ACADEMIE DU LANGUEDOC
Prix de musique Gabriel FAURE attribué à
Daniel LASSALLE
Salle des Illustres du Capitole Séance solennelle du 28 janvier 2026
Présenté par Patrice de VIGUERIE 2e fauteuil
Chers amis,
J’ai l’honneur de vous présenter Monsieur Daniel LASSALLE qui a obtenu le prix de musique, Gabriel Fauré, de l’Académie du Languedoc.
Monsieur,
Vous êtes un musicien, directeur artistique de l’ensemble des Sacqueboutiers de Toulouse, , vous pratiquez la sacqueboute et le trombone.
Né à Lavelanet en Ariège le 6 septembre 1965. Vous débutez la musique
dès l’âge de 5 ans. Vous avez fait vos premières études musicales tout naturellement à l’école de musique de Lavelanet. C’est à 10 ans que vous rejoignez le conservatoire de Toulouse où vous obtenez une médaille d’or à l’unanimité. Puis à l’âge de 16 ans, vous avez été admis au conservatoire national supérieur de musique de Paris en 1982, après deux ans, vous obtenez le premier prix de trombone à l’unanimité avec félicitation du jury. Un diplôme de professeur de musique et un certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de trombone ont complété votre formation pédagogique en 1984 et 1992.
Vous collaborez par la suite, avec des musiciens de renommée tels que Philippe Herreweghe (La Chapelle Royale),Claude Malgoire, Dominique Visse (ensemble Clément Janequin).William Christie entre autre.
Vous vous investissez tout particulièrement dans l’interprétation de la musique contemporaine ; notamment avec la Sequenza V pour trombone solo de Luciano Berio que vous avez joué devant le compositeur.
Vous avez une passion toute particulière pour la Sacqueboute et avez intégré dès l’âge de 14 ans les Sacqueboutiers, plus tard à 18 ans l’ensemble Hespérion 20 de Jordi Savall, avec lequel vous travaillez toujours.
Vous êtes actuellement professeur de sacqueboute au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon et professeur de trombone au Conservatoire régional de Toulouse également directeur artistique des Sacqueboutiers.
La sacqueboute était jouée dans la musique religieuse et profane dès le XVième siècle, car des gravures ont été retrouvées où elle apparait. Très proche du trombone, elle a à peu près la même forme et fonctionne sur le même principe. Son étymologie est incertaine : le nom serait dû à la contraction des verbes de l’ancien français, sacquer et bouter, signifiant respectivement, tirer et pousser.
L’obtention du son est produit ici par les vibrations de l’air provoqué par les lèvres du musicien sur l’embouchure, contrairement aux instruments de la famille des bois dont le son est produit par le souffle et la vibration d’une anche en roseau parfois et non pas par les lèvres du musicien.
L’air qui vibre est votre matière première. La respiration et son contrôle est majeure dans votre art pour déterminer les notes mélodieuses de votre musique. Le son émis est ensuite porté par l’air jusqu’à notre tympan.
L’air et les notes que vous faites vibrer dans votre instrument en cuivre va rejoindre le firmament et nous élève vers d’autres dimensions. La volonté de s’élever par un son mélodieux vient du fin fond des âges.
Mais il faut attendre l’âge de bronze pour voir arriver les premiers instruments en métal, soit 3000 ans avant JC.
Auparavant, l’homme a pris, pour premiers instruments à vent, un coquillage, un os, de l’ivoire, une corne de bélier ou une corne de grand Koudou, et c’est le Chofar qui venait clore la prière juive du Youm Kippour il y a 5786 ans, c’était surement l’un des premiers instruments à vent, faute de cuivre, puis la flute est arrivée où l’on a permis aux notes de s’élever, dans un bois creux percé de trous.
Trompes de chasse, trompettes et cor, clairon et tuba, trombone à coulisse, et sacqueboute nous y sommes, droites ou courbées nous nous rapprochons des instruments en cuivre et du trombone
C’est la bouche, importante, qui laisse entrer et sortir le souffle de la respiration, son rôle est majeur. Il y a une énergie spirituelle dans cet air partagé que nous respirons avec nos poumons, car il est respiré par tous nos semblables.
C’est l’ouverture de la conscience, l’accueil du Principe au plus profond de soi. C’est la reconnaissance de ce qu’il y a de plus universel au monde, de mieux partagé, l’air, est cette chose indicible dans laquelle nous baignons tous.
C’est avec l’air, que l’enfant qui nait prend vie, c’est sans air que le mourant demeure, après son dernier souffle.
Laisser entrer le souffle en soi, c’est renoncer à son ego, c’est abandonner l’illusion d’être séparé des autres. C’est s’ouvrir à la réalité : tout est interdépendant, tout est unité.
Patrice de Viguerie

