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26-01-28 Allocution d’ouverture

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Allocution d’ouverture
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel

 

Monsieur Jean Luc Moudenc, Maire De Toulouse, Président Toulouse Métropole,
Les représentants des autorités civiles, militaires et religieuses,
Chères consœurs, Chers confrères, et Chers amis de l’Académie du Languedoc

Mesdames, Messieurs 

J’ai le plaisir et le grand honneur en tant que secrétaire perpétuel de l’Académie du Languedoc d’ouvrir cette première séance solennelle de 2026 soit la 61e depuis sa création en 1965.

L’Académie du Languedoc vous souhaite encore à vous tous ici présents ses meilleurs vœux pour cette année importante de 2026, en particulier à vous monsieur le maire en souhaitant votre pleine réussite. Toutefois le début d’année a été attristé par le décès de notre ancien président le docteur Henri COUSSE on pense bien à lui. Nous vous remercions chaleureusement car vous avez fidèlement accueilli l’Académie du Languedoc  pour ses deux séances solennelles annuelles pendant 20 ans  depuis votre première élection de maire le 6 mai 2004 .Vous êtes donc Président né et Président d’honneur de l’Académie du Languedoc depuis cette date. A cette occasion vous nous aviez reçu dans votre bureau de Capitole où notre regretté secrétaire perpétuel  José Badie  vous avait remis la médaille et vous avait  décoré du pins de l’ Académie. Les  photos conservées  se trouvent dans notre annuaire historique. Merci encore cher maire et cher ami.                                            

Cette séance solennelle va être à la fois particulière et classique.  Particulière car nous allons honorer deux célèbres Toulousains, l’écrivain membre de l’Académie française maître José CABANIS et son fils, le professeur universitaire de droit André CABANIS.

En effet, comme l’Académie du Languedoc a été créée en 1965 à Paris et à Toulouse par deux membres de l’Académie française originaires du Languedoc André CHAMSON et Jean MISLER, nous allons intégrer avec fierté  le Toulousain José CABANIS de l’Académie française, dans notre comité d’honneur. A cette occasion nous décernerons à nouveau le prix de littérature José CABANIS.

Classiquement, nous allons avoir 4 installations de nouveaux membres et 5 prix selon la particularité pluriculturelle de notre Académie, avec à chaque séance, plusieurs prix, d’histoire, de poésie, de peinture, de sculpture, de théâtre, de photographie, de science et de médecine. Ce qui la particularise par rapport à d’autres Académies spécialisées dans une discipline. Toutefois le prix de littérature est toujours au premier plan par son « Grand Prix annuel de la ville de Toulouse », comme celui d’aujourd’hui, doté d’un beau chèque de la mairie de Toulouse. Encore merci monsieur le maire. 

Vive encore longtemps l’Académie du Languedoc.

Merci de votre attention.

 

26-01-28 André CABANIS membre d’honneur

ACADEMIE DU LANGUEDOC

André CABANIS membre d’honneur
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Eloge par Jean-François GOURDOU Secrétaire perpétuel

Monsieur le Maire, encore tous nos remerciements pour votre accueil.

Chères consœurs, chers confrères, chers amis de l’Académie du Languedoc,

L’Académie du Languedoc va en ce jour honorer à la fois monsieur le professeur André CABANIS et son père José CABANIS en décernant le prix de littérature du nom de son père José CABANIS, cela pour la 2e fois, le   premier ayant eu lieu le 6 juin 2016 à la mairie de QUINT- FONSEGRIVES.

Nous rappellerons que nous avons plusieurs prix de littérature honorant des écrivains de talent du Languedoc, aux noms de célèbres écrivains, originaires du Languedoc, Pierre GOUDOULI et Prosper ESTIEU pour La langue d’oc, André SOUBIRAN, Maurice MAGRE, Louis HEMON, Bernard BLANCOTTE, Georges MAILHOS et José CABANIS.

De plus monsieur José CABANIS a été élu membre de l’Académie française le 21 juin 1990 au 20e fauteuil, après avoir eu en 1976 le grand prix de littérature de l’Académie française. Il a ainsi rejoint le comité des membres de l’Académie française André CHAMSON, Jean MISTLER et Jean D’ORMESSON, cofondateurs présidents d’honneur, à l’origine de l’académie du Languedoc à Paris et à Toulouse en 1965.

José Cabanis est un vrai toulousain de Toulouse, une gloire de Toulouse, d’une ancienne famille. En effet son grand père Jean Guillaume Cabanis fut maire de Toulouse sous le roi Louis Philippe et député de la haute Garonne. Il est donc né le 22 mars 1922 à Toulouse ou il fit de bonnes études dont la licence en droit et en philosophie. Mais en 1943 il fut requestionné et envoyé en Allemagne au titre du STO, ouvrier dans une usine, jusqu en 1945.

A son retour, il reprit ses études de droit, avec un DESS de philosophie sur la pitié et un doctorat en droit sur l’organisation de l’état d’après la république de Platon et la politique d’Aristote. Il devint ainsi avocat et expert près les tribunaux et la cour d’appel de Toulouse.

