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26-01-28 Installation D. DELPIROUX

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Installation au 30e fauteuil de l’Académie de

Dominique DELPIROUX
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Installé par Michel CARRIER Président de l’Académie 

Monsieur le maire,
Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Monsieur le secrétaire général,
Mesdames et messieurs les Académiciens,
Mesdames et messieurs, chers amis,

Aujourd’hui Monsieur Dominique DELPIROUX est installé au 30e fauteuil de notre Académie. C’est le regretté Henri COUSSE, mon prédécesseur en tant que Président de notre association, qui avait fait son éloge de présentation lorsqu’il a été nommé membre associé le 30 novembre 2018.

Dominique Delpiroux, vous êtes né à Strasbourg pendant l’hiver le plus froid de ces 100 dernières années :1956. Votre père vous a entrainé dans ses pérégrinations de commissaire de police et c’est à 15 ans que vous êtes devenu languedocien. Etudes secondaires au Lycée Berthelot, Licence et maîtrise en droit public obtenu en 1979 à la faculté de droit de Toulouse, vous êtes prêt pour la vie professionnelle.

Je ne reviendrai pas sur tous vos engagements parallèles à vos études : moniteur, économe et directeur de centre de loisirs, surveillant de cantine à Toulouse, surveillant d’internat à Cahors puis à Luchon, etc, etc… pour enfin être embauché comme stagiaire le 1 juillet 1979 à La Dépêche du Midi ; embauche qui se concrétisera le 1er décembre de la même année par un CDI.

Vous avez alors gravi tous les échelons jusqu’à obtenir le titre de grand reporter en 2017. Vous avez parcouru le monde : Canada, Sénégal, Liban, Pologne, Ecosse, Tunisie, Algérie, Belgique, Catalogne….et la liste n’est pas exhaustive.

Aujourd’hui, malgré la retraite, vous continuez en tant que pigiste à faire vivre vos éditoriaux qui sont toujours lus et appréciés par vos lecteurs.

En effet, vous ne faites pas parti de ces éditorialistes moralistes et dans ce monde ou le buzz l’emporte trop souvent sur le sens vous préférez ouvrir les portes de la réflexion.

Devant votre capacité de travail, certains jaloux affirmeraient que vous seriez capable d’écrire un éditorial complet avant même que votre café n’ait fini de couler. A mon sens ce n’est pas le café mais le travail qui se cache derrière votre rigueur et votre humanité car l’actualité est une drôle de maîtresse, elle impose chaque jour la quête de l’information du moment, celle qui est cachée ou celle qui doit être démêlée.

Mais vous avez deux facettes à votre journalisme et au cas où nous ne l’aurions pas compris, La Dépêche du Midi nous le transmet par un éditorial vertical sérieux, documenté, social, voire politique puis un autre, le dimanche, horizontal, dans lequel vous nous faites part de toutes vos remarques humoristiques. Mais quel travail de recherche, d’observation, de rapprochements, de mise en forme. Au final quel talent !

L’attachement de Dominique Delpiroux à notre Languedoc n’est pas un simple vernis de façade, il en connait sa géographie et son peuple, ses accents et ses colères, ses enthousiasmes et ses contradictions, ses grandeurs et sa culture.

Son installation au fauteuil n°30 de l’Académie du Languedoc apparaît dès lors comme une évidence. Nous reconnaissons en lui non seulement le journaliste mais également l’écrivain car, je ne l’ai pas encore dit, Dominique Delpiroux a écrit plus de 14 livres édités. Des romans policiers mais aussi une chronique illustrée des années 1900 « L’Aveyron autrefois » en collaboration avec Serge Bardy et même un scénario de bande dessinée « Alerte Ooxia » avec Jacques Lerouge.

Il est à la fois un passeur d’histoire, un interprète du Languedoc et (vous l’ignorez peut-être) un spécialiste des dinosaures.

A l’Académie il va rejoindre celles et ceux qui cherchent à maintenir au plus haut niveau la mémoire culturelle du Languedoc mais aussi à aider à l’éclosion et à la reconnaissance de tous les talents dont notre région peut s’enorgueillir.

Pour son parcours exceptionnel Dominique Delpiroux a été nommé chevalier dans l’Ordre des Palmes académiques et décoré le 8 juin 2023 dans cette même salle par notre Secrétaire perpétuel.

Son accession au fauteuil n°30 n’est pas seulement un honneur personnel : c’est un hommage rendu à une vie de travail, à une plume pertinente, et à un esprit profondément ancré dans le Languedoc. Nous ne doutons pas que sa contribution sera particulièrement bénéfique à notre belle Académie.

Applaudissons le nouvel Académicien.

26-01-28 Prix Fermat

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Grand Prix scientifique Pierre de FERMAT attribué à

Etienne BERTHIER
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Michel CARRIER Président de l’Académie 

Monsieur le Maire,
Monsieur le Secrétaire perpétuel,
Monsieur le Secrétaire général, mesdames et messieurs, chers amis,

Lorsqu’en 2002 j’ai accompagné Jean-Louis Etienne sur la banquise au Pôle Nord, Claude LORIUS, un des pionniers de la glaciologie, était avec nous. Il m’a confirmé que c’est en observant les mini bulles qui se dégageaient du glaçon fondant dans son whisky qu’il a pensé à étudier ces bulles susceptibles de fournir de nombreux renseignements sur l’atmosphère emprisonnée dans la glace.

 Et en 1984, une carotte de glace de 2000 m étudiée par l’équipe de Claude Lorius à Vostok en Russie permit de révéler la composition de l’atmosphère pendant les 150 000 ans précédant son prélèvement.

Monsieur Etienne BERTHIER, j’espère que, dans votre labo du CNRS, vous ne faites pas fondre vos carottes de glace dans le Whisky, si ce n’est pour d’autres raisons que scientifiques.

En effet Etienne BERTHIER est directeur de recherche au CNRS, au Laboratoire d’Études en Géophysique et Océanographie Spatiales plus connu à Toulouse sous l’acronyme de LEGOS et depuis plus de vingt ans, il met au service de la glaciologie une expertise rare : l’alliance du terrain et de la télédétection satellitaire, domaine dans lequel il est devenu une référence internationale.

Après de brillantes études secondaires, Etienne Berthier est entré à l’Ecole normale supérieure où il est devenu agrégé de Sciences de la Vie et de la Terre. C’est à Toulouse, à l’Université Paul Sabatier qu’il a obtenu son doctorat et son habilitation à diriger des recherches. Mais Etienne Berthier a beaucoup enrichi sa formation par des séjours à l’étranger. En effet, déjà de 2000 à2002 en tant que coopérant scientifique national en Bolivie, il a été responsable du réseau d’observation du glacier ZONGO dans les Andes tropicales. Après son doctorat obtenu en 2005, il part à Vancouver au Canada où il étudie l’évolution passée, actuelle et future des glaciers du Yukon en Alaska. Enfin de 2012 à 2013 il sera visiteur scientifique à Mendoza en Argentine pour étudier les glaciers des Andes en tant qu’inducteurs climatiques ainsi que leur rôle hydrologique.

À travers « Pléiades Glacier Observatory », collaboration étroite entre le CNES et le laboratoire LAGOS, Etienne BERTHIER a fédéré une communauté internationale, offrant à la science un outil d’une précision remarquable, et au monde un miroir fidèle de l’évolution de nos glaciers.

Avec plus de 140 articles publiés dans des revues internationales et un rôle d’éditeur dans « The Cryosphere » et « La Météorologie » Etienne Berthier est devenu un pilier reconnu de la glaciologie moderne.

Son travail est cité dans les plus grandes revues scientifiques (Nature, Science, Journal of Glaciology » et ses analyses sont régulièrement sollicitées par les médias pour expliquer les enjeux climatiques. C’est ainsi qu’il a participé : 

  • A des radios et télés : France info, BBC, Toulouse Mag, TV TLT, (en direct), Chaine parlementaire, 20h de TF1, etc…
  • Et à des journaux : Le Monde, Huffington Post, le Figaro, The Guardian…. Enfin il a été messager à bord du train du climat.

 

Pour tous ces travaux dont je n’ai pu en citer que quelques-uns, Etienne Berthier a reçu de nombreuses récompenses. Dans sa biographie on relève une distinction chaque année de 2005 à 2013 et de 2020 à 2025.

Mais en réalité Etienne Berthier, vous n’allez pas au laboratoire pour travailler, vous êtes un passionné de la glace, de ses variations, de ses modifications et des conséquences pour nous les humains et plus généralement pour la planète.

On raconte qu’étudiant, lors d’une de vos premières missions sur le terrain vous avez dit à vos collègues : » Ce qui me touche, ce n’est pas seulement la beauté des glaciers, c’est qu’ils racontent une histoire et qu’il faut apprendre à les lire. »

A travers la lecture des images satellites dont vous êtes devenu un expert, vous décelez très souvent ce que d’autres ne voient pas et cette capacité à trouver du sens dans l’infime est devenu une de vos signatures. Au-delà de ce travail de laboratoire, adepte du contact avec le terrain, vous continuez à marcher sur les glaciers au Népal ou ailleurs en fonction de vos recherches.

Étienne Berthier vous nous rappelez que la science n’est pas seulement une quête de vérité :
c’est une manière d’habiter la planète, de la regarder, de l’écouter, de la comprendre.

En observant les glaciers, vous observez notre avenir, en mesurant leur recul, vous mesurez notre responsabilité.

En vous attribuant le Prix Pierre de FERMAT 2025, l’Académie du Languedoc reconnait un chercheur qui sait unir la rigueur mathématique, la précision géophysique et la sensibilité d’un observateur du vivant.

Au nom de l’Académie du Languedoc, je suis heureux de vous remettre le Prix FERMAT 2025.

