26-01-28 Prix José CABANIS

ACADEMIE DU LANGUEDOC

 Prix littéraire José CABANIS attribué à

Alain BEYNEIX
pour

« Villégiatures singulières en terres méridionales »

Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Maryse CARRIER 52e fauteuil 

 

 

Monsieur le Maire, Monsieur le Secrétaire perpétuel et Monsieur le Président, Monsieur le secrétaire général, Mesdames et Messieurs les Académiciens et Membres associés, Mesdames et Messieurs, chers amis.

Né à Agen dans une famille de souche gasconne depuis au moins le 18e siècle, Alain Beyneix vit dans le Lot-et-Garonne, à Astaffort, sa résidence familiale depuis 6 générations !

Vos études universitaires vous ont conduit vers une licence d’histoire à Bordeaux, puis à Paris pour l’obtention d’un DEA d’anthropologie sociale et historique de l’Europe et un Doctorat de préhistoire.

Vos 14 ouvrages témoignent d’ailleurs de votre passion récurrente pour la préhistoire mais également pour l’archéologie et le régionalisme.

Vous avez obtenu 2 Prix auprès de la Société académique d’Agen et en 2024 la Société archéologique du Gers vous a décerné le Prix Pierre Dumont.

En 2020 vous avez été nommé Chevalier des Arts et Lettres et Officier des Palmes académiques en 2025, année où vous publiez aux Editions « Le Bord de l’eau : « Villégiatures singulières en terres méridionales » (cad : en Nouvelle Aquitaine et Occitanie, dites-vous).

« Singulières » effectivement sont ces villégiatures de 22 « élites politiques, artistiques et intellectuelles » la plupart parisiennes, de la Belle Epoque puis du XXe siècle, qui, pour diverses raisons, séjournèrent de façon plus ou moins prolongée dans notre beau Sud-ouest et en voici quelques unes :

    – C’est ainsi que « la star internationale de la Belle Epoque », redoutant à Paris d’être prise en otage par les Allemands, opta en 1914 pour Andernos, où elle séjournera ensuite durant sa convalescence après l’amputation de sa jambe droite, il s’agit bien sûr de la comédienne Sarah Bernardt.

    – Le peintre surdoué Toulouse-Lautrec né à Albi, se réfugiait souvent auprès de sa mère, au paisible Château Malromé en Gironde où il décèdera en 1901, victime notamment de ses addictions.

     – Qui est au courant du surprenant duel à Hendaye qui opposa un certain Jean Jaurès au séditieux boulangiste Paul Déroulède, ce qui fit l’objet de violents sarcasmes décochés par les caricaturistes de l’époque, toujours virulents envers les personnalités politiques, tel qu’Armand Fallières, ridiculisé en tant que « président vigneron », au milieu de son cher et vaste domaine de Loupillon dans le Lot et Garonne ?

    – La préhistoire et les trésors du Paléolithique n’étant jamais loin pour vous, si je puis dire, vous citez plusieurs archéologues, souvent autodidactes, cupides parfois et étrangers, tel l’Allemand Otto Rahn, en quête d’un mystérieux trésor autour de Montségur et d’Ussat-les-Bains…

      – Très affaibli par un cancer, un célèbre compositeur se réfugiera sur la Côte Basque, à Saint-Jean de Luz et surtout à Andernos, loin des salons parisiens : il est question ici de Claude Debussy.

      – Nombreux sont les hommes et femmes de lettres que vous mentionnez, en voici quelques uns : Edmond Rostand dont la santé précaire nécessitera, 22 ans durant, des séjours dans la station thermale de Bagnères-de-Luchon.

      Deux poètes, illustres représentants du mouvement surréaliste, vinrent découvrir eux aussi les paysages et les villages riants de notre région : la vallée de la Dordogne et Sarlat source d’inspiration pour Paul Eluard/ et Saint-Cirq-Lapopie, dans le Quercy, destination estivale favorite pour André Breton.

     Savez-vous que Marguerite Duras, emplie sa vie durant de nostalgie pour la maison et le village de son enfance heureuse, venait chercher une échappée hors du temps dans le Lot-et-Garonne, près de Duras, d’où son pseudonyme ?

      Et que dire de l’auteur de « Bonjour Tristesse », née dans le Lot, à Cajarc, véritable « source de décompression » pour la « fêtarde » Françoise Sagan, aspirant de temps en temps à la sérénité, dans son Quercy natal où elle côtoyait le couple Pompidou, lequel recevait dans sa résidence de vacances Rostropovitch, Pierre Boulez, Pierre Soulages… que du beau monde !                 

    Mais vous citez bien d’autres personnalités, je n’en ai évoqué (rapidement) que la moitié !… Et je tiens à préciser qu’Alain Beyneix, autour de toutes ces personnalités, nous offre toujours des descriptions détaillées de sites bucoliques, de bâtisses souvent bourgeoises et de leurs heureux propriétaires, sans oublier les incontournables trésors culinaires, le tout enrichi par des citations choisies et une abondante iconographie illustrant la présence de toutes ces élites qui succombèrent à l’attrait du Sud !

     En conclusion je dirai que votre œuvre n’est ni un roman, ni un guide touristique, elle est le produit d’un amoureux des « terres méridionales », votre galerie de portraits faisant revivre avec « justesse et humanité » toute une époque, où chacun de vos personnages a su capter l’âme et la lumière de cette France du Sud-Ouest, que vous aimez tant et que nous aimons tous !

     Monsieur Beyneix, l’Académie du Languedoc est heureuse de vous attribuer aujourd’hui le prix littéraire José Cabanis, dont le fils André – malheureusement absent – vient d’être honoré en tant que Membre d’Honneur !