Toutefois rapidement il consacra la plupart de son temps à la littérature et aura une grande carrière d’écrivain régional et national, en obtenant le prix Renaudot en 1966, pour son célèbre roman, « La bataille de Toulouse ».

José Cabanis fut un grand auteur de nombreuses œuvres diverses, plus de 50 publications dont plus d’une douzaine de romans. Il travaillait souvent de nuit, drapé en hiver, dans un manteau, dans son château propriété de Nolet, de Balma, racontant la vie de son amie Gabrielle dans son roman « les jeux de la nuit » publié en 1964 chez Gallimard comme beaucoup de ses livres. Gabrielle sera encore dans d’autres romans lui faisant dire « si tu n’écrit pas, tout est perdu » le roman « Le crime de TORCY »   clôturera la liste de ses romans conçu pour n’en être qu’un seul.

Il écrivit aussi des essais et des livres historiques sur julien GREEN, PROUST, RIMBAUD, LACORDAIRE, NAPOLÉON,  CHARLES   X, SAINT SIMON,  CHATEAUBRIAND…

Sa réputation d’écrivain et d’académicien fut immense, il fut honoré dans de nombreux lieux à Paris et à Toulouse, où il fut nommé en 1965 membre de l’Académie des jeux floraux comme son grand père en 1843 et ensuite son fils André en 2011.  Il mourut le 6 octobre 2000 à Toulouse entouré des siens.

Nous en perpétuons ainsi son souvenir dans l’académie du Languedoc, parmi bien d’autres  en particulier la ville de Toulouse qui nomma sa belle médiathèque José CABANIS.

 

Voyons maintenant la carrière de son fils le professeur d’université André CABANIS, empêché d’être présent ce soir, du fait d’un problème de Santé.  Celui-ci né aussi à Toulouse le 6 juin 1947 réside toujours à Toulouse et au domaine de Nolet. 

 Après de solides études à Toulouse il intégra la faculté de droit avec une thèse de doctorat sur le Consulat et l’Empire.   Puis il sera nommé professeur agrégé de droit en 1972. Il enseignera dès lors le droit à l’université Toulouse I Capitole, rattachée au centre toulousain d’histoire du droit et des idées politiques.  Il aura une magnifique carrière d’historien du droit français avec de très nombreux ouvrages. 

Il occupera aussi des fonctions importantes de directeur de centre de recherches sur le droit à la formation :                                                              Chargé de mission auprès du préfet de région affaires culturelles éducation nationale, Directeur de l’institut des études politiques,       Directeur des presses universitaires, Vice-président de l’université toulouse1 Capitole.

Enfin professeur émérite en 2015.

Nous l’en félicitons pour cette belle carrière

25-02-19 remerciements Gerbe d’Or

ACADÉMIE DU LANGUEDOC

Cérémonie solennelle salle des Illustres au Capitole
Soixantième anniversaire de l’Académie
19 février 2025

Remerciements à La Gerbe d’Or

par Patrice de VIGUERIE (2e fauteuil)

Chers amis,

J’ai l’honneur d’accueillir au nom de l’Académie du Languedoc, Monsieur Patrice ROUZEAU, pour la remise d’un diplôme d’honneur à « La Gerbe d’Or » représentée par son Président.

Monsieur,

L’année dernière en 2024, la Gerbe d’Or a fêté ses 90 ans. En effet c’est une longue tranche de vie pour cette association crée en 1934, par l’abbé Georges Despax, Monsieur Chassaing et le baron Pierre de Lassus, pour développer le sport, la gymnastique et la musique auprès des jeunes. Ainsi, les 10 et 11 juillet 1937, La gerbe d’Or était présente pour un défilé au parc des princes à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris.

Le point d’orgue fut l’expédition vers Paris en juin 2006 avec un 1er prix pour la Musique au concours national, à l’occasion de ses 100 ans de l’Union des fanfares de France, avec les 100 fanfares venues de toute la France pour le grand défilé sur les Champs Elysées, un concert devant la pyramide et le Carrousel du Louvre et un gigantesque rassemblement sur le Champs de Mars avec plus de 5000 musiciens.

La particularité de la Gerbe d’Or qui en fait sa fierté est qu’elle a su résister aux modes des années 70 du Twirling bâton et des bandas, en gardant la tenue traditionnelle (bottes blanches, shakos à plume, robes courtes et bien sûr baguettes), et avoir sa propre fanfare et ses chorégraphies combinées.

En 2014, pour ses 80 ans et pour la première fois, La Gerbe d’or a raconté son histoire à travers un spectacle musical « Génération fanfare » avec un scénario et des partitions inédites, crées pour cette occasion. Vu le succès de cette aventure en 2023, une nouvelle comédie musicale « Les liens du son, voyage musical » a vu le jour et cette fois produite à guichet fermés sur plusieurs communes en partenariat avec des associations de l’intercommunalité et les enfants de l’école de Saint Loup Cammas.

Pour ses 90 ans le festival « les moissons musicales » a rassemblé sur la commune des centaines de musiciens et majorettes, avec pour la première fois la tenue de Master classes par des musiciens professionnels, pour certains qui ont fait leurs premières armes dans les rangs de la Gerbe d’Or.