Réponse d’Etienne BERTHIER

26-01-28 Séance solennelle Salle des Illustres

ACADÉMIE DU LANGUEDOC

SÉANCE SOLENNELLE DU 28 JANVIER 2026

Salle des Illustres – Capitole


Merci aux tambours de La Gerbe d’Or

Entrée de l’Académie 

Ouverture de la séance par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel.

Allocution de M. Jean-Luc MOUDENC Maire de TOULOUSE, Président de Toulouse Métropole.

Membre d’honneur :

Monsieur André CABANIS par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel

Académiciens :

Madame Annette CUNNAC au 26e fauteuil par François-Régis GASTOU Secrétaire général

Monsieur Dominique DELPIROUX au 30e  fauteuil par Michel CARRIER Président de l’Académie

Membre associée :

Madame Marielle GAUDOIS par Georges BENAYOUN 23e fauteuil

Les Prix :

Grand Prix littéraire de la ville de Toulouse à Marie-Hélène NUNEZ présenté par Michel PORTOLA 31e fauteuil

Grand Prix scientifique Pierre de Fermat à Etienne BERTHIER  présenté par Michel CARRIER Président 33e fauteuil

Prix de peinture Henri Martin à Patrick CHANU présenté par Alain DREUILHE 20e fauteuil

Prix littéraire José Cabanis à Alain BEYNEIX présenté par Maryse CARRIER 52e fauteuil

Prix de musique Gabriel Fauré à Daniel LASSALLE présenté par Patrice de VIGUERIE 2e fauteuil

Sérénade des étudiants de Daniel LASSALLE professeur de trombone au conservatoire à rayonnement régional de Toulouse

26-01-20 Lorenzo da Ponte

ACADEMIE DU LANGUEDOC

«Lorenzo da Ponte (1749-1838)  »

par Patrice de VIGUERIE  2e fauteuil
 

C’est à partir de ses mémoires que cette communication a pu être rédigée. Très peu connu, sinon obscur, par rapport à Vivaldi, Goldoni ou Casanova, il eut cependant une vie aussi mouvementée que celle de ce dernier. Et sans lui, nous n’aurions sans doute pas trois des plus célèbres opéras de Mozart. Comme Goldoni et Casanova, il a écrit ses mémoires qu’il commence ainsi : « Je n’écris point les mémoires d’un homme illustre par sa naissance, son rang ou ses talents. Je parlerai donc le moins possible de mon pays, de ma famille et de mon enfance. Je naquis le 10 mars 1749 à Ceneda, ville des états de Venise. A l’âge de cinq ans je perdis ma mère. Les pères, en général s’occupent peu des premières années de leurs enfants, les miennes furent entièrement négligées ». En fait Lorenzo da Ponte a changé de nom vers 14 ans. Auparavant, il s’appelait Emmanuele Conegliano. Son père Gèremie Conegliano et sa mère Rachel, étaient juifs. Après avoir eu deux autres fils, ce dernier devint veuf et, à plus de quarante ans s’amouracha d’une jeune fille qui n’avait pas dix-sept ans et qui en plus était chrétienne. Pour pouvoir l’épouser, il dût donc devenir chrétien. L’évêque de Ceneda, monseigneur Lorenzo da Ponte, accepta de recevoir toute la famille dans le sein de l’église catholique. Comme c’était alors l’usage toute la famille reçut le nom de l’évêque et ainsi Emmanuele Conegliano reçut également son prénom et à l’âge de 14 ans devint Lorenzo da Ponte. Dans ses mémoires Lorenzo dissimule beaucoup de faits. C’est ainsi qu’il ne mentionne pas son origine juive, ni la façon dont il est devenu chrétien. D’autre part s’il indique avoir lui-même prié l’évêque Lorenzo da Ponte de le placer dans un séminaire, il ajoute ceci quelques lignes plus loin dans ses mémoires : « Mon père, se méprenant sur ma vocation, me destinait à l’Eglise bien que tout s’y opposât dans mon inclination ; je fus donc élevé pour devenir prêtre, quoique entraîné par goût et par nature à des études toutes opposées ». Nous allons voir de quelles études il s’agit. Donc au printemps 1773, le jeune abbé da Ponte disait sa première messe. Mais dès novembre de la même année, il quitte le séminaire où il était devenu professeur de rhétorique et part pour Venise, où, avoue-t-il le poussa sa mauvaise étoile. Et il ajoute : « Dans l’effervescence de l’âge et des passions, d’un tempérament ardent, doué d’un physique agréable, entraîné par la facilité générale, je m’abandonnai à toutes les séductions du plaisir. J’avais conçu une passion violente pour une des plus belles et des plus capricieuses sirènes de cette capitale ». Elle se nomme Angiola Tiepolo. Elle a un frère Girolamo, un ruffian sans conscience qui terrorise le petit abbé, un joueur invétéré qui lui arrache ses derniers sequins, et le traine au Ridotto, la célèbre maison de jeu de Venise. Cette descente dans les bas-fonds de la Venise de la fin su XVIIIème s, où le carnaval durait six mois et où le port du masque autorisait toutes les libertés, dura un an. En 1774, il quitte cette vie de plaisirs et accepte le poste de professeur de littérature au séminaire de Trévise. Mais deux ans plus tard, comme sujet de ses exercices la question de savoir « Si l’homme ne serait pas plus heureux dans l’état de nature qu’au sein des institutions sociales ». Ce sujet sulfureux lui vaut une condamnation du Sénat de Venise à une interdiction d’enseigner. Et le voilà reparti à Venise, séduisant la fille de sa logeuse, Angioletta, pourtant mariée, l’enlevant en gondole. Mais, à peine dans l’embarcation, celle-ci ressent les premières douleurs de l’accouchement. La naissance a lieu chez un de ses cousins. Il mènera ensuite avec cette Angioletta une vie de scandales jusqu’au jour où une dénonciation anonyme déposée dans la bouche qui, dans le palais des Doges, permet à tout citoyen d’aider la police, conduira le tribunal à faire une enquête et à lancer un mandat d’arrêt contre da Ponte. Mais ce dernier avait déjà passé la frontière autrichienne. Dans ses mémoires, da Ponte mentionnera seulement qu’on l’a accusé d’avoir mangé du jambon un vendredi et d’avoir manqué la messe plusieurs dimanches.

Avant de quitter Venise, da Ponte y aura fait la connaissance de Casanova, qui à la cinquantaine passée et a pu revenir à Venise en qualité d’espion. Il se créera entre les deux hommes une certaine complicité et le récit de ses aventures par Casanova ouvrira des horizons nouveaux à da Ponte qui n’a que 27 ans. Da Ponte s’arrête juste derrière la frontière autrichienne à Gorizia petite ville de Frioul au nord de Trieste, ayant pour tout bagage un habit, un peu de linge, un Horace, un Dante annoté et un vieux Pétrarque. Puis invité par un de ses amis vénitien qui était poète attaché à la Cour de Dresde, le voilà parti en 1780 dans cette capitale de la Saxe. Il s’amourache de deux sœurs, mis en demeure d’épouser l’une d’elles, par leur mère, da Ponte écrit ceci « En toute autre circonstance, un mariage eût mis fin à mes ennuis, mais dans ma position je ne pouvais y songer ». Sa position c’est sa qualité de prêtre qu’il avait bien évidemment cachée depuis son départ de Venise. Le voilà par suite obligé de quitter Dresde. Il part pour Vienne, cette fois avec un billet de recommandation pour Salieri, ce musicien italien rival de Mozart, qui le présente à l’empereur Joseph II dont il est compositeur officiel. Da Ponte a la chance de plaire à Joseph II et le voilà chargé d’écrire le livret d’un opéra intitulé « le bourru bienfaisant » dont la musique est composée par Martini, un autre musicien de la cour. Cet opéra plut à l’empereur et au public. Après ce succès, voilà donc Lorenzo da Ponte lancé à la cour de Vienne comme librettiste d’opéra. C’est alors qu’il fait la connaissance de Mozart.

Nous sommes en 1783 et c’est le début d’une longue collaboration entre l’abbé da Ponte et Wolfgang, qui cherche depuis longtemps un bon livret d’opéra. Et c’est Mozart qui, en 1785, demande à da Ponte de lui mettre en drame la comédie de Beaumarchais, le Mariage de Figaro dont Mozart avait une traduction, sans doute grâce à la franc-maçonnerie dont il faisait alors partie. Mais Joseph II a interdit la représentation de la pièce révolutionnaire à la troupe allemande. Malgré cela, da Ponte et Mozart se mettent à l’ouvrage. Da Ponté écrit dans ses mémoires : « Au fur et à mesure que j’écrivais les paroles, Mozart composait la musique ; en six semaines, tout écrit terminé ». Il faut alors l’audace de da Ponte pour aller proposer l’opéra à Joseph II en l’assurant « qu’il a transformé la comédie de Beaumarchais en faisant disparaître tout ce qui pouvait choquer les convenances le bon goût » Joseph II ayant donné son accord, la première eut lieu le 1er mai 1786 et obtint un vif succès. Mais il n’y eut que neuf représentations en raison des critiques soulevées par les confrères de Mozart et de da Ponte. Par contre les Noces de Figaro eurent un succès éclatant à Prague. A tel point que le Directeur de l’opéra de cette ville commande un nouvel opéra à Mozart. Mozart s’adresse à nouveau à da Ponte et cette fois c’est da Ponté qui lui propose Don Giovanni.

En septembre 1787, Mozart part pour Prague avec da Ponte. Mais la partition de Don Juan n’est pas terminée et da Ponte, à la demande de Mozart, doit remanier plusieurs scènes du livret. On sait que Casanova, alors bibliothécaire à Dux en Bohême se trouve aussi à Prague, il rencontre son ami da Ponte et Mozart et qu’ils discutent ensemble de certaines scènes du prochain opéra. Casanova propose certaines modifications à apporter au rôle de Leporello. Les deux aventuriers vénitiens Casanova et da Ponte, réunis avec Mozart dans une brasserie de Prague autour d’un bol de punch et penchés tous trois sur le thème de don Juan, c’est une de ces rencontres comme l’histoire en réserve. Mais on ne saura jamais quel fût exactement le rôle de Casanova, bien que l’on ait retrouvé dans ses manuscrits une version corrigée de certains fragments de la scène où Leporello implore la pitié des victimes de don Juan. On ne saura non plus jamais si la fameuse scène du catalogue a été inspirée à da Ponte par l’expérience de Casanova ou par la sienne propre.

