors avec la Monnaie de Paris et en 1942 il fut nommé peintre et graveur officiel du ministère de la marine.

J’ai eu le plaisir de rencontrer Georges Guiraud qui venait souvent chez lui à Gouyre et à Toulouse en visite chez mes parents, un jour j’avais sculpté une petite sainte vierge en pierre de grés, voyant cela Georges me dit que j’avais la vocation artistique et m’invita à continuer la sculpture avec lui à Paris, mais mon atavisme fut le plus fort et je devint médecin, toutefois ensuite j’ ai choisi la chirurgie qui en fait est un travail de la main, comme la sculpture, soit l’accomplissement du vœu de Georges Guiraud. J’allai aussi le voir à Paris dans son atelier qui était merveilleux, un vrai atelier d’artiste encombré de multiples statues en plâtre, terre, marbre, bronze, terminées ou en cours de réalisation et en particulier j’étais très admiratif d’une très belle statue, presque grandeur nature, d’une jeune femme en marbre blanc de carrare, qu’il souhaitait conserver !

Mon oncle me disait alors qu’il avait vécu une période extraordinaire, une période mégalithique, soit une période où les hommes lèvent des pierres pour réaliser des monuments, depuis les dolmens et les menhirs jusqu’aux monuments actuels. Ainsi après les deux guerres mondiales il eut beaucoup de commandes pour sculpter de nombreux monuments aux morts et de nombreuses médailles commémoratives.

Lo 30 octobre 1987 sur la proposition de mon parrain Georges Guiraud j’ai eu l’honneur d’être installé au 25 -ème fauteuil, de l’époque, de l’Académie du Languedoc dans le foyer du Théâtre du Capitole de Toulouse par Ernest Georges Lannes, secrétaire perpétuel, Marcel Baiche, André Gastou et Georges Guiraud.

Malheureusement par la suite après son décès à Paris le 12 mai 1989 à 88 ans, l’immeuble de la cité des artistes de Paris fut rasé, la cité fut supprimée, l’immeuble reconstruit dans un style moderne, toutefois bien après à l’occasion d’une nouvelle visite j’ai eu la surprise de constater que derrière une grande façade moderne, l’architecte avait eu la bonne idée de conserver uniquement l’atelier de G. GUIRAUD qui existe ainsi toujours.

 

GEORGES GUIRAUD FUT SURTOUT CELEBRE COMME SCULPTEUR GRAVEUR DE MEDAILLES, travaillant pour cela en grande partie avec la Monnaie de Paris, pour l’état français, mais aussi pour des sociétés, des associations et même des particuliers. Il réalisa plus de 300 médailles dit-on, personnellement j’ ai pu en collectionner un peu plus d’une centaine,ce qui est déjà notable et j’ai pu en offrir une partie à la mairie du CABANIAL de son village natal,où il avait réalisé là aussi une sculpture, déjà novatrice en résine, sur la façade d’entrée.

LA MEDAILLE LA PLUS CELEBRE FUT LA MONNAIE DE LA QUATRIEME REPUBLIQUE des années de 1950 à 1958. Il existait encore en circulation le modèle plus sévère du graveur Turpin du gouvernement provisoire de 1947. La monnaie GEORGES GUIRAUD est une belle et fine monnaie en bronze- alu, jaune brillant, il existait des modules de 10 Fr, de 20 Fr, de 50 Fr, et un essai de 100 fr cette dernière pièce resta un essai frappé à 50 exemplaires, l’état préférant un billet à une pièce pour 100 francs, depuis elle est fort rare et très recherchée. La pièce G. GUIRAUD présente du côté de l’avers la tête d’une jeune et jolie Marianne en profil gauche symbolisant la République et du coté revers un coq gaulois avec l’unité en francs et le millésime de chaque années. Ces monnaies furent frappées en très grand nombre, à plus de 2 millions d’exemplaires, mais certaines sont devenues rares et sont très recherchées par les numismates, avec un prix élevé pour les rares variétés de frappe, notamment en fonction de la date d’émission et surtout du nombre de plumes de la queue du coq.

LA MEDAILLE D’HONNEUR DES CHEMINS DE FER EN 1953 fut sa deuxième célèbre médaille. Cette médaille fut créé par décret ministériel du 19 aout 1913 pour récompenser les salariés cadres et employés des chemins de fer de France, d’outre-mer et du monde. Il y a eu deux premiers modèles en 1913 et en 1939, ensuite GEORGES GUIRAUD gagna le concours de 1953 et celui de 1977, cette médaille est toujours largement distribuée depuis maintenant 107 ans dont 67 ans pour celle de G. GUIRAUD. La médaille, en argent ou en or, au ruban bleu blanc rouge, est ronde avec à l’avers une belle Marianne de profil gauche et au revers deux locomotives.

LA MEDAILLE DE L’ASSEMBLEE NATIONALE EN 1956. GEORGES GUIRAUD fut encore célèbre en gagnant le concours organisé à chaque Mandature des Députés par le Bureau de l’Assemblée auprès de la Monnaie de PARIS. Chaque Député depuis 1789 en a une gravée à son nom, servant autrefois de pièce d’identité, il en dispose de quelques autres pour honorer quelques personnes. La médaille représente à l’avers une belle Marianne au bonnet phrygien de profil gauche et au revers la sculpture du devant de la tribune de l’Assemblée Nationale, avec un espace pour le nom du bénéficiaire.