Toujours dynamique mais toujours la recherche de nouveaux musiciens et majorettes, de tous niveaux et formés en interne avec prêt d’instrument, cette association porte haut et loin les couleurs des fanfares de France.

Nous sommes heureux au nom de l’Académie du Languedoc de vous remettre ce diplôme.

26-01-28 Grand Prix littéraire ville de Toulouse

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Grand Prix littéraire de la ville de Toulouse attribué à

Marie-Hélène NUNEZ

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présentée par Michel PORTOLA  31e fauteuil 

Bonsoir,

Il m’est agréable de présenter ce soir, lors de cette séance solennelle, Marie-Hélène NUNEZ. Nous nous connaissons depuis près de trente ans alors qu’elle était professeur agrégée de lettres classiques au collège de Bellefontaine à Toulouse. J’étais son chef d’établissement.

Très vite, j’ai pris la mesure de ses qualités d’enseignante, notamment en direction d’une population pas toujours favorisée.

Enseigner le français en ZEP est une démarche normale mais développer l’apprentissage du latin auprès de cette variété de cultures n’était pas chose évidente tout comme d’emmener ses élèves en voyage linguistique à Rome. Et ses convictions profondes de la pratique élégante de notre belle langue l’ont poussée à me demander de créer une section de grec, ce à quoi j’ai accédé avec enthousiasme.

Ce n’est pas osé, c’est tout simplement exceptionnel, empreint d’un souci de réussite, d’émancipation, d’ouverture de l’esprit vers l’universalité et la tolérance.

Je la retrouve donc au travers de sa production littéraire dont je retiens 4 titres :

En 2013, « Dis-moi seulement une parole et je serai guéri ».
En 2017, « Leurs chemins ».
En 2020, La Petite ».
Et aujourd’hui, « Territoires Etanches ».

La fratrie NUNEZ était basée à Mazamet. Et au travers de cet ouvrage, j’ai découvert un territoire profondément ancré dans une industrialisation du traitement des peaux et laines de mouton, au point d’en devenir la 1ère puissance mondiale du délainage.

Et c’est cette fabuleuse aventure humaine, que retrace M.H. NUNEZ  en décrivant, sans aucune concession, les dures conditions de vie endurées par une population totalement dépendante de cette économie florissante.

Et cela s’est poursuivi des décennies durant jusqu’aux années 1980 où le déclin, du fait de l’industrialisation à outrance, de la mondialisation effrénée, a anéanti ces territoires.

Le livre retrace avec passion, sincérité, sensibilité, cet attachement viscéral à des métiers pourtant ingrats sur fond de jalousies religieuses.

En effet, les familles de patrons étaient protestantes alors que celles des ouvriers étaient catholiques. Ce clivage qui deviendra même politique, a suscité de nombreuses crises, toujours résolues.

J’ai été absorbé, passionné, bouleversé par la lecture de cette saga et je serais tenté de vous la faire partager ici-même…

On se sent tellement pris par l’analyse humaine, la vérité authentique des personnages que l’on en est droit de se demander si vous – M.H. N.- n’avez pas été au cœur de cette aventure ?

Allez donc à la rencontre de Marthe, Paul, Jean-Christophe, François, Jeanne, Hafsatou…

 Certes, vous livrez ici des souvenirs d’enfance, même olfactifs, au travers de visites imposées et que vous détestiez.

On rit, on pleure, on souffre en partageant votre narration et on ne peut que vous rendre hommage quant au travail effectué sur les récits. Pas de plan à priori, tout est construit au fur et à mesure des mots.

Avec quelle capacité vous entrez dans la peau des acteurs de cette aventure ! Un ressenti affirmé tant pour les personnages réels que fictifs.

Certaines fois, l’écriture est courante et durable. D’autres fois, vous donnez l’impression d’attendre afin de se faire rencontrer les idées.

Pour conclure, je relèverai cette formule énoncée dans votre ouvrage :

«  Chaque bourg aura une stèle ornée d’une épitaphe : A LA GLOIRE DE L’USINE SACRIFIEE A LA MONDIALISATION ».

Bonne lecture.

L’Académie du Languedoc est heureuse de vous décerner le Grand Prix Littéraire de la Ville de Toulouse.

 

 

 

26-01-28 Présentation M. GAUDOIS

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Présentation en tant que Membre associée de l’Académie de

Marielle GAUDOIS
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026

Présentation par Georges BENAYOUN  23e fauteuil

Monsieur le Maire, Président de Toulouse Métropole, Cher Jean – Luc,
Monsieur le Secrétaire Perpétuel
Monsieur le Président de l’Académie
Monsieur le Secrétaire Général
Mesdames et Messieurs les Académiciens
Chères Consœurs, Chers Confrères
Mesdames, Messieurs,

 

Aujourd’hui, c’est avec une joie profonde et un vrai sentiment de fierté que nous célébrons l’entrée au sein de l’Académie du Languedoc de Marielle Gaudois.

Accueillir Marielle, ce n’est pas seulement honorer un parcours remarquable mais c’est souhaiter la bienvenue à une personnalité lumineuse, une femme dont la curiosité et la générosité ont marqué celles et ceux qui l’ont rencontrée.

Marielle Martine GAUDOIS est née un 6 décembre à MONTAUBAN.