Don Giovanni remporta un gros succès à Prague, mais fut moins bien accueilli à Vienne. En 1789, da Ponte écrira pour Mozart un troisième et dernier livret d’opéra : Cosi fan tutte, dont cette fois le sujet a été choisi par Joseph II lui-même. Le succès en sera honnête. Ce sera la fin de la coopération entre da Ponté et Mozart. Et ce n’est pas sans aplomb que da Ponte s’attribue dans ses mémoires la gloire qu’a connu Mozart. Il écrit en effet : « Je ne puis jamais penser sans jubilation et sans orgueil que ma seule persévérance fut en grande partie la cause à laquelle l’Europe et le monde durent la révélation complète des merveilleuses compositions musicales de cet incomparable génie ».

En février 1790, Joseph II, le protecteur de da Ponte meurt. Et c’est son frère Léopold qui monte sur le trône. Ce dernier est mal disposé à son égard. Son congé lui est donné.

Da Ponte se rend alors à Trieste où il fait la connaissance d’une famille juive, dont le père est commerçant. Et c’est à la faveur d’une histoire abracadabrante que ce père lui donne sa fille prénommée Nancy pour épouse. Elle a 20 ans de moins que lui. Il dit l’avoir épousée le 12 août après les festivités et les formalités habituelles. Il a 42 ans et 600 florins en poche. Il ne donne bien sûr aucun détail sur lesdites formalités.

Le mariage civil n’existait pas à l’époque. On pense que sa qualité de prêtre l’a empêché de se marier à l’église. On ne pense pas non plus que ses origines juives lui aient permis de se marier à la synagogue. Da Ponte a sans doute régularisé sa situation en Angleterre devant le clergé anglican. A partir de là, nous résumerons brièvement la vie de da Ponte. Avec Nancy, il part à Londres en 1792 où il fait faillite comme imprésario de théâtre, puis devient libraire de livres en italien. En 1798, il part en voyage avec sa femme en Italie, s’arrête à Ceneda pour embrasser son père, qui à 76 ans, et sa famille. De Ceneda, da Ponte va à Venise qui est alors occupée par les autrichiens. Il n’y trouve que tristesse et désolation y rencontre le frère d’Angiola qui est morte et Angioletta qui le regrette. Il n’y reste que deux jours, car dénoncé à la police impériale. Il est tenu de quitter rapidement la ville. Il rejoint Londres, où il s’endette en signant des traites. En 1805, il est menacé d’être emprisonné pour dettes. Et le voilà qui s’embarque sur le premier bateau en partance pour l’Amérique où sa femme l’avait précédé. A New-York, da Ponte fera un peu tous les métiers : professeur d’italien, libraire de livres italiens, promotion de l’opéra italien. Il eut même le plaisir de monter Don Giovanni à l’Opéra de New-York avec une jeune cantatrice qui fut ensuite célèbre sous le nom de la Malibran.

Il arrête ses mémoires en 1830, à 81 ans. Nancy, sa fidèle épouse, meurt l’année suivante. Le vieil homme vivra encore 7 ans. Dans une de ses dernières lettres il se plaint : « Moi, le poète de Joseph II, l’auteur de 36 pièces, moi qui aie inspiré Salieri, Martini, Mozart ! Après 37 ans de travail incessant, je n’ai plus un seul élève ! A 90 ans ou presque, l’Amérique ne me donne plus de pain » Lorenzo da Ponte mourra le 17 août 1838, à 89 ans, un bel âge pour clore une vie aussi trépidante. Pour ses obsèques, on se souviendra qu’il fût prêtre dans sa jeunesse : ses obsèques eurent lieu à la cathédrale catholique St Patrick de New-York. Il n’aura jamais revu Venise et ne sera pas enterré au cimetière San Michele.

Communication à l’Académie le 20 janvier 2026

1 – Photo issue du site « El Mirador Nocturno »

26-01-08 Eloge COUSSE par Gourdou

Eloge funèbre d’Henri COUSSE
Président de l’Académie du Languedoc (2018-2025)

par

Jean-François GOURDOU
Secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc

Castres, église St-Jean et St Louis le 8 janvier 2026

TRES CHER PRESIDENT HENRI COUSSE

L’Académie du Languedoc, par sa nombreuse présence, est venue, te rendre un grand hommage pour ton grand voyage vers l’éternité et  présenter ses chaleureuses condoléances à toute ta famille, ta chère épouse Ginette, ton fils Christophe, son épouse et tes petits filles Julie et Valentine.

Vous, en fait tu, as été et tu resteras un très éminent membre de l’Académie du Languedoc me succédant à la présidence de 2018 à 2025 soit 7 ans.

Je rappellerais tes très importants grades et qualités. Natif de Pins- Justaret, tu as fait tes études au lycée Berthelot, comme beaucoup de membres dans notre académie et ensuite dans les Facultés des sciences et de pharmacie, en obtenant une véritable collection de diplômes, dont quatre fois docteur, en Science, Physique, Chimie, et bien sur pharmacie, mais en fait cinq, avec celui de doctorat en médecine, par équivalence, vu tes très grandes connaissances médicales, dont témoigne ton dernier livre.

José Badie directeur pharmaceutique du laboratoire Laffont, alors président, avait fait votre connaissance par affinité professionnelle et amicale.   Lorsque vous étiez conseiller puis directeur scientifique des laboratoires Pierre Fabre depuis 1968, véritable bras droit du président au château de Carla à Castres, avec une longue et brillante carrière dans cette grande entreprise pharmaceutique, avec 90 publications internationales et 135 brevets inventeur, jusqu à ces dernières années.

 Aussi tu as été installé dans la salle des illustres du capitole le 15 juin 1999, au 9e fauteuil succédant au comte de Gely de Montauriol. La séance solennelle avait été présidée par le professeur Chantal Dounot représentant le maire de Toulouse Dominique Baudis,               le secrétaire perpétuel le professeur marcel Baiche , le président José Badie, et l’éloge avait été prononcée par André Gastou secrétaire général.

Tout de suite tu as su t’impliquer dans la vie et  les activités de l’Académie du Languedoc en particulier l’année suivante en organisant le 4 octobre 2000 une grande conférence avec le professeur jean Bernard de l’Académie Française et de l’Académie de médecine. Puis en créant le prix médical de l’Académie, que tu nommeras professeur Philippe Pinel car celui-ci était originaire de Lavaur, honorant ainsi Pierre Fabre, lui aussi par sa mére.

Le premier prix Pinel, doté d’un chèque offert par Pierre Fabre , fut donné pour la première fois au professeur Michel Duffaut, le 12 décembre 2000, dans la salle des pèlerins de l’Hôtel Dieu de Toulouse .

Le Prix Pinel a continué a être décerné au Conseil général puis départemental avec les présidents Pierre Izard et Georges Méric , honorant 18 fois un grand médecin toulousain.

Compte tenu de vos activités et de votre assiduité à toutes les réunions et séances solennelles, malgré la distance Castres Toulouse, vous avez été nommé premier vice-président en 2013.

Puis suite au décès du secrétaire perpétuel José Badie le 7 février 2018, lors de l’Assemblée Générale de juin 2018 je fus nommé secrétaire perpétuel et vous président à ma succession, soit le 8e  président depuis la création de l’académie du Languedoc en 1965.

Maintenant le professeur Michel Carrier, le successeur d’Henri Cousse à la présidence depuis 2025, va continuer son éloge.

Cher Henri, tu vas beaucoup nous manquer, mais on ne t’oubliera jamais.

 Au revoir cher grand ami.

26-01-08 COUSSE éloge M. Carrier

Eloge funèbre d’Henri COUSSE
Président de l’Académie du Languedoc (2018-2025)

par

Michel CARRIER
Président de l’Académie du Languedoc

Chers amis,

Le décès d’Henri COUSSE, homme de culture et grand scientifique qui pendant de longues années, comme vient de le rappeler notre Secrétaire perpétuel, a accompagné l’aventure visionnaire initiée par Pierre Fabre, va laisser un vide profond auprès de l’Académie du Languedoc.

Son parcours au sein de notre Académie témoigne d’un engagement constant. Élu président en 2018 lors d’une séance solennelle à la Salle des Illustres du Capitole, il a exercé cette fonction avec rigueur et élégance durant un septennat, avant de me transmettre le collier de la présidence le 14 février 2025, toujours salle des Illustres, dans un esprit de continuité et de fidélité aux valeurs académiques.

C’est lors d’une visite, alors qu’il était en convalescence à la clinique de rééducation de St Orens, qu’il m’a demandé de lui succéder dans cette fonction. Je fus très honoré de cette proposition et je lui en suis extrêmement reconnaissant.

Conformément à ses valeurs personnelles, quand il fut rétabli, il a tenu à remercier l’ensemble de ses soignants lors d’une soirée très solennelle à Toulouse qui laissera dans l’esprit de tous les participants un souvenir inoubliable.

Je pense enfin qu’il a éprouvé un immense sentiment de bonheur au mois de juin dernier, lorsque l’Académie a attribué le prix de photographie Jean Dieuzaide à sa petite fille Julie COUSSE, dont l’éloge a été énoncé par notre secrétaire général François-Régis GASTOU. Alors que la maladie le rongeait déjà, lorsqu’il est monté sur l’estrade dans la grande salle de réception du domaine CASSIN, notre confrère académicien, j’ai pu voir dans ses yeux tout l’amour qu’il portait à sa famille et à notre académie.