LES MEDAILLES DE MARINE G. GUIRAUD était devenu en 1942 médailler de la marine. Aussi à l’occasion de chaque lancement d’un vaisseau il réalisait une médaille commémorative et un Tape – Bouche canon fixé à l’extrémité d’un canon, qui était enlevé au moment de l’inauguration du navire de guerre.Il réalisa ainsi les médailles de nombreux navires : les croiseurs, Gloire, La Marseillaise, Georges Leygues, le cuirassé Richelieu, les porte -avions Bois Belleau, Arromanches, Lafayette, Clémenceau, le navire de ligne J.Bart, plusieurs sous- marin, le paquebot ville de Marseille, et des pétroliers de la société ESSO pour lesquels il réalisa d’ immenses proue de navire.

LES MEDAILLES DE L’ACADEMIE DU LANGUEDOC. En 1965 G. GUIRAUD fut membre titulaire au 8 -ème fauteuil, de l’époque fondateur créateur de l’Académie du Languedoc à Paris et à Toulouse, aussi il réalisa encore plusieurs médailles pour la région Toulousaine, la médaille de la mairie Toulouse, la médaille de la CCI, la médaille du Tribunal de commerce, la médaille de la foire de Toulouse, la médaille du lycée Fermat, et surtout la médaille en collier de l’Académie de Languedoc avec la tête de CLEMENCE ISAURE et la médaille à ruban de l’Ordre Latin, puis deux autres médailles pour des prix, celle de Renée Aspe, artiste peintre et Goudouli ancien écrivain languedocien, de plus il dessina le diplôme des prix de l’Académie, qui est toujours utilisé.

LES MEDAILLES DE PERSONALITES.G. GUIRAUD réalisa aussi de nombreuses médailles pour un très grand nombre de personnalités à l’occasion d’un anniversaire ou d’une commémoration, d’une part pour des anciennes célébrités comme Montaigne, le Nostre, Alexandre Dumas, Rouget de l’Isle, Charles Perrault… et d’autre part pour des plus récentes de l’ époque comme l’amiral Darlan, le Maréchal Leclerc, Philippe Guinier, Pierre Devambéze, le général de Gaulle, Max Hymans…, et des académiciens Georges Male, Auguste Chevalier, Louis de Broglie ….

LES MEDAILLES DES SPORTS,, INSTITUTIONS, OUTRE MER. G. GUIRAUD créa plusieurs médailles pour la course, le ski, le hockey sur glace.il fit aussi de nombreuses autres médailles pour, l’agriculture, le commerce, la botanique, la télévision, la musique, le cinéma … et plusieurs médailles pour l’Outre-mer, les Nouvelles-Hébrides, la Réunion, Les Antilles, Cuba, Tahiti, à l’occasion de voyages lointains.

 

 

LES GRANDS MONUMENTS DE PIERRE. GEORGES GUIRAUD était aussi sculpteur sur pierre, réalisant de grandes œuvres du type monuments aux morts, le plus célèbre est celui de Saint-Gaudens dit des trois maréchaux de la guerre 14- 18, Foch, Gallieni et Joffre. Georges Guiraud me disait qu’ il pouvait sculpter tous les généraux et maréchaux de la guerre 14- 18 les yeux fermés tellement il en avait l’habitude. Ce magnifique monument sur la promenade face aux Pyrénées a malheureusement été vandalisé en 2018, les tètes des trois maréchaux ont été décapitée, fort heureusement elle sont restées sur place et purent être réparées. On peut citer d’autres monuments, le grand et célèbre mémorial de la Résistance à Chasseneuil sur Bonnieure, le monument à René Dupray de la Mahérie à Pervenchéres,. Et plus près de nous le monument à Déodat de Séverac à Villefranche-de lauragais et le monument aux morts de saint FELIX. IL eut aussi des commandes à l’extérieur à l’outre-mer, il réalisa le monument de Félix Éboué à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe et le monument de Raphaël Babet à Saint Joseph de la Réunion,

GEORGES GUIRAUD SCULPTA ENCORE DES STATUES.On citera la statue de Notre Dame de France dans la nouvelle église de Juvisy sur Orge, le buste d’André Blondel à l’Ecole des Ponts et Chaussées de Paris, le buste de Jean Romanette sur sa tombe au cimetière de Clamart, une grande statue à Leucate dans l’ Aude de Francoise de Cezelli qui autrefois résista aux attaques espagnoles et sauva sa ville, un buste d’homme se trouve fort naturellement au musée des Augustins de Toulouse, enfin bien d’autres dont la magnifique statue en marbre blanc qui était dans l’atelier de GEORGES GUIRAUD à Paris, celle-ci est venue à Toulouse quelques temps après son décès à Paris. Il sera ensuite inhumé chez son épouse dans le petit village de Saint Hilaire du Temple dans la Marne. Mes cousins parisiens avait mis la statue en salle des ventes à Toulouse, pensant que la vente serait meilleure dans son pays natal. C’est ainsi qu’à ma grande et heureuse surprise, j’ai pu la retrouver, l’acquérir et depuis j’ai pu la conserver à Toulouse, juste retour de la vie, car c’était, selon mes cousins, la statue de ma mère.

Telle fut la superbe vie de GEORGES GUIRAUD qui comme tous les artistes, écrivains musiciens, peintres et sculpteurs laissent tant de magnifiques souvenirs à la Postérité.

Dr Jean-François GOURDOU
Secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc