16-12-25 Arnaques

ACADEMIE DU LANGUEDOC
« Les plus belles escroqueries de tous les temps »
UNE BONNE HISTOIRE !…

par Bernard POUILHES  26e fauteuil

Un élégant personnage, descend de la Rolls, pilotée par son chauffeur et il se présente à la plus grande bijouterie,
établie place Vendôme à Paris.
Il dit au vendeur qu’il recherche une pièce rare, car il veut faire un présent à la dame de ses pensées en lui offrant
un diamant qu’on devra monter en pendentif sur chaine, à porter autour du cou.
Le vendeur lui propose différents diamants, mais le client, manifestement peu regardant sur les prix, souhaite
toujours mieux
Finalement, le vendeur va lui proposer un diamant de très belle facture ; et lui précise que c’est une pièce,
absolument unique, que sur la place de Paris il ne trouvera pas la même qualité, ce qui semble rassurer le client
potentiel ; il indique en effet qu’il ne souhaite pas que dans une réunion où soirée officielle, un bijou semblable
à celui qu’il se propose d’offrir, puisse être porté par une autre personne
Il arrête donc son choix sur ce bijou qu’on lui présente comme unique, et se pose alors la question du prix ; le
vendeur annonce froidement la somme de 200 000 €.
Le client ne tique pas et accepte de payer cette somme.
La difficulté pour le vendeur se présente de la façon suivante : « nous sommes vendredi après-midi, à 1h à peine
de la fermeture des banques. Il est probable que le client va proposer un chèque mais le bijoutier n’a aucune
garantie sur l’existence de la provision, le chèque n’étant bien sûr pas un chèque de banque.
Le client précise qu’il va faire un chèque immédiatement, mais qu’étant pressé, il ne souhaite pas prendre
possession du bijou immédiatement ; il demande au bijoutier, ce que ce dernier accepte bien sûr avec
empressement, de lui préparer un paquet cadeau que son chauffeur viendra récupérer dans la semaine. Il remet
donc un chèque du montant convenu, et le bijoutier le raccompagne jusqu’à sa Rolls.
Immédiatement après le départ du client, le bijoutier appelle la banque qui lui confirme que le chèque sera payé
à présentation. Un coursier est dépêché pour déposer le chèque à la banque avant la fermeture du vendredi
soir et le chèque sera crédité le lundi matin.
La vente est parfaite. On a été d’accord sur la chose et sur le prix. Le prix a été payé et la chose a été remise au
chauffeur dans les premiers jours de la semaine suivante.
Le temps passe ; 18 mois, plus tard, le même client, toujours parfaitement, bien habillé, se présente, avec une
nouvelle Rolls chez le même bijoutier.
Il est très chaudement accueilli par le personnel et le directeur lui-même ; il reconnaît que le présent qu’il a
offert à son amie a été très bien perçu, il veut aller un peu plus loin dans sa relation avec cette personne ; il a
décidé de transformer ce pendentif unique en boucles d’oreilles et il se présente donc pour demander au
bijoutier de lui procurer le même diamant pour pouvoir réaliser des boucles d’oreilles
Le bijou lui précise qu’il ne dispose pas d’un diamant similaire à celui qu’il avait précédemment vendu et lui
rappelle que c’était une pièce unique
Le client convient de cette difficulté indique ne pas être pressé, et demande au bijoutier de mettre toute son
expérience et sa compétence en œuvre pour trouver sur le marché mondial un diamant qui puisse permettre
d’être le pendentif de celui qu’il a déjà acquis
Il redonne ses coordonnées au bijoutier qui lui promet de solliciter ses correspondants sur les places fortes du
diamant dans le monde et de le tenir informe des résultats de ces recherches.
Avant que le client ne se retire le bijoutier lui rappelle que tout ce qui rare est cher, et ce qui est rarissime est
encore plus cher.
Le client ne conteste pas cette évidence et sur l’interrogation du bijoutier, il fixe un prix maximum au-delà
duquel, il ne souhaite pas donner suite.
Il indique qu’en aucun cas il n’ira au-delà de 500 000 €.
Fort de cette précision, le client se retire raccompagné, bien évidemment par le personnel qui souhaite à tout
prix donner satisfaction à ce client hors du commun
Le bijoutier prend alors contact avec ses correspondants à Anvers, Amsterdam, à Johannesburg, en leur
demandant de rechercher la pièce rare.
À quelque temps de là, le correspondant de Johannesburg, informe par téléphone son mandant parisien qu’il a
trouvé, à 480 000 €, une pièce rare qui comblerait les attentes du client
Le bijoutier demande donc à son correspondant d’acheter le diamant et de lui livrer sur Paris.
Après réception le bijoutier parisien est très content de pouvoir présenter cette pièce qui permettra de combler
les attentes de ce client et il l’appelle pour lui annoncer la bonne nouvelle.
Ils se rendra compte alors que ce numéro ne correspond à rien.
Et il va découvrir qu’en réalité, c’est vraisemblablement le client ou un de ses complices qui a revendu, avec un
bénéfice très substantiel, le même diamant au mandataire sud-africain, sollicité par le bijoutier parisien.