Henri, nous sommes venus te voir, mon épouse et moi, le 18 décembre à l’hôpital de Castres. Je dois dire que tu nous as alors véritablement impressionnés par ta lucidité, ta volonté, ta sérénité et ton courage. Mais en réalité c’était bien notre Henri COUSSE avec sa forte personnalité toujours intacte qui nous recevait.

Henri, tu as été un de ceux dont la présence, la parole et l’engagement marqueront durablement notre belle Académie du Languedoc.

Tu vas maintenant rejoindre la déjà longue liste des présidents qui t’ont précédé et dont tu fus un remarquable successeur :

Ange GILLES, Carlo SARRABEZOLLES, le Comte de PUYMEGE D’ARMAGNAC DEL CERS, Marcel BAICHE, Jean-Paul BUFFELAN, Jacques AUGARDE et José BADIE D’ARCIS.

Je suis certain qu’ils t’attendent là-haut pour te célébrer et te remercier du beau travail accompli au sein de l’Académie du Languedoc.

Au nom de l’Académie, des présents et de ceux qui n’ont pas pu venir, je tiens à présenter nos condoléances les plus sincères à toute ta famille.

Adieu Henri.

25-12-16 Arnaques

ACADEMIE DU LANGUEDOC
« Les plus belles escroqueries de tous les temps »
UNE BONNE HISTOIRE !…

par Bernard POUILHES  26e fauteuil

Un élégant personnage, descend de la Rolls, pilotée par son chauffeur et il se présente à la plus grande bijouterie,
établie place Vendôme à Paris.
Il dit au vendeur qu’il recherche une pièce rare, car il veut faire un présent à la dame de ses pensées en lui offrant
un diamant qu’on devra monter en pendentif sur chaine, à porter autour du cou.
Le vendeur lui propose différents diamants, mais le client, manifestement peu regardant sur les prix, souhaite
toujours mieux
Finalement, le vendeur va lui proposer un diamant de très belle facture ; et lui précise que c’est une pièce,
absolument unique, que sur la place de Paris il ne trouvera pas la même qualité, ce qui semble rassurer le client
potentiel ; il indique en effet qu’il ne souhaite pas que dans une réunion où soirée officielle, un bijou semblable
à celui qu’il se propose d’offrir, puisse être porté par une autre personne
Il arrête donc son choix sur ce bijou qu’on lui présente comme unique, et se pose alors la question du prix ; le
vendeur annonce froidement la somme de 200 000 €.
Le client ne tique pas et accepte de payer cette somme.
La difficulté pour le vendeur se présente de la façon suivante : « nous sommes vendredi après-midi, à 1h à peine
de la fermeture des banques. Il est probable que le client va proposer un chèque mais le bijoutier n’a aucune
garantie sur l’existence de la provision, le chèque n’étant bien sûr pas un chèque de banque.
Le client précise qu’il va faire un chèque immédiatement, mais qu’étant pressé, il ne souhaite pas prendre
possession du bijou immédiatement ; il demande au bijoutier, ce que ce dernier accepte bien sûr avec
empressement, de lui préparer un paquet cadeau que son chauffeur viendra récupérer dans la semaine. Il remet
donc un chèque du montant convenu, et le bijoutier le raccompagne jusqu’à sa Rolls.
Immédiatement après le départ du client, le bijoutier appelle la banque qui lui confirme que le chèque sera payé
à présentation. Un coursier est dépêché pour déposer le chèque à la banque avant la fermeture du vendredi
soir et le chèque sera crédité le lundi matin.
La vente est parfaite. On a été d’accord sur la chose et sur le prix. Le prix a été payé et la chose a été remise au
chauffeur dans les premiers jours de la semaine suivante.
Le temps passe ; 18 mois, plus tard, le même client, toujours parfaitement, bien habillé, se présente, avec une
nouvelle Rolls chez le même bijoutier.
Il est très chaudement accueilli par le personnel et le directeur lui-même ; il reconnaît que le présent qu’il a
offert à son amie a été très bien perçu, il veut aller un peu plus loin dans sa relation avec cette personne ; il a
décidé de transformer ce pendentif unique en boucles d’oreilles et il se présente donc pour demander au
bijoutier de lui procurer le même diamant pour pouvoir réaliser des boucles d’oreilles
Le bijou lui précise qu’il ne dispose pas d’un diamant similaire à celui qu’il avait précédemment vendu et lui
rappelle que c’était une pièce unique
Le client convient de cette difficulté indique ne pas être pressé, et demande au bijoutier de mettre toute son
expérience et sa compétence en œuvre pour trouver sur le marché mondial un diamant qui puisse permettre
d’être le pendentif de celui qu’il a déjà acquis
Il redonne ses coordonnées au bijoutier qui lui promet de solliciter ses correspondants sur les places fortes du
diamant dans le monde et de le tenir informe des résultats de ces recherches.
Avant que le client ne se retire le bijoutier lui rappelle que tout ce qui rare est cher, et ce qui est rarissime est
encore plus cher.
Le client ne conteste pas cette évidence et sur l’interrogation du bijoutier, il fixe un prix maximum au-delà
duquel, il ne souhaite pas donner suite.
Il indique qu’en aucun cas il n’ira au-delà de 500 000 €.
Fort de cette précision, le client se retire raccompagné, bien évidemment par le personnel qui souhaite à tout
prix donner satisfaction à ce client hors du commun
Le bijoutier prend alors contact avec ses correspondants à Anvers, Amsterdam, à Johannesburg, en leur
demandant de rechercher la pièce rare.
À quelque temps de là, le correspondant de Johannesburg, informe par téléphone son mandant parisien qu’il a
trouvé, à 480 000 €, une pièce rare qui comblerait les attentes du client
Le bijoutier demande donc à son correspondant d’acheter le diamant et de lui livrer sur Paris.
Après réception le bijoutier parisien est très content de pouvoir présenter cette pièce qui permettra de combler
les attentes de ce client et il l’appelle pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Ils se rendra compte alors que ce numéro ne correspond à rien.
Et il va découvrir qu’en réalité, c’est vraisemblablement le client ou un de ses complices qui a revendu, avec un
bénéfice très substantiel, le même diamant au mandataire sud-africain, sollicité par le bijoutier parisien.

25-12-09 Christian LACOSTE

ELOGE de Christien LACOSTE

Membre associé de l’Académie du Languedoc
le jeudi 16 janvier en  l’église Saint Pierre de BALMA

par le Secrétaire général François-Régis GASTOU

En tant que Secrétaire Général de l’Académie du Languedoc et au nom de tous les Académiciens et Amis de notre Compagnie, nous adressons à l’épouse Jeanne-Marie et à la famille de notre défunt confrère, Christian LACOSTE, nos sentiments les plus chaleureux et nos condoléances les plus sincères.

L’Académie du Languedoc se devait de rendre hommage aujourd’hui à l’un de ses compagnons Christian LACOSTE décédé mardi 09 décembre 2025 à l’âge de 82  ans.

Je relaterai brièvement notre rencontre en 1970, soit déjà plus d’un demi-siècle, à l’occasion des festivités du Grand Fénétra, grande fête traditionnelle de Toulouse. Christian venait de créer l’excellent gâteau « fenêtra » pour cette tradition festive toulousaine grâce à ses grandes qualités de pâtissier, largement reconnu par ses pairs ; quant à moi, je venais d’intégrer tout simplement le Comité officiel des fêtes de Toulouse.

Christian était déjà à cette époque le Maître-Pâtissier de « La Mascotte » pâtisserie renommée de Toulouse, installée dans le quartier de la place Dupuis. Notre compagnon venait d’être honoré par de nombreux prix, médailles et distinctions, dont plusieurs premiers prix et je n’oublierai pas celui obtenu pour la création pâtissière d’une pièce artistique à l’occasion du 1er vol de Concorde en mars 1969.

Mais son souvenir restera pour nombreux d’entre nous la réalisation de l’original et succulent gâteau du Grand Fenêtra confectionné à la demande, en 1970, du maire de Toulouse Louis Bazerque et du Président du Comité des Fêtes Christian Lacombe, dessert qui avait été sélectionné par les représentants de la profession.

Christian a rejoint, il y a quelques années, notre Académie du Languedoc et j’ai eu le privilège de parrainer sa présentation. Je rappellerai, qu’en juin dernier, au cours du soixantième anniversaire de l’Académie, fêté chez notre compagnon Francis CASSIN, nous avons été heureux d’honorer également le 55ème anniversaire de la création de son célèbre gâteau du Fenêtra, devenu la spécialité de Toulouse.

Christian, ton départ précipité nous rappelle subitement la fragilité de la vie. Ton souvenir demeurera présent encore longtemps dans notre Compagnie. Tu avais de grandes qualités professionnelles, un savoir-faire inégalé et tu étais animé d’une réelle passion pour satisfaire le palais des plus gourmands d’entre nous.

Nombreux ont été les plaisirs que nous avons- partagés : déguster et savourer tes préparations, toujours fabriquées avec Amour, étaient de vrais délices.

Bien-sûr, ta présence bienveillante, toujours appréciée, nous manquera lors de nos rencontres mensuelles mais nous ne t’oublierons pas en espérant pouvoir conserver ton nom au sein de notre Compagnie, ton nom devenu un modèle d’exemplarité, dans ce domaine privilégié de la pâtisserie.

L’Académie du Languedoc perd un de ses Compagnons dévoués, mais gardera le souvenir d’un homme fidèle, altruiste, toujours soucieux de son prochain.

Merci Christian, tu étais un homme heureux, tu mérites toute notre reconnaissance.

Repose en Paix maintenant.

 

François-Régis GASTOU   Secrétaire Général de l’Académie du Languedoc

25-11-18 Les lupanars toulousains

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Les lupanars toulousains

 mardi 18-11-25 
Communication de Jean-Paul RIFFARD

                        Ou « Hot Toulouse ! », pourrait entonner notre regretté Claude Nougaro

Pourquoi de terme de « lupanar » ? Parce qu’il semble plus élégant que celui de « bordel » utilisé à toutes les sauces. De plus, il renvoie à la Rome antique, où   « lupa » – louve désigne la prostituée hurlant comme louve en rut.