Elle est Consultante en entreprise, fondatrice et dirigeante du Cabinet Arcade Management

 

Née un 6 décembre elle est donc SAGITTAIRE

Les Sagittaires sont décrits comme dynamiques, romantiques, et indépendants. Ils sont souvent déterminés et passionnés par leurs objectifs
On retient chez eux un esprit d’aventure, toujours prêts à relever des défis

Ce sont des sujets optimistes, honnêtes et francs, sociables, généreux, et dévoués pour le bonheur de leurs proches.

On peut retrouver au prénom Marielle des origines diverses à travers les âges. Il plonge ses racines dans une tradition plurielle et millénaire.
D’inspiration catholique il est étroitement lié à la Vierge Marie, figure centrale de foi, de pureté et d’espérance

Sur le plan hébraïque il dérive du prénom Myriam, la sœur de Moïse, l’aimée de Dieu ou encore élévation

Enfin dans la tradition arabe, ce prénom se rapproche de Maryam, symbole de piété et de vertu

Ainsi Marielle incarne un pont entre les cultures et les spiritualités, porté par une mémoire sacrée et universelle

S’agissant de son parcours professionnel on retiendra qu’elle a été formée à la Chambre de Commerce de Paris et au CESI de Toulouse.

Elle a axé son travail sur les Méthodes et Techniques de gestion des entreprises, les audits d’organisation, la communication, en lien avec la politique des ressources humaines, l’animation de sessions de formation aux techniques de management, les bilans de compétences, mais également des Activités de conseil

 

Entre 2005 et 2021 elle est membre du bureau du MEDEF de la Haute-Garonne.

Elle siège également au CESER (Conseil Economique Social et Environnemental Régional).

  • Présidente de la Commission Activités et Mutations Economiques.
  • Membre de la Commission Transfert – Innovation – Valorisation de la recherche.

En 2025 elle accède au poste de Présidente de l’Association Le Relais qui œuvre pour l’hébergement et l’insertion de personnes en grande difficulté.

Présidente de Bio Med Alliance, cluster d’entreprises de Bio Santé de la Région Occitanie, et enfin, membre du Bureau du Pôle de compétitivité Cancer Bio Santé.

Marielle GAUDOIS s’est imposée avec le temps comme une consultante en entreprise attentive, perspicace et profondément humaine.

Ce qui la distingue, ce n’est pas seulement sa compétence — indéniable — mais sa capacité rare à comprendre les gens, à apaiser les tensions

Dans un monde professionnel parfois rude, elle a toujours choisi l’écoute et la bienveillance.

Mais la compétence technique ne suffit pas à définir une vie.

 

Ce qui caractérise profondément Marielle Gaudois, c’est son ouverture au monde, sa volonté de comprendre l’autre, d’explorer, d’apprendre.

Ses nombreux voyages — de la Mongolie au Cambodge, du Maroc au Sénégal, de l’Irlande à la Norvège, de l’Italie à la Thaïlande — témoignent d’une curiosité rare et d’un respect profond pour les cultures, les peuples et les histoires qui composent notre humanité.

Elle a su rapporter de ces rencontres non seulement des souvenirs, mais surtout une vision : celle d’un monde où l’écoute et la compréhension sont les premiers instruments du progrès.

Ce goût du voyage n’est autre que le reflet d’une âme ouverte, curieuse et profondément humaniste.

En 2010, la Nation a reconnu son engagement en lui remettant les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur. Une distinction qui ne fait que souligner un trait essentiel de sa personnalité : son sens du service, son attachement aux valeurs humaines, son désir sincère de contribuer au mieux-être de ceux qui l’entourent.

Et elle occupe au sein de l’Association Départementale des Membres de la Légion d’Honneur un poste de responsabilité en charge, comme par hasard de l’organisation des voyages.

Et voilà… la boucle est bouclée

Marielle, votre arrivée à l’Académie du Languedoc nous touche.

Elle nous honore, et elle nous réjouit.

Parce qu’avec vous, nous accueillons non seulement une professionnelle accomplie, mais une femme de cœur, une femme qui sait écouter, comprendre, et surtout transmettre — avec douceur, avec énergie, avec sincérité.

Chère Marielle,

Nous vous souhaitons la bienvenue parmi nous.

Votre parcours, profondément ancré dans l’expérience, nourri par la diversité des cultures et éclairé par l’excellence professionnelle, enrichira sans nul doute nos travaux et notre mission.

Que votre voix, votre chaleur et votre expérience enrichissent longtemps nos travaux et nos échanges.
Nous sommes heureux, très heureux, de vous compter désormais parmi les nôtres

 

Sérénade des étudiants de Daniel LASSALLE

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Daniel LASSALLE : Prix de musique Gabriel FAURE 

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026

Sérénade présentée par les étudiants (trombone) de Daniel LASSALLE du Conservatoire à rayonnement régional de Toulouse.

Un grand merci à eux pour leur magnifique prestation.

Vidéo partielle captée par Patrice de Viguerie.


Merci aux 15 étudiants et à leur professeur

 

26-01-28 Prix Gabriel FAURE

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix de musique Gabriel FAURE attribué à

Daniel LASSALLE

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Patrice de VIGUERIE 2e fauteuil 

Chers amis,

J’ai l’honneur de vous présenter Monsieur Daniel LASSALLE qui a obtenu le prix de musique, Gabriel Fauré, de l’Académie du Languedoc.