La prostitution, de prostare – s’exposer à la vente), qualifiée de « plus vieux métier du monde », existait depuis la plus haute antiquité à Toulouse, mais a laissé peu de traces jusqu’au XV° siècle ; bien que le terme de « bordel » remonte au XII° siècle et celui de « lupanar » (lupa – louve – prostituée criant comme louve en rut) à l’époque romaine. La Grèce avait son Parthénon (« appartement des jeunes filles ») géré par douze conseillers et ses dicteria, bordels déjà étatiques. On connait quelques hétaïres célèbres (hetaira – compagne, ou escort girl actuelle) ayant « accompagné » Sophocle, Phidias, Socrate, Alcibiade ou Épicure. Et n’oublions pas les fresques hautes en couleurs des rues chaudes (sous la cendre) de Pompéi célébrant le dieu Priape et les péripatéticiennes. Ce mot vient de « enseignement en se promenant » comme Aristote, mais ne sera utilisé ironiquement qu’au XIX° siècle pour désigner les arpenteuses du bitume.                                                                                                                                           

Pompéi : lupanar (Ier siècle)

            Avec l’arrivée du christianisme, les empereurs romains vont boucler les lupanars quinze siècles avant la croisade de Marthe Richard, ces deux initiatives ne faisant que favoriser la clandestinité. Dans les siècles suivants la littérature régionale comme les rapports de police se révèlent des plus discrets. Parfois sacrées, esclaves sous les Romains, puis, pas vraiment rejetées et même parfois conviées à des événements, les prostituées seront souvent écartées. Charlemagne les menace en vain de flagellation et du port d’un écriteau autour du cou. Choqué par des « dames ribaudes » en procession pour la sainte Madeleine, leur patronne, Louis IX organisa les maisons de tolérance ou « bourdeaux », après avoir interdit la prostitution, deux ans plus tôt en 1254, maintenant les filles dans des quartiers spécifiques , sorte de « ghettos de la prostitution » (Jacques Le Goff)et leur intimant le port d’une ceinture dorée (1) ou d’un ruban jaune, mais pas de bijoux. D’où le proverbe « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée ».

(1) : D’où le proverbe « Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée » ; référence à la ceinture dorée des prostituées et non à la richesse, entraînant des fâcheuses confusions aves les riches bourgeoises, et donc l’interdiction de vêtements de luxe chez les « ribaudes folieuses » (M. Du Camp). 

À Paris, au XIVe siècle, elles sont contrôlées par « le roi des ribauds ». À propos de Louis IX, dit abusivement saint Louis, n’oublions pas que nous lui devons la guerre aux cathares, le port de la patte jaune des lépreux, de la rouelle pour les juifs ou la ségrégation des cagots.                                                                                                                                                  Au Moyen Âge, la fréquentation des prostituées est non seulement courante, mais déculpabilisée du moment qu’il y a paiement et plaisir mutuel : « Jouir en payant, c’est jouir sans péché », écrit Le Roy Ladurie dans Montaillou, village occitan, mais pas sans risques, compte tenu des nombreuses maladies vénériennes traitées aux injections locales, à l’ « Eau de Pucelle », à la décoction de vipère, au sel de Saturne (plomb), argent vif, bromure, permanganate, onguent gris (ou napolitain) au mercure et autres préparations réputées « miraculeuses ». qui sévirent au cours des siècles, en dépit de l’ « introduction » des « redingotes appelées d’Angleterre, le condum devenu condom. « Le condom, c’est la loi, ma fille, et les prophètes », écrivait Madame Gourdan à Mademoiselle La Caille, ainsi que l’extinction du rouge lumignon posé sur la fenêtre, en cas de risque sanitaire.      

             « Enfin ! J’ai ma mesure !                                                                                                        Au sein de la luxure,     
             Vite, allons nous plonger.   
              Caché dans la baudruche,     
             Je veux comme l’autruche, 
 
             
Ne plus croire au danger                                                                                                                    (Dr Camuset : Préservatif)                                                                      

Et donc :           « Entrer dans le bordel d’une démarche grave,   
                                Comme un coq qui s’apprête à jouer de l’ergot ;
                                Demander Jeanneton, faire chercher Margot   
                                Ou la jeune bourgeoise, à cause qu’elle est brave
».
                                           (Saint-Amant (!) : sonnet                                                                 

À propos de préservatif, la cité gasconne de Condom avait tenté devenir la capitale du préservatif avec logos et production locale. Mais le projet a capoté !                                                                                                                    Le Roman de la Rose (vers 1230) est catégorique : « toutes estes, serez, ou fustes de fait ou de volonté putes ».   
                À côté de la prostitution sauvage, chaque ville a sa « maison commune », souvent bâtie sur les deniers communs, véritable service public surveillé par les consuls (ou les capitouls chez nous), dans un désir d’ordre et de sécurité. Par ses ordonnances de 1254 et 1269, c’est le roi Louis IX qui, le premier, interdit la prostitution. C’est encore lui qui a créé le mot « bordel », les filles étant déplacées dans des baraques en bois, dites « bordes ». À propos de Louis IX, dit abusivement saint Louis, n’oublions pas que nous lui devons la guerre aux cathares, le port de la patte jaune des lépreux, de la rouelle pour les juifs o la ségrégation des cagot, peuple maudit de nos régions.

En 1367, le prévôt de Paris leur assigne des endroits autorisés comme les rues Trousse-Putain ou Brise-Miche, près du Champ-Fleuri.« Item soient boutées hors communes ribaudes, tant de champs comme de villes ».   
À Toulouse, les premières réglementations sur la prostitution remontent au milieu du XII° siècle. Dès 1212, le sinistre Simon de Montfort confirme que « depuis 1188 on percevait des droits sur le commerce de la prostitution ». En 1201, sur requête des prud’hommes (très prudes) du quartier et plainte de Bernard Raymond, les consuls interdisent aux filles publiques la rue du Comminges (actuelle rue des Moulins) et les abords de la Garonne, à l’intérieur des murs de la ville. En novembre 1389, exaspérées des perpétuelles discriminations, les Toulousaines en appellent au roi Charles VI, alors en visite à Toulouse, qui les autorise à se vêtir normalement : « faisons savoir à tous présents et à venir que oye la supplication à nous faicte de la part des Filles de Joye du bordel de notre grande ville de Toulouse, dit La Grande Abbaye… portent et puissent porter et vestir telles robes et chaperons et de telles couleurs, comme elles voudront. Moyennant ce, elles seront tenues de porter autour de leur bras une enseigne… ». De plus, elles se retrouvent cloitrées, n’étant autorisées à sortir que pour assister à la messe !  Le terme d’abbaye pour un bordel est lié à celui d’abbé ou d’abbesse donné à leurs tenanciers. Le bordel public remonterait à 1363. C’est alors que s’édifie un établissement rue du Grand Selve, actuelle rue de l’Etoile au quartier Saint-Aubin.   
       C’est bien souvent la pauvreté ou la dissolution de la famille qui qui pousse les « filles forcées » à se vendre dans la rue. En 1410, un chroniqueur (en un seul mot) écrit que les « fillettes » sont si bon marché qu’on peut en avoir quatre pour le prix d’un œuf. Beaucoup sont victimes de violences ou mariées de force pour être exploitées Mais certaines n’hésitent pas à se plaindre aux capitouls.                                    Le bourg Saint-Cyprien a longtemps traîné la réputation de « quartier riche en prostituées ». Elles en furent chassées en 1291, à la suite d’une charte leur interdisant d’exercer sur le gravier de Saint-Cyprien. Inlassablement, le parlement poursuit « femmes dissolues et publiques », ainsi qu’un certain Guilhem Delcunh (2), dit « l’enfant de la ville », devenu « l’abbé des fillettes » se consacrant « au fait de rufianage (débauche ; de Rufus, valet-maquereau), battement de gens et roberies (larcin) ». Ce dernier est accompagné de Jehannette qui se prostitue dans plusieurs villes d’Occitanie avant de se fixer à Toulouse. Il sera privé de tout office public et de port d’armes en 1452.

(2) : Est-ce un parent du célèbre chevalier Pierre de Cunh de Rabastens, mort en 1322, et de son frère Guillaume de Cunh qui enseigne le ius civile à l’Université de Toulouse de 1314 à 1317 ?

     En 1425, Charles VII ordonne que des sergents assurent l’ordre dans le « bordellum » de Las Croses, en proie aux exactions de ribauds et mauvais garçons protégés par des ordres religieux et y fait apposer un panonceau fleur de lis. Le droit des capitouls à l’exploitation par un fermier était reconnu par l’autorité royale et le bail au nom de l’abbesse. En 1470, un procès oppose l’une d’elles, Jeanne Bérenger, au parlement pour non-paiement de la taxe. La défense des « fillettes », assurée et perdue par Me Groselier, rappelle : « que la plus ancienne d’elles, laquelle l’en a acoustimé à Thoulouse nommer abbesse du bourdel… Que ledit hostel leur appartient… et bien clos », la protection des filles libres assurée le jour par le sous-viguier de et la nuit par le capitaine du guet. C’est ainsi qu’en 1433, le capitaine du guet Pierre Darganhac gère avec un prostituée la maison publique de Toulouse.                       