Monsieur,

Vous êtes un musicien, directeur artistique de l’ensemble des Sacqueboutiers de Toulouse, vous pratiquez la sacqueboute et le trombone.

Né à Lavelanet en Ariège le 6 septembre 1965. Vous débutez la musique dès l’âge de 5 ans. Vous avez fait vos premières études musicales tout naturellement à l’école de musique de Lavelanet. C’est à 10 ans que vous rejoignez le conservatoire de Toulouse où vous obtenez une médaille d’or à l’unanimité. Puis à l’âge de 16 ans, vous avez été admis au conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1982. Après deux ans, vous obtenez le premier prix de trombone à l’unanimité avec félicitation du jury. Un diplôme de professeur de musique et un certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de trombone ont complété votre formation pédagogique en 1984 et 1992.

Vous collaborez par la suite, avec des musiciens de renommée tels que Philippe HerreWeghe (La Chapelle Royale), Claude Malgoire, Dominique Visse (ensemble Clément Janequin), Wiliam Christie entre autres.

Vous vous investissez tout particulièrement dans l’interprétation de la musique contemporaine, notamment avec la Sequenza V pour trombone solo de Luciano Berio, que vous avez joué devant le compositeur.

Vous avez une passion toute particulière pour la Sacqueboute et avez intégré dès l’âge de 14 ans les Sacqueboutiers, plus tard à 18 ans l’ensemble Hespérion 20 de Jordi Savall, avec lequel vous travaillez toujours.

Vous êtes actuellement professeur de sacqueboute au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et professeur de trombone au conservatoire régional de Toulouse,et également directeur artistique des Sacqueboutiers.

La sacqueboute était jouée dans la musique religieuse et profane dès le XVième siècle, car des gravures ont été retrouvées où elle apparait. Très proche du trombone, elle a à peu près la même forme et fonctionne sur le même principe. Son étymologie est incertaine : le nom serait dû à la contraction des verbes de l’ancien français, sacquer et bouter, signifiant respectivement, tirer et pousser.

L’obtention de son est produit ici par les vibrations de l’air provoqué par les lèvres du musicien sur l’embouchure, contrairement aux instruments de la famille des bois dont le son est produit par le souffle et la vibration d’une anche, en roseau parfois, et non pas par les lèvres du musicien.

L’air qui vibre est votre matière première. La respiration et son contrôle est majeure dans votre art pour déterminer les notes mélodieuses de votre musique. Le son émis est ensuite porté par l’air jusqu’à notre tympan.

L’air et les notes que vous faites vibrer dans votre instrument en cuivre va rejoindre le firmament et nous élève vers d’autres dimensions. La volonté de s’élever par un son mélodieux vient du fin fond des âges.

Mais il faut attendre l’âge de bronze pour voir arriver les premiers instruments en métal, soit 3000 ans avant JC.

Auparavant, l’homme a pris, pour premiers instruments à vent, un coquillage, un os, de l’ivoire, une corne de bélier ou une corne de grand Koudou, et c’est le Chofar qui venait clore la prière juive du Youm Kippour il y a 5786 ans. C’était surement l’un des premiers instruments à vent, faute de cuivre, puis la flute est arrivée où l’on a permis aux notes de s’élever, dans un bois creux percé de trous.

Trompes de chasse, trompettes et cor, clairon et tuba, trombone à coulisse, et sacqueboute nous y sommes, droites ou courbées nous nous rapprochons des instruments en cuivre et du trombone

C’est la bouche, importante, qui laisse entrer et sortir le souffle de la respiration, son rôle est majeur. Il y a une énergie spirituelle dans cet air partagé que nous respirons avec nos poumons, car il est respiré par tous nos semblables.

C’est l’ouverture de la conscience, l’accueil du Principe au plus profond de soi. C’est la reconnaissance de ce qu’il y a de plus universel au monde, de mieux partagé, l’air, est cette chose indicible dans laquelle nous baignons tous.

C’est avec l’air, que l’enfant qui naît prend vie, c’est sans air que le mourant demeure, après son dernier souffle.

Laisser entrer le souffle en soi, c’est renoncer à son ego, c’est abandonner l’illusion d’être séparé des autres. C’est s’ouvrir à la réalité : tout est interdépendant, tout est unité.

Patrice de Viguerie

26-01-28 Installation Annette CUNNAC fauteuil 26

ACADEMIE DU LANGUEDOC

Installation au 26e fauteuil de l’Académie de

Annette CUNNAC
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Installée par François-Régis GASTOU Secrétaire général 

Monsieur le Maire,
Monsieur le Secrétaire Perpétuel,
Monsieur le Président,
Mesdames et Messieurs les Académiciens et Membres associés
Madame,

 

Aujourd’hui Madame, c’est un jour exceptionnel, un jour pas comme les autres, un jour différent des autres. L’Académie du Languedoc vous octroie le 26ème fauteuil où ont préalablement siégé, le professeur Jean Cazalbou, l’historien Jean-Paul ESCALETTES et le professeur Jean LOZES. Vous relaterez la carrière de ce dernier dans quelques instants. Vous siègerez au sein de notre Compagnie pour maintenir et perpétuer les traditions languedociennes au même titre que notre compagnon le docteur Michel OLLE-CAUSSE titulaire du 11ème fauteuil qui, grâce à sa curiosité et sa perspicacité, a découvert votre peinture lors d’une de vos expositions personnelles à la galerie Mage de Toulouse en 2022 ; découverte qui a retenu toute l’attention de notre académie.