     Après la fermeture des bains et étuves en 1478, les capitouls qui luttent contre la prostitution expulsent de leurs « tavernes et autres lieux » 1.500 « entremetteurs et ribaudes » en 1499 et ouvrent un « ostal del public » dont les revenus serviront à payer robes et manteaux… d’eux-mêmes, un jambon de Bayonne et du fromage de Roquefort. Critiqués, assimilés à des proxénètes, les capitouls affecteront le produit du dit commerce à l’hospitalisation des « roignouses », femmes atteintes du « mal de Naples » (3) (délibération municipale du 20 mai 1528).                                                                                                                En 1503, c’est la chasse aux maquereaux. À Toulouse, les capitouls font fouetter les « femmes mal vivantes », traînées dans les tombereaux destinés à ramasser les ordures. Souvent connues par dénonciation, elles étaient parfois marquées au fer rouge, avant d’être bannies de la ville ou envoyées au quartier de la force de l’hôpital de La Grave ou même exécutées. En 1559, trois sont pendues au portail du couvent des Augustins qui les hébergeait.

(3) : Sous François Ier, lui-même souvent frappé de mal napolitain, des frictions étaient appliquées par des « frotteurs de vérole ». 

            En fait, peu rentable, la prostitution « d’État » sera rapidement « nationalisée ».  Cette maison, anciennement située à la Porte du Bazacle, fut transférée sur le bas des actuelles allées Jean-Jaurès, à la suite en 1527 de l’achat par les capitouls d’une borde du sieur Bertrand de La Jugie, dans le noble dessein de contrôler le commerce de la chair et de le repousser hors de la ville. Elle sera connue sous le nom de Château Verd (4), en remplacement de la Grande Abbaye de Las Croses dont la taulière devient mère abbesse, avec interdiction d’en sortir sous peine de fouet. La sentence ayant été effectivement appliquée, les pensionnaires choisiront le salut par la fuite. Selon un texte, l’établissement « jouissait » d’un certain confort, d’une cour et d’un verger, « entièrement clos de telle manière que, de nuit, personne ne peut y entrer sans autorisation ». Sa destruction fait suite à la restauration des remparts de la ville.                           Pour mémoire, citons les bordels de la rue Bertrand David, du Nag Cagarrefes, le Grand Selve de la porte Saint-Étienne, le Petit Bernard de la Porte Serdane, contre le couvent de Saint-Orens, autour du Bazacle, de la Porte Pouzzonville. Des maisons autour du Château Narbonnais abritant « des gens sans aveu et de mauvaise vie » furent démolies. Vers 1485, la rue Saint-Rémésy, aux Carmes, est citée pour des femmes y menant une vie dissolue, ainsi que la place Mage.                                                     
       Même des lieux religieux sont désignés : le couvent des Mille-Vierges (un comble !), le cloitre Saint-Étienne ou le couvent des Augustins (5).

 (4) : À Albi, existait le Castel Blanc.                                                                             (5) : À Saint-Étienne, « les chanoines tiendraient des femmes en leur maison, et certains se comporteraient comme des hommes mariés », cite Agathe Rouby.                                                                           
     

        En 1608, Violante de Bats du Chasteau, courtisane toulousaine, multiplie les amants dont le religieux augustin Pierre-Arrias Burdeus et quelques notables. Il est alors décidé de se débarrasser d’un vieil époux pas assez complaisant en l’assassinant. Découverts, les criminels seront condamnés à mort, sauf Violante qui sauve sa tête… et le reste. Après avoir avoué sous la question, le père Burdeus avait essayé, en vain, d’échapper à la décapitation en abjurant le catholicisme.

            Le 8 mai 1527, est notifiée l’installation du bordel public au jardin de Saint-Paul, ce qui provoqua des réactions des riverains. Fermé, le Château Verd deviendra, en 1558, la maison de Saint-Roch. Ces dames suivront les garnisons ou les grands chantiers comme celui du canal du Midi. Rappelons-nous que le pont des Demoiselles se nommait aussi « pount de las putos ». Quant aux soldats et prostituées, ils forment un « couple indissociable », comme le rappelle Nadine Roger.   Ce qui a pu leur attribuer le surnom de « filles à dragons » à Montauban.             
              Parmi les mesures contre la débauche, expulsion, amende, bannissement, la plus pittoresque reste le supplice de la gabio, cité en 1508. Il s’agissait d’enfermer blasphémateur, entremetteuse ou femme de mauvaise vie dans une cage en fer et à les tremper trois fois de suite dans la Garonne, histoire de leur rafraîchir le fond de commerce. Ce joyeux spectacle se déroulait habituellement au Pont-Vieux de l’Ile de Tounis. « Maquerelle mouillée : ce même jour (4 juin 1749) à 3 heures du soir, on mit dans la cage accoutumée, sur la rivière, une appareilleuse, qu’on dit être de cette ville… nue en chemise, le casque à plumes avec les sonnettes sur la tête, et un écriteau devant et derrière avec ces mots : Maquerelle publique ». Ce, devant plus de 10.000 personnes. Conduite à l’hospice après plus de trois heures de supplice, la malheureuse succombera quatre jours plus tard.  

            « Quand s’agis de regla la Villo, 
             Uno gabio non sufis poun, 
            M’an dit que ne fan douxe millo       
                              De trabaillaran neit & joun…
 ».

           En 1516, Mathieu Menou, prédicateur capucin, « convertit beaucoup de Filles qui se prostituaient dans ce lieu public appelé Château vert. Il les porta même à se cloitrer », ce qui devint le couvent des Repenties ou de la Madeleine.                                                                          
           En 1534, une ordonnance des Capitouls dénonce les tenues « scandalleuses » des prostituées « et aultres lubriques, maulvivans et cantonnières, usant de meschanceté en ladite ville, faubourgs et environs ». C’est la peste de 1549, suivie de celle de 1557, qui précipita le sort du Château Verd qui deviendra la maison Saint-Roch, patron de la peste et de la Santé de la ville. Mais la prostitution ne régresse pas pour autant.                                                             
             1561 voit sortir l’ordonnance d’Orléans par Michel de l’Hospital accordant la liberté de culte aux protestants et rendant la prostitution illicite, notamment sous la pression de l’Église, Réforme et Contre-Réforme, et les ravages de la syphilis. Mais, déjà, nombreux bordels ont cessé leur activité. L’adultère est lui aussi condamné, mais rarement réprimé, car il faut un flagrant délit, « nu contre nu », rappelle Agathe Roby.                                                                                           À partir de 1760, on recourt à « l‘asinade ». « Il s’agit d’une course humiliante où la condamnée, juchée à l’envers sur un âne et coiffée d’un chapeau de paille garni de grelots et de plumes, doit parcourir la ville sous les huées du public, affublée du fameux cartel qui relate son crime ». En 1763, une d’entre elles est condamnée à passer par les verges de 100 hommes (un comble !), place Royale, « à la vue d’un peuple infini », relate Pierre Taverne. Les filles ont alors investi les bains publics installés rue des Couteliers et supprimés sous l’Empire.              Toulouse est alors un terrain de chasse pour les maquerelles qui placent de très jeunes filles, si possible vierges, venues de la campagne pour le plaisir de quelques notables, religieux ou bourgeois. Hygiène et contraception sont assurées par le « laver avec de l’eau et du vinaigre ».

             Sous le Directoire, « La France n’est qu’un vaste lieu de prostitution », constatent les Goncourt.                       

               Et, à l’époque dite romantique, les filles soumises mènent une existence obscure, écrit Jean Fourcassié. Il est, en effet, rare que les journaux ou même les rapports de police parlent d’elles. En 1840, elles sont 157 à être « soumises au dispensaire ». La consultation des prostituées, visant à se protéger des « coups-de-pied de Vénus », s’est perpétuée jusqu’à nos jours dans le Service de Dermatovénérologie de l’hospice de La Grave. La police doit être débonnaire à leur égard. On ne retrouve que par rafales, en 1844 par exemple, des procès-verbaux dressés contre les cabaretiers pour avoir admis chez eux des filles publiques.

                À la Belle-Époque, qui porte bien son nom, on peut citer des établissements connus, du plus huppé aux plus humbles : rue de la Pleau (6) dont la spécialité est la « Vénus pendula », la dame en écuyère, rue du Sénéchal où Violette propose des jeux de rôles dont « la petite écolière », rue Devic, ou chez Denise au n° 15, rue Dalayrac et son Bijou-Hôtel. Enfants, notre grand-mère nous amenait écouter la messe dans a chapelle de Notre-Dame des Grâces, à l’angle des allées Jean-Jaurès. On y accédait par un étroit escalier. Les premiers bancs étaient occupés par ces dames, plus très jeunes, enveloppées du manteau de fourrure royalement offert par leur souteneur. Ces messieurs allaient jusqu’à prêter des Jaguar E dont le capot servait de « présentoir » aux filles sur les allées proches. Notre-Dame des Grâces ou des garces ? Ce qui ne lui a pas porté bonheur, puisque l’édifice, désacralisé en 2011, a été la proie d’un promoteur immobilier qui en a fait on siège régional, après quelques travaux de réhabilitation.               
                           Rue Caffarelli et ses nombreux hôtels, ou encore rue des Moutons, autour de l’actuelle place Belfort. Mais aussi les alentours de la gare, les casernes et les bords du canal, sites stratégiques. Du côté de la rue Arnaud-Vidal, certaines maisons closes affichent des noms évocateurs de la III° République : La Présidence au 11, Le Sénat au 14 (face-à-face !), La Préfecture au 9. Ou encore Le 59, rue du Canal, actuelle rue des Sept-Troubadours (7), à deux pas du poste de police situé au n° 49. Vers 900, le préfet de Toulouse, Léon Bourgeois, demanda à un cocher de la gare de l’emmener à la Préfecture et se retrouva rue Arnaud-Vidal !                      
                  On cite aussi Le Cénacle, rue Deville, tenu par Denise, non loin de La Protection de la Jeune Fille, maison de famille, la Banque de France et l’Oratoire Notre-Dame de la Compassion. Rachel officie 40 bis rue Agathoise, ou, fleurant le parisianisme, Le Chat Noir et le Moulin Rouge. N’oublions pas les « filles à soldats » des quartiers de casernes, Compans-Caffarelli, Niel ou Pérignon.