En connaissant une partie de votre œuvre et ayant partagé avec vous quelques conversations, vous me ramenez, Madame, des années en arrière, c’est-à-dire en 1980 lors de mon installation au 54 ème fauteuil, occupé à titre posthume par Renée ASPE, artiste-peintre languedocienne, bien connue des toulousains et de la région. Vous avez, d’ailleurs, obtenu le prix de peinture Renée ASPE de notre Académie en 2022 dont l’éloge a été prononcé par notre confrère Bernard POUILHES siégeant au29 ème fauteuil

Sans toutefois établir un véritable parallèle, vous me rappelez Renée ASPE, vous êtes une femme distinguée, souriante, portant l’amour du Beau jusqu’au bout de vos doigts, vous avez la passion du dessin et de la peinture, totalement immergée dans l’art pictural comme nous dirions aujourd’hui parfaitement investie ; vous nous offrez à chacune de vos créations une peinture ou un pastel séduisant aux lignes parfaites toujours très proches de la réalité que vous saisissez sur le vif.

Vous êtes, Madame, depuis déjà quelques décennies une artiste-peintre reconnue de

notre Languedoc qui a imposé son style, tout simplement.

Le 12 décembre 2023, vous avez été honorée une seconde fois par l’Académie du Languedoc en devenant Membre associée de notre Compagnie à la suite de la présentation de notre confrère et Président Michel CARRIER siégeant au 33ème fauteuil.

Vous êtes née à Rabastens avec le demi-siècle dans cet agréable département du Tarn sous le signe des poissons qui ondulent gracieusement dans les eaux scintillantes de la rivière.

Benjamine d’une grande fratrie, vous avez vécu dans un cadre familial chaleureux. Vous étiez proche de la Nature dans cette campagne tarnaise, très sensible à la beauté et à la diversité des paysages.

Vous avez suivi une éducation scolaire à l’école primaire St Joseph de Salvagnac, au collège de Rabastens et au Lycée Rascol d’Albi. Ensuite, vous intégrez à Toulouse le lycée Ozenne et vous obtenez en 1970 un BTS de Secrétaire de direction bilingue. Et vous partez pendant cinq ans en Angleterre pour vous perfectionner dans la langue de Shakespeare tout en exerçant un emploi. En 1983, vous poursuivez votre parcours professionnel en revenant en France et vous vous installez dans notre capitale languedocienne où vous intégrez le Laboratoire d’optique Acon-Médicornéa en qualité d’assistante de direction bilingue.

Vous êtes fascinée par l’architecture des beaux hôtels particuliers de Toulouse, par les réunions d’étudiants regroupés sous les parasols de la place de la Daurade ou par la chaleur rougeoyante que dégagent les briques des quais, le soir au soleil couchant, sur les bords de la Garonne.

Et là vous êtes subjuguée : cette ambiance vous séduit, vous attire et éveille en vous le désir profond de saisir sur une toile ces moments privilégiés.

Ce sera chose faite. Et vous voilà déterminée, vos suivez des cours de peinture à l’école des Beaux-Arts de Toulouse de notre ami commun, l’artiste peintre Pierre DARQUES hélas, depuis disparu. Vous avez en peu de temps, comme vous le soulignez si bien, acquis « de solides bases en dessin et en peinture »

Chez vous, la couleur n’est jamais simple ornement : elle est langage, émotion, battements de cœur. Vos touches chaudes, ocre vibrant, rouge ardent, jaune solaire s’entrelacent avec audace comme si votre toile souhaitait conserver la mémoire du feu et de la lumière. Dans chacune de vos œuvres rien n’est jamais figé.

Vous savez combien la contemplation d’un tableau, au-delà de toute explication, est avant tout un ressenti profond ou banal, une émotion intense ou indifférente.

Ça plait ou ça ne plait pas.

Et votre peinture plaît…En observant votre œuvre, on est immédiatement séduit par l’ambiance colorée et lumineuse qu’elle dégage et elle nous plonge spontanément dans l’univers et les scènes de vie que vous avez choisis au travers de votre ville de cœur ou des voyages que vous avez réalisés.

Douée d’une grande sensibilité et d’une maitrise de votre art grâce à un travail assidu, vous avez su vous imposer avec douceur dans ce domaine artistique ce qui correspond bien à votre personnalité aimable et bienveillante.

Vous travaillez en extérieur en prise directe et comme vous le dites : « lorsque je peins en plein air, je suis en état de réceptivité totale afin que rien ne vienne distraire l’œil de ce qui importe ».