(6) : La maison de la rue de la Pleau avait été si célèbre en son temps que l’expression « aller rue de la Pleau » était couramment employée par métonymie et euphémisme pour désigner la satisfaction engendrée par les amours tarifées. Cette renommée avait atteint son sommet après l’invasion de la zone sud quand la rue de la Pleau avait été promue au rang de fournisseur officiel de tout ce que Toulouse comptait d’allemand ou de pro-allemand. Les clients y avaient leur parfum personnel pour éviter de ramener à la maison d’autres effluves suspectes (M. Zink). Plus tard, profitant de l’extension du musée Paul-Dupuy mitoyen, le cul a fait le lit de la culture.  

(7) : La rue des Sept-Troubadours était si fréquentée par les prostituées qu’il fut décidé, en 1874, d’y créer un dispensaire « pour filles soumises travaillant ». En 1882, un arrêté municipal interdit le proxénétisme, sauf dans ce quartier. « Sur son parcours, à la fin du XIX° siècle et hier encore, s’alignaient presque sans interruption, surtout dans un de ses segments, cafés borgnes, garnis à filles et maisons closes ; là se glissaient les employés, les étudiants et les soldats en quête de galanteries tarifiées » (H. Puget). En 1889, les débitants de boissons de la rue lancent une pétition pour le retour des Troupiers interdits de séjour et vantent la qualité des lieux : « le Troupier qui est bien traité dans lesdits établissements (…) y passe quelque temps à peu de frais et y est tranquille », se plaignant de plus que « la Ruine est imminente » (P. Salies).

Toulouse-Lautrec – Salon de la rue des Moulins, 1894

Rue du Sénéchal, « la délicieuse Violette »pratique les jeux de rôle avec « la petite écolière » et « le « voyage en train avec arrivée du contrôleur ».

« Tu viens, chéri ? » – De la rue Bonrepos (actuelle de Stalingrad) à la rue du Canal, c’est un tout autre métier qui se pratique : ces Dames, tout comme Aspasie à Athènes, y font le trottoir. Leur audace est si grande qu’on les rafle. En décembre 1924, dans un souci louable d’assainissement moral autant que médical, la police des mœurs cueille les demoiselles que l’on est convenu d’appeler « soumises » sans doute par ironie. Toulouse, que les étudiants-soldats américains appelèrent « to loose la Perdition », glissait lentement sur le plan incliné de la corruption irrémédiable ; et M. Feuga, notre lord-maire, risquait fort, étant le Premier dans la cité, de subir l’injuste sort du bouc chargé de la luxure d’Israël. Mais nous sommes sauvés : on arrête (au poste de police de la rue du Canal) une vingtaine de ces dames qui, le soir venu, prennent des fluxions de poitrine aux courants d’air des carrefours, en faisant le pied de grue dans l’attente du consommateur. Une fois de plus, la Vertu triomphe à Toulouse. Ici, la tradition des petits métiers ne s’est pas perdue ! » G. Leblanc).

            Non loin, le quartier de la rue de Bayard, desservant la gare, est réputé comme étant le secteur « chaud » de la ville. Même les « maîtresses » de l’école religieuse de Notre-Dame-des-Victoires s’y sont faites : elles font partie du paysage, lit-on dans La Dépêche du Midi du 17 novembre 1988. « Elles sont intégrées à la vie du quartier, Place Belfort, les commerçants saluent la mère C » qui, à 64 ans, racole toujours sous les néons des sex-shops. Jeune adolescent, pour aller de mon domicile du quartier Saint-Aubin à celui des Chalets visiter mes grands-parents, je coupais court par la rue Dalayrac, connue pour sa chapelle de N.-D. des Grâces et ses prostituées. Aux mœurs, on se souvient des batailles homériques qui ont eu lieu il y a deux ans lorsque les premières ghanéennes ont voulu prendre pour territoire de racolage la rue Stalingrad. Depuis, les prostituées noires ont été repoussées jusque sous les arbres du canal où elles ont maille à partir avec les étourneaux. Un départ que regrette ce commerçant : « Avant, elles nous gardaient le pas-de-porte. L’an passé, nous avons été cambriolés ». Le commissaire Noilly conclue : « Ce n’est pas Chicago, mais c’est pas complètement calme ».                         
            Ironie du sort : certaines rues vouées à l’amour vénal portent des noms de troubadours ayant célébré l’amour courtois : Bertrand de Born, Arnaud Vidal ou les fameux sept troubadours. La rue Saint-Cyr (Saint-Georges) a pris cette appellation pour faire effacer son ancien nom de la Tonne, réputée abriter des prostituées. Jacques Arlet nous rappelle que, le 31 janvier 1903, on décrète la fermeture, dès 22 h., des cafés et buvettes du quartier des « Jardiniers » (allées Lafayette), car « des gens sans aveu forment avec les filles publiques la clientèle habituelle de ces établissements (…). Les demoiselles de mœurs immédiates y règnent en souveraines. Dès 8 h. du soir, des nuées de câlineuses, en toilette de bataille, s’abattent sur les passants (…). Les femmes mariées et les jeunes filles s’exposent à être prises pour ce qu’elles ne sont pas ».       

                Impérial : En 1852, au lieu-dit Jolimont, voulant discrètement goûter aux délices d’un bordel réputé du Jardin de l’Observatoire, Napoléon III s’en vit refuser l’accès. Vexé, il fit installer des bornes pour gêner l’accès aux calèches des amateurs. Comme quoi il y a des bornes à tout, y compris la (maison de) tolérance ! En fait, le parc Marengo, décrit comme « un lieu de plaisir et de rendez-vous pour la jeunesse », n’était pas aussi sulfureux qu’ont voulu le laisser croire les moralistes d’alors. Donc pas d’allusions à un joli mont de Vénus.

Les jetons : Au XIX° siècle, les bordels fonctionnent avec des jetons portant leur nom et leur adresse, ce qui permet, au passage, de faire sa pub. Le principe existait déjà sous l’ancienne Rome. 

 
             « Bienvenu au club » : Dans les années 60, descendant ma rue Gabriel-Péri, je passais devant le bar-dancing Kit-Kat, puis l’enseigne-néon bleutée de « Chez Elle » au n° 22. Maintenant, ça s’appelle des bars américains ou des clubs privés.                                                     
               Après que la « vertueuse » eut fermé ces maisons pourtant déjà closes, une des dernières disparues dans des conditions rocambolesques fut « le Mayflower » de la rue de Quéven (8), derrière Décathlon (autres sports !), dans un bel immeuble de style néogothique fermé en 1978. Profitant d’un imbroglio juridique, des squatteurs au bon goût s’y installèrent en 1996, le baptisant « Le Clandé », avant d’en être délogés par la force publique fin 2006. Rénové, il abrite des logements dits sociaux. Un des plus près de nous semble être le bar L’Écrin, 1 rue Léonce Castelbou, ouvert en 1971. Devenu un cabaret-club de strip-tease à la clientèle huppée de nombreux artistes jusqu’à François Mitterrand au printemps 1989.

(8) : Ce quartier des Chalets traînait déjà une réputation de « quartier de cocottes », ces femmes entretenues, dites « demi-mondaines ».

                 Un chroniqueur des années 60 n’est pas tendre avec ces professionnelles, les déclarant « ignares, paresseuses ou abandonnées… d’un niveau intellectuel très bas », à « la pitoyable carrière » finissant à l’asile. La passe est alors autour de 150 F., soit un revenu mensuel d’environ 4.500 F., le salaire d’un haut fonctionnaire ! Contrebalancé, il est vrai, par divers frais : loyer, toilette, loisirs au bistro, santé, « dîme élevée à leur protecteur », agressions, etc.

            Effet de la mondialisation, le marché s’est ouvert à l’Europe de l’Est et au continent africain. Le fichier national sanitaire et social des dames « en carte », destiné à lutter contre la syphilis, sera supprimé en 1960 ; comme, plus tard, la pittoresque consultation à l’Hôpital de La Grave qui permettait au professeur Salvador d’exercer son talent et sa culture truculente.

            En 2014, le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, interdit la prostitution sur deux quartiers : Ponts-Jumeaux-Minimes et Matabiau-Bayard, zones qui seront régulièrement étendues, suivant les pas des péripatéticiennes. « Le trottoir ne rapporte plus rien », déclare Pamela.

Marthe Richard, espionne et prostituée :  

            Cette dame n’était qu’une ancienne « michetonneuse » mythomane, pseudo Mata-Hari, se vengeant de son trouble passé. Accusée d’escroquerie en 1949, elle sera amnistiée pour « le patriotisme ardent dont elle a fait preuve ». Elle avait été surnommée « la veuve qui clôt ».     
            De toutes façons, les ponctions du fisc, la pression de la police, les frais, la distribution d’enveloppes, rendaient la gestion des bordels de plus en plus aléatoire, d’où la reconversion vers les hôtels de passe. Seules semblent avoir souffert les grandes institutions, comme le fameux One two two (pour 122, son adresse rue de Provence) et Le Sphynx, à Paris ou certaines bonnes maisons en province. Avec ses 40.000 filles, la profession ne fera que se déplacer et entrer dans la clandestinité.                                                                                                            

Dubout – 1946, on ferme

Le fichier national sanitaire et social des dames « en carte », destiné à lutter contre la syphilis, sera supprimé en 1960.
Sacha Guitry, marié cinq fois à des artistes, affirmait que «les femmes que l’on paye coûtent moins cher que celles que l’on épouse».

           

            QUELQUES SYNONYMES DE PROSTITUÉE

Anciens : accrocheuse –allumeuse (active à l’allumage des réverbères) – bagasse – catin – femme de joie – fille de barrière ou à soldats, en carte (racoleuse),            ou en numéro (en bordel) – fille soumise – fillette – folieuse – gourgandine – greluche – grue – jeanneton – linotte – maraude – marcheuse – marmite – paillasse – pierreuse – poupine – ribaude – voyageuse.

Récents : abeille – agenouillée (fellatrice) – amazone, pompeuse (en voiture) – ambulante – araignée de    pissotière – arpenteuse de bitume, asphalte ou trottoir – arthurine – asticot – attoucheuse – baleine – béguineuse (gratos) – barboteuse – baronne (supérieure âgée) – bédo – belle-de-jour  ou de-nuit – bête à plaisir – biche (travesti) – biftèque – bitumeuse, roulante ou compteur (sur le trottoir) – bizenesse – blanchisseuse de tuyaux de pipes – blioteuse – boite à vérole – braguette (sous les porches) – bucolique ou zonarde (dans les bois) – cagole (Marseille) – call-girl (par téléphone)  – caravelle (hôtels, aéroports) – chagasse – chandelle (sous un éclairage) – cocotte-minute à l’abattage) – crocheteuse de culottes – dessalée – échassière , entraineuse ou serveuse montante (dans les bars) – étoile filante ou ménagère (occasionnelle de fin de mois) – fenêtrière (depuis sa fenêtre) – fleur de bitume ou de tunnel – foutinette – gagneuse – galérienne (dans les galeries-marchandes) – gironde ou chouette jolie) – michetonneuse ou siroteuse (terrasses de cafés) – garage à bite – langouste (stations balnéaires) – leveuse – limace – louve –morue –  moule à pute – paillasse (bas de gamme) – pain de fesses – perle – pucelle de la rue Maubuée Paris) – raie – roubiou laide) – soulageuse professionnelle – tapineuse – T.G.V. (rapide) – traînard (sans souteneur) – tricoteuse (au domicile du client).

Équivalents d’activité de prostitution : affourchée sur ses ancres (racoleuse au repos) – aller au persil, aux asperges ou aux épinards – aller au trot – allumer la quitourne (à la fenêtre) – arpenter le bitume – carburer à l’huile de fesses – aspro  (rapport sexuel avec prostituée) – au Bois – battre le trimar – bitumer –

            Veuillez m’excuser si j’en oublie ; Bob, le dictionnaire d’argot, affiche une liste « nativement triée » de 483 synonymes !

 

 Quelques lectures :

Arlet J. : Toulouse à la Belle-Époque – Loubatières / 1999 
Béalu M. : La Poésie Érotique – Seghers / 1971 
 Boudard A. : La fermeture – Laffont / 1986     
 Bur G. :Police et prostitution – n° 546 Archives Municipales / 1997 
Camuzet : Les sonnets du docteur – Laboratoires Camuset                        Chalande Jules : Histoire des rues de Toulouse – Douladoure / 1919   
Chaumartin H. : Cythère – XVIII° siècle – Petite Histoire de la Médecine / 1952
Duby G. : Histoire de la France Urbaine – Seuil / 1981
Fourcassié J. : Toulouse, une ville à l’heure romantique – Plon / 1953
Grasso Silvana : Au XVIII° siècle, les nuits roses d’un Toulouse coquin – Archives Municipales – La Dépêche du  Midi / oct. 2016 
 Leblanc G. : La vie à Toulouse il-y-a 50 ans – Privat / 1978 
 Le Roy Ladurie : Montaillou, village occitan – Gallimard / 1976              Perret P. : Le parler des métiers – Laffont / 2002                                               Remplon L. – Viala A. : L’Auta / Février 2003    
Roby A. : La prostitution en Midi toulousain à la fin du Moyen Âge (XIII°- XVI° siècles / 2016 
Roby A. : La prostitution au Moyen Âge – Loubatières / 2025 
Rochelandet B. : Histoire de la prostitution du Moyen Âge au XX° siècle – Cabidita / 2009
Rouch J.-J.: Le Toulouse coquin à l’époque des maisons closes – La Dépêche du Midi / fév. 2005
 Salies P. : Les Toulousains et leur Garonne – Archistra / 1998 
Salies P. : Dictionnaire des rues de Toulouse – Milan / 1989       
Taverne Pierre : À la recherche du passé toulousain – La prostitution à Toulouse – Toulouse Information N° 145 / Nov. 1967                         Vignaux A. : Fillettes et capitouls – Lagarde & Sébille /1899   
Wolff Ph. : Histoire de Toulouse – Privat / 1972
Wolff Ph. – Dieuzaide : Voix et images de Toulouse – Privat / 1962       Zink M. : Un portefeuille toulousain – Édit. du Fallois / 2007

Et la complicité de François-Régis Gastou.

Jean-Paul Riffard (Toulouse – 2025) 

25-10-08 Eloge Mme DELGA

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Séance solennelle au conseil régional d’Occitanie à Toulouse 
Le mercredi   8 octobre 2025 à 17 h
Sous la présidence de madame la présidente Carole DELGA
et de monsieur le conseiller régional Serge REGOURD

Éloge de Madame la présidente Carole DELGA nommée présidente d’honneur de l’Académie du Languedoc

 par le docteur JF GOURDOU Secrétaire perpétuel

 

Chère Madame Carole DELGA Présidente de la Région Occitanie 

L’Académie du Languedoc vous remercie chaleureusement de votre invitation au conseil régional d’Occitanie de Toulouse qui honore beaucoup notre Académie du Languedoc, car en effet le nom d’Occitanie est équivalent du nom du Languedoc.

Votre invitation correspond aussi à une tradition, puisque c’est la troisième fois que l’Académie du Languedoc est reçue ici dans ce magnifique palais de région.
La première fois Le 28 avril 2011 par madame Nicole Belloubet, alors vice-présidente puis la deuxième fois le 4 juin 2015 par le président Martin Malvy.

Nous avons donc l’honneur, à votre tour, de vous installer présidente d’honneur de l’Académie du Languedoc. En effet vous en avez hautement toutes les qualités requises d’origine languedocienne et de bonnes qualités socio professionnelles.

ORIGINE LANGUEDOCIENNE

Sur le plan languedocien vous êtes en effet née à Toulouse le 19 aout 1971, toutefois vous êtes originaire de Martres Tolosane superbe village en circulade du milieu de la Haute Garonne, célèbre pour ses faïences.

ETUDES

Vous avez de bonnes études au lycée de Saint Gaudens puis à l’université de Toulouse avec un diplôme en sciences juridiques puis à l’université de Pau avec un master en droit des collectivités locales. En 1994 vous êtes reçue au concours d’attaché territoriale et en 2002 à l’examen professionnel de la discipline.

CARRIERE ADMINISTRATIVE

Vous optez alors pour une carrière administrative, tout d’abord de 1994 à 1996 fonctionnaire territoriale à la mairie de Limoges, chargée des monuments historiques et archéologiques, puis vous revenez chez vous de 1998 à 2005 comme Directrice Générale des services du syndicat des eaux de la Barousse du Comminges et de la Save

En 2005 vous intégrez le conseil Régional midi Pyrénées comme directrice adjointe de l’aménagement du territoire puis en 2007 du développement économique et durable.et en 2010 vous arrêterez votre profession au conseil régional.

CARRIERE POLITIQUE

Car dans le même temps au début vous allez débuter une brillante carrière politique
En 2004 vous adhérez au parti socialiste. 

MAIRE DE MARTRES TOLOSANE : Le 16 mars 2008 vous serez élue, maire de votre commune de Martres Tolosane. Vous serez réélue en 2014. Mais étant nommée la même année au gouvernement vous devez démissionner du poste de maire, tout en restant 1 adjointe, chargée de l’administration générale et des investissements.

VICE PRESIDENTE DU CONSEIL REGIONAL MIDI-PYRENEES

En 2010 vous avez été élue vice-présidente du Conseil Régional Midi Pyrénées sur la liste du président Martin Malvy chargée de la ruralité, des services publics en milieu rural et des technologies de l’information et de la communication. Vous démissionnerez pour respecter le cumul des mandats de ce poste lors de votre élection de députée.

DEPUTE DE LA HAUTE-ARONNE

Le 20 juin 2012 à juillet 2014 puis de 18 juillet 2015 au 20 juin 2017 vous avez été élue députée de la Haute Garonne de la 8e circonspection du Comminges-Saves.

SECRETAIRE D ETAT

De 3 juin 2014 au 17 juin 2015 vous serez nommée Secrétaire d’état, chargée du commerce de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire, dans les 2 gouvernements du premier ministre Manuel Valls I puis II, sous la présidence de Francois HOLLANDE. Vous avez été à l’origine de décrets créant la mention « fait maison » pour les restaurants et les métiers, valorisant l’artisanat, artisan d’art, artisan fromager, artisan cuisinier, avec un fond d’innovation sociale

PRESIDENTE DU CONSEIL REGIONAL D’OCCITANIE

En 2015 vous vous lancez pour la campagne des régionales de la nouvelle grande région, qui sera nommée alors l’Occitanie. Vous êtes élue le 13 décembre 2015 et vous assurez le passage à la grande région d’Occitanie, fusionnant Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon, réunissant 13 départements, avec organisation générale des services, tout en conservant les 2 sites administratifs historiques, Toulouse et Montpellier et en soutenant la SNCF régionale

Vous créez de nouvelles instances régionales, le Parlement de la mer et celui de la montagne avec une Assemblée des territoires, représentant les anciens Pays de la nouvelle grande région d’Occitanie.

En 2021 vous êtes brillamment réélue avec votre liste « l’Occitanie en commun. »

PRESIDENTE DE L’ASSOCIATION DES REGIONS DE FRANCE
Le 9 juillet 2021 vous avez été élue, première femme à occuper cette fonction

Depuis cette date jusqu’à ce jour de 2025, vous présidez toujours avec succès la région Occitanie et en 2025 vous avez créé un parti politique « la République en Commun » pour participer à l’action politique régionale et nationale.

Vous êtes devenu une grande présidente de la région d’Occitanie aussi nous sommes très honorés de vous installer présidente d’honneur de l’académie du Languedoc.

Recevez votre diplôme d’honneur et d’appartenance. Félicitations.

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