Vous peignez maintenant depuis plus de trois décennies et vous avez présenté vos œuvres dans de nombreuses expositions et galeries françaises. Je retiendrai deux dates :

En 2014, vous êtes nommée sociétaire des Artistes Français et vous participez au salon annuel du Grand Palais de Paris

Et en 2025, le musée Raymond Lafage de l’Isle sur Tarn vous consacre une magnifique rétrospective de votre travail au pastel.

Madame, voici le moment de vous féliciter pour votre œuvre, vous êtes une grande artiste-peintre du Languedoc et quand on connait vos toiles et vos pastels, c’est entrer dans un espace ou la lumière devient émotion et ou la couleur raconte ce que les mots ne peuvent dire.

Vous faites partie de la lignée des artistes-peintres contemporains de notre région comme Edouard BOUILLERE , Renée ASPE, Daniel SCHINTONE , Rémy PEYRANNE, et Pierre DARQUES

L’Académie du Languedoc vous a distinguée pour vos talents, elle est heureuse aujourd’hui de vous compter parmi ses membres et de vous octroyer le 26 ème fauteuil.

Madame, nous vous adressons toutes nos félicitations et tous nos compliments

François-Régis GASTOU
Eloge prononcé pour l’installation au 29 ème fauteuil
d’Annette CUNNAC artiste peintre
Salle des Illustres Mairie de Toulouse
Mercredi 28 janvier 2026

26-01-28 Prix Henri MARTIN

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix de peinture Henri MARTIN attribué à

Patrick CHANU

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Alain DREUILHE 20e fauteuil 

Chers amis,

Le 6 avril dernier M Tony CASSARINO (ici présent- que je salue) Président fondateur de l’Association CONFLUENCES FORUM DES ARTS ET DES ARTISTES m’a invité à  l’inauguration aux Rencontres multi culturelles -sources-racines et traditions- organisées à Lisle sur Tarn avec la municipalité.

         Au cours de cette visite, alors que je ne suis qu’un amateur à peine éclairé, en matière de peinture, j’ai été totalement séduit pas les tableaux exposés dans la galerie CHANU qui participait à ce forum multiculturel et j’ai demandé à M. CASSARINO de rencontrer l’artiste.

         C’est ainsi que j’ai fait la connaissance  du peintre Patrick CHANU.

         Celui-ci m’a présenté plus longuement ses œuvres et j’ai de nouveau été conquis .

          La force des émotions qui transparaît, le constant rappel de nos racines profondes, le partage qu’il en émane, toute l’œuvre  de Patrick CHANU appelle à l’échange et au dialogue avec le terroir. Les tableaux du peintre CHANU son autant de témoignages de reconnaissance.
         Son premier tableau ici exposé avec ce couple de paysans criant de vérité illustre bien mes propos.

         Son deuxième tableau est un clin d’œil  que M. CHANU fait à l’Académie  du Languedoc. Comme on va lui remettre dans quelques minutes le prix Henri MARTIN  il nous présente la maison où le peintre a vécu à Labastide du Vert (dans le lot) et où il mourut le 12 novembre 194

         Alors que je m’entretenais avec Patrick CHANU, il  m’ alors appris qu’il avait obtenu le 2ième prix de peinture au salon de Quillan en 1995, le premier prix de peinture au salon de Rouffiac Tolosan en 1996,  le prix du jury, prix du public au salon de Saint Jean en 1997, le prix du cœur du jury au salon de Balma en 2023 (j’y étais) le 1er prix au salon confluence de Lavaur en 2022 .

          C’est alors que j’ai pensé pourquoi ne pourrait-il pas prétendre au prix prestigieux de  peinture Henri Martin décerné par la non  moins prestigieuse Académie du Languedoc ? j’ai présenté sa candidature et je suis heureux qu’elle ait été retenue.

         M, CHANU m ‘a déclaré que ses peintures étaient plutôt intimistes. Il en va de même pour les couleurs et les lumières. Il préfère « les demi teintes, décrocher les lumières dans les ombres et les clartés non saturées  »( là vous comprenez bien que je le cite).

         Son parcours a commencé par la bande dessinée. Puis 4 ans (1993-1997) dessins, plâtres et modèles vivants à l’académie de dessin de Toulouse sous la conduite de Luc Peltriaux (que certains ici doivent connaître). J’ai chez moi une œuvre de cet artiste.

         M. CHANU ajoute que la peinture figurative peut offrir ce supplément d’âme. « Il ne faut jamais perdre de vue qu’en matière de création nos doute sont nos seules chances d’évoluer » poursuit-il.  

         Il conclut  par cette citation d’Henri Le Sidaner (vous savez tous qu’Henri le Sidaner est un peintre post impressionniste de la belle époque, des années  folles.. (1862-1939)

         qui disait :

         « J’aime tant la peinture, que  j’aime tous les peintres pourvu qu’ils soient sincères »

                   A vos applaudissements je vous demande d’y associer son épouse Rolande et ses deux enfants François et Guillaume.                   

                                      Merci pour votre attention

26-01-28 Prix José CABANIS

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix littéraire José CABANIS attribué à

Alain BEYNEIX
pour

« Villégiatures singulières en terres méridionales »

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Maryse CARRIER 52e fauteuil 

 

 

Monsieur le Maire, Monsieur le Secrétaire perpétuel et Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Académiciens et Membres associés, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Né à Agen dans une famille de souche gasconne depuis au moins le 18e siècle, Alain Beyneix vit dans le Lot-et-Garonne, à Astaffort, sa résidence familiale depuis 6 générations !

Vos études universitaires vous ont conduit vers une licence d’histoire à Bordeaux, puis à Paris pour l’obtention d’un DEA d’anthropologie sociale et historique de l’Europe et un Doctorat de préhistoire.

Vos 14 ouvrages témoignent d’ailleurs de votre passion récurrente pour la préhistoire mais également pour l’archéologie et le régionalisme.

Vous avez obtenu 2 Prix auprès de la Société académique d’Agen et en 2024 la Société archéologique du Gers vous a décerné le Prix Pierre Dumont.

En 2020 vous avez été nommé Chevalier des Arts et Lettres et Officier des Palmes académiques en 2025, année où vous publiez aux Editions « Le Bord de l’eau : « Villégiatures singulières en terres méridionales » (cad : en Nouvelle Aquitaine et Occitanie, dites-vous).

« Singulières » effectivement sont ces villégiatures de 22 « élites politiques, artistiques et intellectuelles » la plupart parisiennes, de la Belle Epoque puis du XXe siècle, qui, pour diverses raisons, séjournèrent de façon plus ou moins prolongée dans notre beau Sud-ouest et en voici quelques unes :

    – C’est ainsi que « la star internationale de la Belle Epoque », redoutant à Paris d’être prise en otage par les Allemands, opta en 1914 pour Andernos, où elle séjournera ensuite durant sa convalescence après l’amputation de sa jambe droite, il s’agit bien sûr de la comédienne Sarah Bernardt.

    – Le peintre surdoué Toulouse-Lautrec né à Albi, se réfugiait souvent auprès de sa mère, au paisible Château Malromé en Gironde où il décèdera en 1901, victime notamment de ses addictions.

     – Qui est au courant du surprenant duel à Hendaye qui opposa un certain Jean Jaurès au séditieux boulangiste Paul Déroulède, ce qui fit l’objet de violents sarcasmes décochés par les caricaturistes de l’époque, toujours virulents envers les personnalités politiques, tel qu’Armand Fallières, ridiculisé en tant que « président vigneron », au milieu de son cher et vaste domaine de Loupillon dans le Lot et Garonne ?

    – La préhistoire et les trésors du Paléolithique n’étant jamais loin pour vous, si je puis dire, vous citez plusieurs archéologues, souvent autodidactes, cupides parfois et étrangers, tel l’Allemand Otto Rahn, en quête d’un mystérieux trésor autour de Montségur et d’Ussat-les-Bains…

      – Très affaibli par un cancer, un célèbre compositeur se réfugiera sur la Côte Basque, à Saint-Jean de Luz et surtout à Andernos, loin des salons parisiens : il est question ici de Claude Debussy.

      – Nombreux sont les hommes et femmes de lettres que vous mentionnez, en voici quelques uns : Edmond Rostand dont la santé précaire nécessitera, 22 ans durant, des séjours dans la station thermale de Bagnères-de-Luchon.

      Deux poètes, illustres représentants du mouvement surréaliste, vinrent découvrir eux aussi les paysages et les villages riants de notre région : la vallée de la Dordogne et Sarlat source d’inspiration pour Paul Eluard/ et Saint-Cirq-Lapopie, dans le Quercy, destination estivale favorite pour André Breton.

     Savez-vous que Marguerite Duras, emplie sa vie durant de nostalgie pour la maison et le village de son enfance heureuse, venait chercher une échappée hors du temps dans le Lot-et-Garonne, près de Duras, d’où son pseudonyme ?

      Et que dire de l’auteur de « Bonjour Tristesse », née dans le Lot, à Cajarc, véritable « source de décompression » pour la « fêtarde » Françoise Sagan, aspirant de temps en temps à la sérénité, dans son Quercy natal où elle côtoyait le couple Pompidou, lequel recevait dans sa résidence de vacances Rostropovitch, Pierre Boulez, Pierre Soulages… que du beau monde !                 

    Mais vous citez bien d’autres personnalités, je n’en ai évoqué (rapidement) que la moitié !… Et je tiens à préciser qu’Alain Beyneix, autour de toutes ces personnalités, nous offre toujours des descriptions détaillées de sites bucoliques, de bâtisses souvent bourgeoises et de leurs heureux propriétaires, sans oublier les incontournables trésors culinaires, le tout enrichi par des citations choisies et une abondante iconographie illustrant la présence de toutes ces élites qui succombèrent à l’attrait du Sud !

     En conclusion je dirai que votre œuvre n’est ni un roman, ni un guide touristique, elle est le produit d’un amoureux des « terres méridionales », votre galerie de portraits faisant revivre avec « justesse et humanité » toute une époque, où chacun de vos personnages a su capter l’âme et la lumière de cette France du Sud-Ouest, que vous aimez tant et que nous aimons tous !

     Monsieur Beyneix, l’Académie du Languedoc est heureuse de vous attribuer aujourd’hui le prix littéraire José Cabanis, dont le fils André – malheureusement absent – vient d’être honoré en tant que Membre d’Honneur !